XIX. MACHIAVEL HISTORIEN
'urent exposés aux bêtes sauvages et les autres sont
lés d'une si vile extraction que, rougissant de leur
lère, ils se sont dits fils de Jupiter, ou de quelque autre
lieu. Les exemples de la chose sont tellement connus
[u'il serait fastidieux de les raconter et le lecteur
tous en saurait mauvais gré ; aussi les passerons-nous
»ous silence comme superflus.
Sans doute la fortune a voulu nous prouver par là
ue c'est elle, et non la prévoyance, qui fait les grands
hommes ; elle commence donc à révéler tout son
pouvoir en un temps où la prévoyance n'a point de
part, pour qu'il apparaisse avec évidence qu'elle seule
a fait tout l'ouvrage.
Castruccio Castracani de Lucques fut un de ces hommes. Pour l'époque où il vécut et la cité où il naquit, il accomplit les plus grandes choses. Comme les autres, sa naissance ne fut ni plus heureuse, ni plus illustre, ainsi qu'on va le voir au récit de sa vie. J'ai entrepris de la faire revivre dans la mémoire des hommes parce qu'il me semble y avoir trouvé beaucoup de choses d'un très grand exemple, quant à la valeur et quant à la fortune. Et j'ai cru devoir vous dédier cette histoire, comme étant, parmi tous les
^stati esposti aile fiere, o eglino hanno avuto sî vile padre, [che vergognatisi di quello, si sono fatti figliuoli di Giove, o [di qualche altro dio. Quali sieno stati questi, séndone a ciascuno Inoti molti, sarebbe cosa a replicare fastidiosa e poca accetta a chi leggessl : perciô, corne superflua, la posporremo. Credo Ibene, che questo nasca, che volendo la fortuna dimostrare al ïinondo di essere quella che faccia li uomini grandi, e non la
{)rudenzia, comincia a dismostrare le sue forze in tempo che a prudenzia non ci possa avère alcuna parte, anzi da lei si abbia a riconoscere il tutto. Fu, adunque, Castruccio Castra- [cani da Lucca uno di quelli il quale, secondo i tempi ne* quali ivisse e la città donde nacque, fece cose grandissime, e, come lu altri, non ebbe più felice ne più noto nascimento, come nel jragionare del corso délia sua vita s' intenderà : la quale mi è Iparso ridurre alla memoria delli uomini, parendomi aver [trovato in essa moite cose, e quanto alla virtù e quanto alla [fortuna, di grandissimo essempio. E mi è parso indirizzarla
hommes connus de moi, ceux qui vous plaisez davantage au récit des actions valeureuses.
Apprenez donc que la famille des Castracani était comptée au nombre des familles nobles de la cité de Lucques, encore que de nos jours selon le destin de toutes choses mondaines, elle soit éteinte. De cette famille sortit naguère un certain Antonio, lequel, entré en religion, devint chanoine de San Michèle de Lucques ; et pour lui faire honneur on lui disait messer Antonio. Celui-ci n'avait pour toute parenté qu'une sœur, qu'il avait mariée autrefois à Bonaccorso Cenami ; mais Bonaccorso étant mort, cette sœur, restée veuve, s'en vint demeurer, avec son frère, dans l'intention de ne plus se remarier. Derrière la maison qu'habitait messer Antonio, se trouvait une vigne confinant à beaucoup de jardins et l'on pouvait y pénétrer de plusieurs côtés sans grande peine. Or. un matin, peu après le soleil levé, il advint que Madonna Dianora — car ainsi se nommait la sœur de messer Antonio — se promenant par la vigne et cueillant, suivant la coutume des femmes, je ne sais quelles herbes pour quelque mets de sa façon, elle entendit remuer sous une vigne entre les pampres et — tournant les yeux de ce côté — elle entendit
a voi, corne a quelli che più che altri uomini che io conosca, deJle azioni virtuose vi dilettate.
Dico, adunque, che la famiglia de' Castracani è connumerata intra le famiglie nobili délia città di Lucca, ancora ch' ella sia in questi tempi (secondo 1' ordine di tutte le mondane cose) mancata. Di questa nacque già un Antonio, che diventato religioso, fu calonaco di San Michèle di Lucca ; ed in segno di onore, era chiamato messer Antonio. Non aveva costui altri che una sirocchia, la quale maritô già a Buonaccorso Cenami ; ma sendo Buonaccorso morto ed essa rimasta vedova, si ridusse a stare col fratello, con animo di non più rimaritarsi. Aveva messer Antonio, dietro alla casa che cgli abitava, una vigna, in la quale. per avère a' confini di molti orti, da moite parti e senza molta difficulté si poteva cntrare. Occorse che andando una mattina, poco poi levata di sole, madonna Dianora (^chè cosi si chiamava la s rocchia di messer Antonio) a spasso per la vigna, cogliendo, secondo il costume dellc donne