XIV. LE PRINCE
de la Romagne, qui lui est aussitôt accordée par le seul effet de la réputation du roi.
La Romagne acquise et les Colonna abattus, le duc se voulant affermir et accroître, rencontra deux empêchements : l'un, ses troupes qu'il ne jugeait point fidèles ; l'autre, la volonté du roi de France ; c'est-à-dire qu'il craignait, d'une part, que les troupes des Orsini, dont il s'était servi, ne lui faillissent au besoin, et non seulement ne l'empêchassent d'acquérir, mais ne lui enlevassent ce qu'il avait acquis, et, d'autre part, il craignait que le roi ne fît de même. Quant aux troupes des Orsini, il en avait déjà fait quelque épreuve, lorsque après la prise de Faenza, ayant assailli Bologne, il les vit mener froidement l'assaut. Et pour ce qui est du roi, il avait découvert ses intentions lorsqu'après la prise du duché d'Urbin, il fit une invasion en Toscane dont le roi l'obligea à se désister. C'est pourquoi le duc résolut de ne point dépendre de la fortune ni des armes d'autrui. La première chose qu'il fit fut d'affaiblir à Rome les partis Orsini et Colonna, gagner tous ceux de leurs adhérents qui étaient nobles, les faisant ses gentilshommes, leur donnant, selon leur qualité, de riches
tita per la reputazione del re. Acquistata adunque il duca la Romagna, e battuti i Colonnesi, volendo mantenere quella e procedere più avanti. 1' impredivano due cose : 1* una l'armi sue che non gli parevano fedeli ; l'altra, la volontà di Francia : cioè temeva che l'armi Orsine, délie quali si era servito, non gli mancassero sotto, e non solamente gl' impedissero l'acquistare, ma gli togliessero 1' acquistato ; e che il re ancora non gli facesse il simile. Degli Orsini n' ebbe un riscontro, quando, dopo la espugnazione di Faenza, assaltô Bologna, chè gli vide andar freddi in quello assalto. E circa il re cognobbe 1' animo suo quando, preso il ducato d' Urbino assaltô la Toscana, dalla quale impresa il re lo fece desistere ; ondechè il duca deliberô non dependere più dalla fortuna ed armi d' altri. E la prima cosa, indeboli le parti Orsine e Colonnesi in Roma, perché tutti gli aderenti loro, che fussino gentiluomini, si guadagnô facendoli suoi gentiluomini ; e dando loro gran provvisioni gli onorô, secondo lor qualità, di condotte e di governi, in modo che in
traitements, des honneurs, des gouvernements, des emplois ; en sorte qu'en peu de mois leur affection affaiblie pour les autres, se tourna vers le duc.
Ensuite, lorsqu'il eut dispersé les partisans de h maison des Colonna, il attendit l'occasion de détruire les Orsini ; l'occasion s'offrit bien, le duc en usa mieu> encore. Car les Orsini s'étant avisés trop tard que h grandeur du duc et de l'Eglise était leur ruine tinrent une diète à la Magione, dans l'Etat de Pé rouse, de laquelle s'ensuivirent la révolte d'Urbin les tumultes de Romagne, et une infinité de péril que le duc surmonta avec l'aide des Français. Ayan par là rétabli sa réputation et ne se fiant plus ni à 1. France ni à aucune autre force étrangère, il eut dé lors recours à la ruse ; et il sut si bien dissimuler se intentions que les Orsini se réconcilièrent avec k par l'entremise du seigneur Pagolo. Il ne manqua pa d'user envers celui-ci de toutes les marques d'amiti possibles pour se l'assurer, lui donnant vêtement: deniers et chevaux, tant et si bien que leur simplicit les conduisit à Sinigaglia entre ses mains.
Les chefs exterminés et leurs partisans gagnés pi le duc, il avait jeté de solides fondements à sa pui;
pochi mesi negli animi loro 1' affezione délie parti si spens e tutta si volse nel duca. Dopo questo, aspettô 1' occasioi di spegnere gli Orsini, avendo dispersi quelli di casa Colonn la quale gli venne bene, e lui 1' usô meglio ; perch avvedutisi gli Orsini tardi che la grandezza del duca e del Chiesa era la lor ruina, fecero una dieta alla Magione n Perugino. Da quella nacque la rebellione d' Urbino, e tumulti di Romagna, ed infinili pericoli del duca, li quali s perô tutti con 1' aiuto de' Francesi : e ritornatoli la reput zione, ne si fidando di Francia ne d' altre forze esterne, p non le avère a cimentare si volse agi' inganni : e seppe tan dissimulare 1' animo suo, che gli Orsini, mediante il sign Pavolo, si riconciliarono seco ; con il quale il duca n mancô d' ogni ragione d' oficio per assicurarlo, dand veste, danari e cavalli ; tanto che la simplicità loro gli conduj a Sinigaglia nelle sue mani. Spenti adunque questi capi ridotti li partigiani loro amici suoi, aveva il duca gitta assai buoni fondamenti alla potenza sua, avendo tutta