VII. LES FEMMES, l'aMOUR
la même. Le soldat meurt dans un fossé, l'amoureux, dans le désespoir.
Clizia, I, 2.
Et puisque mon exemple vous fait peur, en vous souvenant de l'état où m'ont mis les flèches d'Amour, je me vois forcé de vous dire comment je me suis comporté avec lui. Je l'ai en effet laissé faire ce qu'il a voulu ; je l'ai suivi à travers vallons, forêts, montagnes et plaines, et j'ai trouvé qu'il m'a octroyé plus de douleurs que si je l'eusse maltraité. Otezlui donc le bât, délivrez-le du frein, fermez les yeux et dites-lui : « Amour, fais ce que tu voudras, sois mon guide, conduis-moi. Si je tombe bien, que la louange t'en revienne, si je tombe mal, que le blâme retombe sur toi. Je suis ton serf ; tu ne peux rien gagner à me faire souffrir ; tu ne saurais qu'y perdre, puisque je suis tien. » C'est par de semblables paroles, capables de percer un mur, que vous le rendrez pitoyable. Ainsi donc, mon cher maître, vivez en joie, ne vous étonnez de rien, faites face à la fortune, et abandonnez-vous au cours des événements, tels que les ont réglés les sphères célestes, les cir-
uguali, et il fine il più délie volte è simile. 11 soldato muore in una fossa : lo amante muore disiicrato.
Clizia, I, 2.
Et perché voi vi sbigottitc in su lo exemple mio, ricordan- (lovi quelle mi hanno fatto le freccie d'Amore, io sono forzato a dirvi, vome io mi sono governato seco : in effetto io 1' ho lasciato fare et seguitolo per valli, boschi, balze et campagne, et ho trovato che mi ha fatto più vezzi che se io lo havessi stranato. Levate dunque i basti, cavategli il freno, chiudele gli occhi, et dite : — Pa' tu, Amore, guidami tu, conducimi tu : se io capiterô bene, fiano ie laudi tue ; se maie, fia tuo il biasimo : io sono tuo servo : non puoi guadagnare più nulla con straziarmi, anzi perdi, straziando le cose tue. — Et con tali et simili parole, da fare trapanare un muro, potete farlo pietoso. Sicchè, padron mio, vivete lietj : non vi sbigottite, mostrate il viso alla fortuna, et seguite quelle cose che le volte
constances des temps et des hommes, et ne doutez point que vous ne parveniez de la sorte à briser toutes entraves et surmonter toutes difficultés.
Lettres familières, 331-32.
Je n'ai rien à vous mander, sinon que vous devez suivre l'amour totis habenis. Le plaisir que vous prendrez aujourd'hui, vous n'aurez pas à le poursuivre demain. Suivez votre étoile, je vous en prie, et n'en laissez pas perdre un iota pour rien au monde, parce que je crois, j'ai cru et croirai toujours que Boccace avait bien raison lorsqu'il disait: « Il vaut bien mieux faire et se repentir, que ne rien faire et se repentir. » Lett. fam., 341.
De amore vestro, je vous rappelle que ceux-là sont maltraités par l'amour qui, lorsqu'il vole dans leurs bras, cherchent ou à le plumer ou à le lier. A ceux-là, parce qu'il est enfant et capricieux, il leur déchire les yeux, le foie et le cœur. Mais ceux qui, lorsqu'il arrive, se réjouissent de sa venue, et le caressent, et lorsqu'il s'en va, le laissent partir,
de' cieli, le condizioni de' tempi et degli uomini \i recano innanzi, et non dubitate che voi romperete ogni laccio et supererete ogni difficultà. Lett. fam., 331-332.
lo non ho che dirvi, se non che seguitiate l'amore totis liabenis. et quel piacere che voi piglierete oggi, vol non 1' barète a pigliar domani.
Priegovi seguitiate la vostra Stella, et non ne lasciate andare un iota per cosa del mondo, perché lo credo, credetti et crederrô sempre che sia vero quello che dice il Boccaccio : che egli è meglio fare et pentirsi, che non fare et pentirsi.
Lett. fam., 341.
De amore vestro, io vi ricordo che quelli sono straziati dallo Amore, che quando e' vola loro in grembo, lo vogliono o tar pare o legare. A costoro, perché egli è fanciullo et instabile, e' cava gli occhi, il fegato et il cuore. Ma quelli che quando e viene godono seco et lo vezzeggiano. et quando se ne va lo