X. CONSEILS DE PRUDENCE
Dans la haine générale, pas de sécurité possible : on ne sait d'où viendra le mal, et lorsqu'on a peur de tout le monde, on ne peut se fier à personne. Si cependant on tente de le faire, on attise la haine de ceux à qui on ne se fie point, et on les anime encore plus à la vengeance. Histoire. II, 34.
Il vaut mieux charger d'une expédition importante un seul homme, de capacité moyenne, que deux hommes supérieurs, revêtus de la même autorité.
Discours, III, 15.
Une règle sans exception, c'est que si vous ordonnez des mesures rigoureuses, il les faut faire exécuter rigoureusement, sans quoi vous vous y perdrez. D'oii il faut conclure que pour être obéi, il est nécessaire de savoir commander. Et ceux-là seuls savent commander, qui comparent leurs qualités à celles des hommes qui leur doivent obéir ; et lorsqu'ils y voient une juste proportion, qu'ils commandent, et une disproportion, qu'ils s'abstiennent.
Discours, III, 22.
... negli universali odj non si trova mai sicurtà alcuna ; perché tu non sai donde ha a nascere il maie ; e chi teme di ogni uomo, non si puô mai assicurare di persona. E se pure tenti di farlo, tu aggravi nei pericoli ; perché quelli che rimangono, si accendono più negli odi, e sono più parati alla vendetta.
Storie, II, 34.
... meglio mandare in una espedizione un uomo solo di comunale prudenza, che duoi valentissimi uomini insieme con la medesima autorità.
Discorsi, III, 75.
Ed è una regola verissima, che quando si comanda cose aspre, conviene con asprezza farle osservare ; altrimenti, te ne troveresti ingannato. Dove è da notare, che a voler essere ubbidito, ù necessario saper comandare : e coloro sanno comandare, che fanno comparazione délia qualità loro a quelle di chi ha a ubbidire ; e quando vi vegghino proporzione. allora comandino ; quando sproporzione, se ne astenghino.
Discorsi, III, 22.
Les hommes qui méditent une entreprise doivent d'abord s'y préparer avec soin afin que, l'occasion se présentant, ils soient prêts à tenter ce qu'ils avaient dessein d'accomplir. Et comme, lorsqu'on se prépare avec précaution, vos projets ne sont point découverts, on ne peut vous accuser d'aucune négligence, tant que l'occasion ne l'a pas rendue manifeste. Si alors on n'agit pas, on fait voir, ou qu'on ne s'est pas suffisamment préparé, ou qu'on n'y a pensé en aucune façon.
Art de la guerre, I.
Si quelqu'un lisait nos lettres, vénérable compère, et voyait leur diversité, il s'étonnerait fort sans doute, car il lui semblerait d'abord que nous fussions hommes graves, uniquement occupés de grandes choses, et qu'il ne nous pût tomber en l'entendement nulle pensée qui n'eût noblesse ou grandeur, puis tournant la feuille, nous lui paraîtrions légers, inconstants, libertins, tout occupés de choses vaines. Et si cette manière de faire semble à quelqu'un digne de blâme, elle me semble à moi fort louable,
Gli uomini che vogliono fare una cosa, deggiono prima con ogni industria prepararsi, per essere, vedendo 1' occasione, apparecchiati a sodisfare a quelle, che si hanno presupposto di operare. E perché quando le preparazioni sono fatte cautamente, elle non si conoscono, non si puù accusare alcuno d' alcuna negligenza, è prima non è scopert;o ; nella quale
Eoi non operando, si vede, o che non si è preparato tanto che asti, o che non si ha in alcuna parte pensato.
Arle délia guerra, I.
Chi vedesse le nostre lettere, honorando compare, e vedesse la diversità di quelle, si maraviglierebbe assai, perché gli parrebbe ora che noi fussimo uomini gravi, tutti volti a cose grandi, e che ne' petti nostri non potesse cascare alcuno pensiere che non avesse in se onestù e grandezza. Perô dipoi. voltando carta, gli parrebbe quelli noi medesimi essere leggieri, incostanti, lascivi, volti a cose vane. E questo modo di procedere, se a qualcuno pare sia vituperoso, a me pare lau-