‹ La pensée chrétienne des Évangiles à l'Imitation de Jésus ChristChapitre 72 sur 244 · LES AFFINITÉS DU MYSTÈRE DE LA TRINITÉ · texte numérisé non relu

LES AFFINITÉS DU MYSTÈRE DE LA TRINITÉ

Quelles que soient les révoltes de la raison et d< conscience, on ne peut qu'admirer la savante écono des dogmes du catholicisme et la rigueur de l'encha ment logique qui les relie les uns aux autres. Le n tère du péché originel appelle celui de la grâce; le n tère de la grâce appelle celui de la rédemption; mystère de la rédemption appelle celui de Tincarnati le myslère de l'incarnation appelle celui de la trin et ainsi les trois mystères formulés par TÉgyp Athanase, l'oracle de l'Kglisc grecque, ont pour co

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'•"^'re les deux mystères formulés par TAfricain Augus-

'"^> l'oracle de Tcglise laline.

Alhanase a complélé Tapôtre Jean ; et Augustin a ^^niplété Fapôtre Paul. Saint Jean et saint Athanase, ^^iiil Paul et saint Augustin, voilà les qualre colonnes ^^ l'édifice calholique.

Le dogme de la trinité, comme Ta reconnu saint Grégoire de Nysse, était propre à acquérir des adhérents ^^ christianisme parmi les plus raffinés d'entre les Grecs ^l d'entre les Juifs.

C'était en effet une sorte de compromis entre le "monothéisme hébreux et le polythéisme hellénique, que c^Ue distinction de trois personnes jointe à l'affirmation ^^n Dieu unique. Aux Juifs, elle accordait l'unité de '^'eu; aux G'recs, la pluralité des personnes en Dieu. lie plus en plus la philosophie, au lieu d'isoler Dieu "^ns le vide solitaire de son éternité, le considérait comme sollicité par l'amour à faire émaner de soi, sinon des Dieux identiques, du moins des Esprits parfaits donnî^nt à la nature divine la plénitude de la vie et de la \3eaule par sa manifestation dans une société d'êtres supéneurs resplendissants de force, d'intelligence et de bonté. Les conceptions Irinitaires de Platon et de Philon, quoique' bien éloignées de conclure à Irais personnes ^'Jdles lie faisane qu'un jnême Dieu, peuvent être considérées comme une double préface de la Trinité catholique.

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l^ieucst l'Esprit inlini, partout présent, qui voit tout, P^ul loui, a tout fait de rien, et gouvorno tout par sa

sagesse. Il est unique en son essence, quoique en lui subsistent indivisiblement trois personnes : le Père éternel, le Fils né du Père de toute éternité, le Saint- Esprit procédant du Père et du Fils de toute éternité. Le Père est Dieu ; le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu; et pourtant ce ne sont pas trois Dieux; ce sont trois personnes distinctes ayant même grandeur, même perfection, et ne formant qu'un seul Dieu.

Quoi qu'on pense de la Trinité catholique, il semble que le Père Éternel ne saurait guère trouver d'incrédules.

Les Juifs ont adoré le Père qu'ils célèbrent comme Celui qui est^ comme le Très saint d'Israël, remplissant tout de sa gloire.

D'autre part, c'est lui le Dieu des dieux du polythéisme, celui que les vers orphiques, cités par Aristote dans son Traité du monde, appellent, bien avant saint Jean, « le commencement, le milieu et la fin de tout; le principe qui donne l'être à tout; l'esprit qui anime tout; le roi qui gouverne tout. » Un autre passage des poésies orphiques porte que l'Univers a été produit par Zeus en qui tout était à l'origine, espaces éthérés et astres lumineux, terres et mers, dieux et déesses, bref tout ce qui est né et tout ce qui doit naître. Dans les antiques mystères, l'hiérophante disait à l'initié : « Garde que les vains préjugés de l'esprit ou les mauvaises attaches du cœur ne te détournent de la vie heureuse. Ouvre ton î\me à la vérité ; et marche dans la voie droite, la pensée fixée sur le Roi du monde. Il est unique. Il est par lui-môme. De lui seul tous les ôlres sont nés. Il est en eux et au-dessus d'eux. Nul mortel ne le voit; et il voit tous les mortels. »

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Le Fils est le Verbe éternel, la Sagesse incréée, cette Raison première et universelle qui parle en chacun de nous, quand la Vérité nous apparaît, dans le silence des sens, de Timagination et des passions.

De même que la pensée de Dieu a une existence substantielle et est le Verbe, Tamour de Dieu a une existence substantielle et est le Saint-Esprit. « Le Saint- Esprit sort du Père et du Fils comme leur amour mutuel ; est (le même substance queTun et l'autre; est avec eux un seul et même Dieu. »

Les catholiques grecs veulent que le Saint-Esprit procède seulement du Père. — « Le Saint-Esprit, leur répond Bossuet,*est l'esprit commun du Père et du Fils. Dans saint Jean, le Fils C envoie^ comme le Père. »

Bossuet s'écrie ensuite: « Taisez-vous, raisonnements humains ! Dieu a bien voulu expliquer que la procession <ie son Verbe était une véritable génération. Ce que c'était que la procession de son Saint-Esprit, il n'a pas voulu le dire. C'est un secret réservé à la vision bienheureuse. »

Bossuet n'impose silence aux raisonnements humains lu'à propos du Saint-Esprit. Que n'en a-t-il fait autant ^propos de l'identité et de l'unité du Père et du Fils? Lui-même démontre par son exemple qu'ici les raisonnements des théologiens n'aboutissent qu'à la déraison. Inouïes les comparaisons qu'il lire soit de la nature, soit de Fart, soit de l'humanité, ne vont pas au fait et n'expliquent rien.

Dire que le Fils naît du Père, puis ajouter qu'il est Velouté éternité comme le Père, et ne fait substantiellement qu'un avec lui ; dire qu'il y a Dieu le Père, Dieu 'e Fils et Dieu le Saint-Esprit, puis ajouter qu'il n'y a

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qu'un seul Dieu, c'est produire des affirmalions non s lement incompréhensibles, mais absolument contra toires.

On comprend que des génies éminemment religi( tels que Newton et Clarke, aient rejeté la Tri comme inconciliable avec le monothéisme et ne c< tituant qu'un trithéisme inconséquent.

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