‹ La pensée directrice des exercicesChapitre 24 sur 52 · Devant les juges malveillants et les faux témoins · texte numérisé non relu

Devant les juges malveillants et les faux témoins

Anne renonce à poser d’autres questions à Jésus : il le renvoie à Caïphe. Le Grand Conseil s’est réuni, et le Sauveur, chargé de ses liens, y est introduit. Ce tribunal ne se proposait point de statuer sur le fait et de prononcer une sentence équitable : le seul but était de condamner Jésus à mort. La sentence était résolue d’avance. On cherchait seulement à l’établir sur quelque témoignage. — Il peut arriver qu’on cherche à nous nuire, voire à nous perdre. Peut-être nous voyons-nous sans défense contre de telles tentatives. Tout notre être proteste contre cette injustice. Soyons heureux de n’être pas mieux traités que Jésus ne l’a été.

Des témoins se présentent alors qui déposent contre Jésus ; mais les paroles qu’ils rapportent sont faussées ou dénaturées, et leurs témoignages sont contradictoires. Par de nouvelles questions on cherche à les mettre d’accord ; mais chacun maintient son dire et ils ne s’entendent pas sur les paroles réellement prononcées par Jésus. Les membres du Grand Conseil sont dans le plus grand embarras et ne voient pas comment en sortir. La situation est critique. Alors le Grand-Prêtre Caïphe se lève et s’adressant à Jésus : « Vous ne répondez rien à ce que ceux-ci déposent contre vous ? » Jésus garde le silence. — Si nous examinons les réponses qu’il fait à ses juges, nous voyons qu’il ne dit pas un seul mot pour se libérer, mais qu’il répond aux supérieurs légitimes, autant seulement que cela est nécessaire pour que son innocence soit reconnue : il ne veut pas être victime d’une erreur ; il veut

LA NUIT DE LA PASSION

être condamné, mais reconnu innocent. — Voilà pourquoi ici il ne répond pas un mot, parce que les membres du Conseil savent aussi bien que lui que tous ces témoignages sont dénaturés, faussés ou entièrement inventés. Avec quel éclat il pouvait se justifier, découvrir le mensonge ; avec quelle éloquence il pouvait confondre et punir les accusateurs, les accabler sans ménagement ! Mais le Père céleste veut qu’il ne fasse rien pour déjouer les plans de ses ennemis.

Quelle n’est pas notre souffrance, lorsque nous apprenons que l’on ment sur notre compte, que nos paroles sont falsifiées ou mal interprétées ! Il nous semble que nous ne pouvons permettre qu’il en soit ainsi. Irrités contre nos détracteurs, et le cœur plein d’amertume, nous voulons à tout prix nous justifier devant eux et les confondre. Pour des bagatelles même, ne nous arrive-t-il pas de nous irriter si quelqu’un affirme que nous avons dit telle ou telle chose, fait ceci ou cela ? — Apprenons du Sauveur à garder le calme, à conserver la douceur, à nous trouver satisfaits de n’être pas traités mieux qu’il ne l’a été.

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