‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 83 sur 175 · XIV. LE PRINCE · texte numérisé non relu

XIV. LE PRINCE

Son intention était de se fortifier contre eux, et il en serait bientôt venu à bout si .\lexandre VI eût vécu plus longtemps. Telle fut sa conduite dans les affaires présentes.

Mais, pour ce qui est de l'avenir, il avait d'abord à craindre qu'un nouveau pape ne lui fût hostile, et ne cherchât à lui enlever ce qu'Alexandre lui avait donné ; il y pourvut par les quatre moyens suivants : Premièrement, en éteignant la race de tous les seigneurs qu'il avait dépouillés, afin d'enlever au pape ces prétextes pour le dépouiller lui-même. Secondement, en gagnant tous les gentilshommes de Rome, afin de tenir par eux, comme on a dit, le pape en respect. Troisièmement, en se faisant autant de créatures qu'il le pouvait dans le Sacré Collège. Quatrièmement, en acquérant assez de pouvoir, pendant que vivait le pape, son père, pour se trouver en état de résister lui-même à un premier choc.

De ces quatre choses, il en avait exécuté trois lorsqu' Alexandre mourut ; et il était presque venu à bout de la quatrième. En effet, des seigneurs qu'il avait dépouillés, il en massacra le plus grand nombre, et rares furent ceux qui lui échappèrent. Les gentilshommes romains, il les avait tous gagnés, et dans

r animo suo era di assicurarsi di loro ; il che gli saria presto riuscito se Alessandro viveva. K questi furono i governi suoi circa le cose présent!. Ma quanto aile future, lui aveva da dubitare in prima che un nuovo successore alla Chiesa non gli fusse amico, e cercasse torgli quello che Alessandro gli aveva dato : e pensô farlo in quattro niodi. Prima, con spegnere tutti i sangui di quelli signori che lui aveva spogliato, per tôrre al papa quelle occasioni. Seconde, con guadagnarsi tutti i gentiluomini di Roma per poter con quelli, corne è detto, tenere il papa in freno. Terzo, con ridurre il Collegio più suo che poteva. Quarto, con acquistar tanto imperio avanti che il papa morisse, che potesse per se medesimo resistere ad un primo impeto. Di queste quattro cose alla morte d'Alessandro ne aveva condotte tre ; la quarta aveva quasi per condotta. Perché, de' signori spogliati ne ammazzô quanti ne potè aggiugnere, e pochissimi si salvarono ; i gentiluomini romani s'aveva guadagnato, e nel Collegio aveva grandissima parte.

le Sacré Collège il s'était fait un nombreux parti. Quant à ses acquisitions, il pensait à s'emparer de la Toscane ; il possédait déjà Pérouse et Piombino et il avait pris la ville de Pise sous sa protection. Sans crainte de la France (laquelle, en effet, n'était plus à craindre, car les Français avaient été déjà dépouillés du royaume de Naples par les Espagnols, en sorte que les uns et les autres avaient besoin de rechercher son amitié), il fondrait sur Pise. Après cela, Lucques et Sienne céderaient bientôt, partie par haine des Florentins, partie par crainte. Les Florentins se trouveraient alors à bout de ressources. S'il avait pu mettre ses desseins à exécution (et il était en train de les exécuter la même année où Alexandre mourut), il se serait acquis assez de forces et de renommée pour se soutenir par lui-même, et ne dépendre plus de la fortune et puissance d' autrui, mais de sa propre valeur et puissance.

Or Alexandre VI mourut cinq années seulement après qu'il eut tiré l'épée hors du fourreau. Il laissa son fils avec le seul état de la Romagne bien consolidé, et tous les autres en l'air, entre deux puissantes armées ennemies, et malade lui-même à la mort. Cependant il y avait dans le duc tant de résolution

E quanto al nuovo acquisto, aveva disegnato diventar signore di Toscana, e possedeva già Perugia e Piombino, e di Pisa avea presa la protezione. E corne non avessi avuto ad aver rispetto a Francia (chè non gliene aveva d'avere più, per esser già i Francesi spogliati del regno di Napoli dagli Spagnuoli, in forma che ciascun di loro era necessitato di comperar l'amicizia sua), saltava in Pisa. Dopo questo. Lucca e Siena cedeva subito, parte per invidia de' Fiorentini. e parte per paura; i Fiorentini non avevan rimedio : il che se li fusse riuscito (che H riusciva l'anno medesimo che Alessandro mori), s'acquistava tante forze e tanta reputazione, che per se stesso si sarebbe retto, senza dependere dalla fortuna o forza d' altri, ma solo dalla potenza e virtù sua. Ma Alessandro mori dopo cinque anni ch' egli aveva incominciato a trarre fuore la spada. Lasciollo con lo Stato di Romagna solamente assolidato, con tutti gli altri in aria, intra duoi potentissimi eserciti inlmici, ammalato a morte. Ed era nel duca

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