‹ La Pensée: D'après les recherches expérimentales de H.-J. Watt, de Messer et de BühlerChapitre 7 sur 18 · III. L’idéation · texte numérisé non relu

III. L’idéation

Dans la « récapitulation » qui forme la dernière partie de son travail, Watt fait une tentative de synthèse et cherche à montrer ce que ses expériences apportent de nouveau pour la psychologie de l’association, du jugement, du concept et de la pensée en général. Les conceptions qu’il y expose s’appuient sur les analyses précédentes et sur quelques autres de moindre importance, dont nous n’avons pas encore parié et qui concernent par exemple le rôle de la médiation ou du jugement dans l’évocation. Cette seconde partie est loin d’égaler en intérêt et en originalité la partie analytique et descriptive.

a) L'association des idées et l'évocation (407-410)

D'abord, quelle place convient-il de faire, parmi les phénomènes de pensée, à l’évocation dirigée ? L’évocation ou, comme dit Watt, la reproduction, n’est pas une association. L’association n’est rien d’autre que le fait que deux ou plusieurs états de conscience ont coexisté

dans le passé. Or, dans ces expériences, le mot de réaction était souvent très éloigné dans le temps du mt inducteur et, entre l’un et l’autre, pouvaient s’ins érer,

comme dans le cas des évocations à direction multiple, des états qui, pour se relier également à l’inducteur, n'étaient pas associés entre eux. L'association n'est qu’une condition de l’évocation, qui dépend en outre de la tâche, du sentiment et d’un concours de tendances reproductrices différant les unes des autres par leur degré de force et de familiarité : conditions nouvelles qui peuvent favoriser, gêner ou inhiber l’action de la première. L'association est la liaison immédiate de deux états de conscience. L’évocation d’un terme par un autre terme ne se fait pas en vertu du rapport interne qui

les relie l’un à l’autre, elle suppose l’action préalable et la médiation d’une consigne ou d’un sentiment, qui leur est extérieur.

Cette théorie ne dépasse guère les faits observés par Watt et plusieurs points restent en litige, même lorsqu’on laisse de côté, comme le demande l’auteur, l’obscure question de la reproduction des images libres. On ne voit pas en particulier comment le sentiment agit dans l’évocation. Est-ce comme élément d’une constellation associative ? N'est-ce pas plutôt à la façon de la tâche et en imprimant une certaine direction générale au cours des représentations ? D’autre part, Watt pose en principe qu’il n’y a qu’une association : l’association. par contiguité ou par rédintégration. C’est trancher bien catégoriquement et peut-être assez témérairement le traditionnel débat entre les partisans et les adversaires des associations de ressemblance et de contraste. Dans un passage précédent, examinant un petit nombre d’épreuves où le contraste et la ressemblance semblaient avoir joué un rôle, Watt s’était montré plus réservé, tout en inclinant à penser qu’elles ne constituaient pas. de

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