‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 142 sur 175 · XIX. MACHIAVEL HISTORIEN · texte numérisé non relu

XIX. MACHIAVEL HISTORIEN

comme une plainte. Elle se dirigea aussitôt vers le bruit et aperçut les mains et le visage d'un enfant, caché dans les feuilles, qui semblait implorer du secours. Si bien que la bonne dame, mi-étonnée, mieffrayée, pleine à la fois de compassion et de stupeur, le prit, le porta dans son logis où, l'ayant bien lavé et emmaillotté de langes blancs, comme c'est l'usage, le présenta à messer Antonio lorsqu'il revint à la maison. Lequel, au récit de sa sœur et à la vue de l'enfant, ne fut pas moins rempli d'étonnement et de compassion qu'elle ne l'avait été. Ils tinrent conseil entre eux sur le parti à prendre et décidèrent de l'élever, puisque lui était prêtre et qu'elle n'avait pas d'enfants. On prit donc une nourrice à demeure, et avec autant d'amour que s'il eût été leur fils, ils le nourrirent. Et, l'ayant fait baptiser, ils l'appe-

ilèrent Castruccio^, du nom de leur père. La grâce croissait en Castruccio avec les années ; pn toute chose il faisait preuve de sens et de réflexion ; Berte erbe per farne certi suoi condimenti, senti frascheggiare ■Otto una vite intra i pampini, e rivoiti verso quella parte gli bcchi, senti corne piangere. Onde che, tiratasi verso quelle romore, scoperse le mani e il viso d' uno bambino, che rinvolto aelle foglie, pareva che aiuto le domandasse. Taie che essa. parte maravigliata, parte sbigottita, ripiena di compassione e di stupore, lo ricolse, e portato a casa e lavatolo e rinvoltolo in panni blanchi, corne si costuma, lo présenté alla tornata in casa a messer Antonio. Il quale, udendo il caso e vedendo il fanciullo, non meno si riempi di maraviglia e di pietade, che si fusse ripiena la donna. E consigliatisi mtra loro quale partit© dovessero pigiiare, deUberarono allevado, sendo esso prête, e quella non avendo figliuoU. Presa adunque in casa una nutrice, con quello am re che se loro figliuolo fusse, lo nutricorno. Ed avendolo fatto battezzare, per il nome di Castruccio loro padre lo nominorono. Cresceva in Castruccio con li anni la grazia, ed in ogni cosa dimostrava ingegno e prudenza ; e

^ Le vrai Castruccio naquit en 1281, de la noble famille des Antelminelli ; tout jeune encore, il accompagna son père en exil à Ancône. Resté orpheUn, il tenta la carrière des armes combattit en Flandre au service de Philippe le Bel. En 1310, il guerroie en Lombardie pour le compte des Visconti.

Pour de plus amples détails, voir Pasquale Villari : ^liccolô Machiavelli e i suoi iempi, vol. III.

et il apprenait rapidement tout ce que sa jeunesse permettait à messer Antonio de lui enseigner. Celui-ci projetait de le faire prêtre et de résigner plus tard en sa faveur son canonicat et ses autres bénéfices ; c'est dans cette vue qu'il l'élevait. Mais il avait trouvé un sujet absolument réfractaire à l'esprit sacerdotal.

En effet, à peine Castruccio eut-il quatorze ans, et commencé à prendre quelque ascendant sur messer Antonio et Madonna Dianora, et à ne plus les craindre du tout, que, laissant de côté les livres ecclésiastiques, il se mit à faire des armes, et ne se plaisait à autre chose qu'à les manier, ou bien, avec ses compagnons, à courir, sauter, lutter, et autres semblables exercices, où il montrait une grande force de corps et d'âme, surpassant de loin tous ceux de son âge. Et si, pourtant, il lui arrivait de lire, nulles lectures ne lui plaisaient que celles où il était parlé de guerres et d'exploits de grands hommes. Messer Antonio en ressentait un chagrin profond.

Or, il y avait alors en la cité de Lucques un gentilhomme de la maison des Guinigi ^ qui avait nom

presto, seconde V età, imparô quelle cose a che da messer Antonio era indirizzato: il quale disegnando di farlo sacerdote, e con il tempo rinunziarli il calonacato ed altri suoi benefizii, secondo taie fine lo ammaestrava ; ma aveva trovato suggetto air animo sacerdotale al tutto disforme.

Perché, come prima Castruccio pervenne alla età di xiv anni, e che incominciô a pigliar un poco di animo sopra messer Antonio e madonna Dianora, e non gli temerpunto; lasciati i libri ecclesiastici da parte, cominciô a trattare i' armi, ne di altro si dilettava che o di maneggiare quelle, o con li altri suoi equali correre, saltare, far aile braccia, e simili esercizii : dove ei mostrava virtù di animo e di corpo grandissima, e di lunga tutti gli altri délia sua età superava. E se pure ei leggeva alcuna volta, altre lezioni non li piacevono, che quelle che di guerre o di cose fatte da grandissimi uomini ragionassino. Per la quai cosa, messer Antonio ne riportava dolore e noia inestimabile.

Era nella città di Lucca un gentil uomo délia famiglia de' Guinigi, chiamato messer Francesco, il quale per ricchezza,

'■ Ce messer Francesco Guinigi est un personnage inventé lie toutes pièces par Machiavel pour les besoins de sa narration.

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