XIV. LE PRINCE
>ance, car maître de la Romagne et du duché d'Urbin, il s'était attaché ces deux peuples en leur faisant goûter les avantages de son gouvernement. Et comme cette circonstance est digne de remarque et digne d'être imitée, je ne veux point la passer sous silence.
Après que le duc se fut emparé de la Romagne, il trouva qu'elle avait été gouvernée par des seigneurs faibles, qui avaient plutôt dépouillé que discipliné leurs sujets, et leur avaient donné plus de motifs de désunion que d'union; à tel point que cette province était pleine de brigandages, de factions et autres violences. Il comprit que pour la rendre obéissante et soumise à l'autorité ro^^ale, il était nécessaire de lui donner un bon gouvernement. En conséquence, il y commit messer Ramiro d'Orco, homme cruel et expéditif, auquel il donna plein pouvoir. Celui-ci, en peu de temps, y ramena paix et union, pour sa plus grande gloire. Mais ensuite, le duc, jugeant qu'il n'était point à propos de laisser durer une autorité si excessive, et pensant qu'elle ne tarderait pas à devenir odieuse, établit au centre de la province un tribunal civil, avec un président très estimé, où chaque cité avait son avocat. Et s' avisant
Romagna con il ducato d' Urbino, e guadagnatosi tutti quelli popoli per avère incominciato a gustare il ben essere ioro. E perché questa parte è degna di notizia e da essere imitata da altri, non voglio lasciarla indietro. Preso che ebbe il duca la Romagna, trovandola essere stata comandata da signori impotenti, quai più presto avevano spogliato i Ioro sudditi che correttoli, e dato Ioro più materia di disunione che di unione ; tanto che quella provincia era piena di latrocini, di brighe e d' ogni altra sorte d' insolenza ; giudicô necessario a volerla ridurrc pacifica ed obbediente al braccio regio, darle un buon governo. Perô vi prépose messer Remiro d' Orco, uomo crudele ed espedito ; al quale dette pienissima potestà. Costui in brève tempo la ridusse pacifica ed unita, con grandlssima reputazione. Dipoi giudicô il duca non essere a proposito si eccesslva autorità, perché dubitava non diventasse odiosa ; e preposevi un giudizio ci\ile nel mezzo délia provincia, con un présidente eccellentissimo dove ogni città aveva
que les rigueurs passées lui avaient attiré quelque haine, afin d'en purger les esprits et se les gagner entièrement, il voulut faire voir que si quelques cruautés avaient été commises, elles étaient venues, non de lui, mais du naturel féroce de son ministre. Dans cette vue, il saisit la première occasion, et le fit mettre en deux morceaux, un matin sur la place de Cesena, avec un billot et un couteau sanglant auprès. L'horreur de ce spectacle satisfit les habitants et les épouvanta tout ensemble. Mais revenons à notre point de départ.
Le duc se trouvait grandement puissant, et pour s'être assuré contre une partie des dangers présents, au moyen d'armes de son choix, et pour avoir détruit une bonne partie des forces voisines qui auraient pu lui nuire. Il ne lui restait plus, voulant accroître ses conquêtes, que la crainte de la France ; car il savait bien que le roi, lequel s'était enfin avisé de son erreur, ne souffrirait point qu'il s'agrandît. En conséquence, il chercha d'abord à se faire des alliances nouvelles, se mit à tergiverser avec la France, à propos de la descente que les Français firent dans le royaume de Naples, contre les Espagnols, qui assiégaient Gaëte.
r avvocato suo. E perché conosceva le rigorosità passale avergli generato qualche odio, per purgar gli animi di quelli popoli e guadagnarseli in tutto, volse mostrare che se crudeltà alcuna era seguita, non era nata da lui ma dall' acerba natura del ministro. E preso sopra questa occasione, lo fece mettere una mattina in duoi pezzi a Cesena in su la piazza, con un pezzo di legno ed un coltello sanguinoso a canto. La ferocità del quale spettacolo fece quelli popoli in un tempo rimanere satisfatti e stupidi. Ma torniamo donde noi partimmo. Dico che trovandosi il duca assai potente, ed in parte assicurato de' presenti pericoli, per essersi armato a suo modo ed avère in buona parte spente quelle armi che \icine lo potevano offendere, li restava, volendo procedere con 1' acquisto, il rispelto di Francia ; perché conosceva che dal re, il quale tardi s' era avveduto dell' error suo, non gli sarebbe sopportato. E cominciô per questo a cercare amicizie nuovo, e vacillar con Francia nella venuta che fecero i Francesi verso il regno di Napoli contro alli Spagnuoli che assediavano Gaeta. El
PAYOT&cC" PARIS