LE CIEL ET LENFER
manger n'ont rien de commun avec le règne de Dieu. Notre félicité sera de voir Dieu tel quil estj face à face. Nous l'aimerons ; nous le posséderons. Nourris de lui, transformés en lui, nous puiserons dans son infinité cette plénitude de délices, qui ne connaît ni la crainte, ni la lassitude. Toujours entier rassasiement; jamais aucune satiété. Ce sera une vie divine, au regard de laquelle toute vie terrestre, si fortunée soit-elle, n'est qu'une mort.
Ici rien que fausses richesses, Ici rien que vaiues tendresses ; Toute source ici se tarit; Toute fleur ici se flétrit.
Lè-haut s*éternise Taurore; On aime ; on aime ; on aime encore Dans la paix, la joie et Tazur ; Là tout est beau ; là tout est pur.
^€ méchant, n'ayant pas su mériter l'éternelle joie
^^^c les saints, subira l'éternel supplice avec les damnés.
t^ans ce supplice les théologiens distinguent la peine
^ dam, qui est la privation de la vue de Dieu ; et la
l^^^rie du sensy qui est le feu éternel.
îâelon eux, le pire tourment des damnés, c'est la pro-
^ pieuse rage, le désespoir sans bornes que leur cause
^Wndon de Dieu, apparaissant enfin comme le souve-
^^^ri bien à ceux qui sur terre furent déçus par tous les
^^^x biens. Le supplice d'un homme enflammé d'amour
^ ^ui s'arrache, en le comblant de mépris, l'idole de sa
Passion, n'est qu'une faible image des tortures du damné,
^^tnentablement combattu entre le désir et la haine de
ûieu.
Beprésentez-vous une immense colonne montant
l de leurs dédains I Vieux histrions de la tragéilie. Basez des cris plus lamentables que ceux dont votre art iait rclenlir les Ihéfllresl Bouffons de la comédie, î-nous que vous êtes devenus encore plus subtils s les flammes qui vous enveloppent ! Mais aLtaclions tout noire vue sur le supplice de ces monstres d'itiliuniaDilé qui jadis firent du Ctinst la victime de leur fu^e sanguinaire... Voilà bien un drame devant lequel [illit tout t'éclal des jeux du cirque ou des combats de gladiateurs. »
Ainai parle un grand docteur do l'évangile de cbarilé ; *Uiicore ai-je atténué sa diatribe en l'abrégeant.
Les théologiens calltoliques se sont complus ù tracer d'allVeux tableaux de l'état des damnés. Ils rappellent i^ee paroles de l'évaugile : i< Et leurs yeux pleureront; et leurs dents grinceront ». Avec saint Paul ils s'écrient : < -U: l'horrible chose que de tomber entre les mains du Dieu vivant ! » El ils ajoutent avec le psalmiste ; « 0 llieu, qui conuait la puissance de votre colère, el qui Wfrsil dire combien vous êtes terrible ! » I^Dans les maux ordinaires, une consolation s'oiïrft; Rt que loi ou lard ils auront un terme. Ici pas d'espé-
alTreuse torture causée par la privation de la vue > Ilieu tourmentera les âmes des damnés éternelleit. C'est /*• ver qui ne meurt jiuinl.
feu auquel ils sont en proie Irftlera leurs corps 'Qellemenl. C'est ia douleur sa/is trêve, ni terme, où
réunies toutes len douleurs.
ielon l'Apocalypse, les damnés halèteront après la d'un éternel désir, et la mort les fuira d'une fuite 'nelle.
LES SACnKMESTS ÏÏ3
parole de Tertullien, « un je ne sais quoi qui n'a plus de nom dans aucune langue », ^e reconstituera, en quelque endroil de l'univers que la corruption l'ait disséminée? S'écrierait-il encore : « Terre, mère tout ensemble et sépulcre commun de tous les mortels, tu rendrai nus corps tout entiers; et plutôt le ciel et lu terre seront renversés qu'un aeul de noa cheveux périsse »? La foi en l'immortalité a désormais un caractère autrement humain à l'endroit de la punition des méchants, et autrement spiriiualiste à l'endroit de notre survivance personnelle.
Bossuet a écrit une Histoire des variations des églises "formées. Il reste à écrire une Histoire des variations <le l'Église catholique.