DOUBLE FACE DU CHRISTIANISME
cevoiren lui trois personnes consubstanlielles; puis c'est Marcion et les Marciouites qui, d'une part, nient la créalion ex nihilo que TEglise doit affirmer à rencontre du dualisme et du système des émanations, d'autre part, opposent, comme le bien au mal, la loi chrétienne à la loi mosaïque ; plus tard, c'est Arius et les Ariens qui oient la divinité du Christ avec un tel succès de popularité qu a certains moments on put croire leur triomphe assuré; plus tard encore, c'est Célestius et Pelage, et les Pélagiens, et les demi-pélagiens, qui rejettent le péché originel et la grâce, ces deux pôles de la doctrine catholique, ou du moins veulent attribuer au libre arbitre le commencement de la justification et de la foi; enfin c'est Manès et les Manichéens, déjà florissants dès le troisième siècle, qui mêlent aux enseignements de Jésus ceux de Zoroastre, expliquent le mal par l'existence d'un principe mauvais, contemporain de Dieu, et affirment, avec la victoire définitive du bien, la purification et le salut de tous.
Le catholicisme réduira ces sectes au silence; mais il ne pourra les réduire au néant. Elles se perpétueront jusque tlansle moyen âge parmi différentes catégories de chrétiens, tels que les Purs dits Cathares^ les Vaudois, les Albigeois, et fourniront à la persécution la plus grande partie de ses victimes.