‹ La pensée directrice des exercicesChapitre 23 sur 52 · Souffleté par un valet · texte numérisé non relu

Souffleté par un valet

Jésus est conduit d’abord chez Anne, beau-père de Caïphe. Comme s’il ne savait rien de Jésus, Anne l’interroge sur sa doctrine, sur ses disciples. Son attitude est celle d’un orgueilleux qui ne peut admettre que, sans entrer en rapport avec lui, personnage si important, Jésus ait osé enseigner publiquement. — Par sa réponse, Jésus entend lui dire : « Je me suis donné comme étant le Messie et je l’ai attesté par des miracles. J’ai enseigné en public et dans le temple. Et vous qui, pendant neuf ans, avez été le grand-prêtre du peuple élu, vous qui aviez le devoir de préparer ce peuple à mon avènement, vous ne savez rien de moi ! C’est votre

LA NUIT DE LA PASSION

faute. Si maintenant, vous désirez savoir ce que j’ai enseigné, interrogez ceux qui m’ont entendu. Tout le monde sait et peut attester ce que j’ai enseigné. » Anne ne s’attendait point à cette réponse. Il s’attendait à ce que Jésus essayât de se justifier, de le gagner à sa cause ; et alors, il pourrait triompher de Jésus. Et voilà que le Sauveur l’accuse et le condamne ! Nous comprenons que, persuadé d’abord de remporter la victoire, et certain du succès, il s’emporte, jette au Sauveur des regards furieux, mais dans son désarroi ne trouve rien à répliquer. Un des serviteurs qui ont enchaîné Jésus s’en aperçoit et frappe le Sauveur au visage en disant : « Est-ce ainsi que vous répondez au Grand-Prêtre ?» — Paisiblement, Jésus réplique : « Si j’ai mal parlé, faites voir le mal que j’ai dit ; mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappez-vous ? » (Jean, xviii, 22, 23.) C’est affirmer qu’il n’a point manqué de respect envers le Grand- Prêtre. Son silence serait l’aveu de sa faute : Jésus ne peut le permettre.

Il peut arriver que notre manière d’agir soit blâmée et nous attire des reproches immérités. Nous avons le droit, et parfois le devoir, de nous défendre, surtout lorsque notre silence pourrait être mal interprété. Même en pareil cas, le Sauveur nous enseigne la douceur. Gardons-nous de nous emporter, de répondre avec irritation. Jésus s’est déclaré prêt à accepter la leçon du serviteur du tribunal sans obéir au sentiment de l’offense reçue, sans le punir, comme il aurait pu le faire. Lorsqu’on nous offense, rappelons-nous notre résolution : Soyons contents de n’être pas mieux traités que Jésus ne l’a été.

TROISIÈME SECTION

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