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LES INDÉTERMINÉS

Lég., I.e Christ) ; — Jésus, qui voit ton front, croit voir le front du four (v. n., Chat., A un martyr). (1). A dire vrai, le tour n'est pas populaire, mais il est très répandu, à cause des formules proverbiales : Qui vivra verra. Sous l'influence de l'analogie générale, celui a tendu à devenir usuel devant ce qui indéterminé : Heureux celui qui iwil sa trace et l'a suivie ! (v. h., Lég., Le Chrisl).

Moyens d'indéterininer les noms. — Ils ne sont pas très nombreux.

^^0n emploie des adjectifs devant ou après le nom commun ou propre: Certain renard gascon, d'autres disent normand (i.a font., Fabl., m, 11); — ■ un certain Bertrand. Au pluriel, certains signifie : quelques, nous l'avons vu ; mais en outre, précédé ou non de l'article de, il implique qu'on pourrait désigner plus expressément les personnes, les choses: A de certains maris faits de certain modèle... (2).

Un à lui seul sufRt à indétcrnùner les noms propres : un M. Myrtil.

On emploie aussi et surtout quelconque, qui suit toujours le nom. C'est le mot indéterminant par excellence : Je veux parler à. l' Inspecteur. Lequel ? Un Inspecteur quelconque ; — Quel chapeau voulez-vous ? Un canotier quelconque, pour m'en aller à la campagne.

Cet adjectif est devenu maintenant un véritable adjectif qualificatil. 7/ était quelconque. Comprenez : il n'avait aucune espèce de caractère qui le distinguât d'aucune espèce de personnes ; c'est le type même de la vulgarité banale. Comment est-il, son tableau ? — Oh ! quelconque ! (3).

Tout se prend avec le sens de n'importe lequel : ouvert à tOUS venants ; — Toute saison, tout ciel, sont bons quand on est deux (lam., Joc, 20 sept. 1793).

Tel, que nous avons vu employé comme nominal, se joint au nom en qualité d'adjectif : Nous disons à celui qui n'est pas encor né Quel four au point du ciel tel astre ramené Viendra de sa lueur éclairer l'étendue (lam., Joc., 8 août 1801) (Cf. en tel ou tel cas).

20 L'indétermination peut être marquée par des propositions spéciales indéterminatives : Une autorité, quelle qu'elle soit, quelle qu'elle puisse être. On a dit jusqu'au XYII^ s. : un homme, qui qu'il soit. Malgré les grammniriens, tel qu'il soit se dit toujours (Voir liv. xxiv, ch. viii). Dans ces phrases, c'est au subjonctif du verbe qu'échoit le rôle d'indéterminant. Soit signifie en réalité puisse être.

Quel 4- nom + que est une ancienne forme, qui se trouve jusqu'au XVIle s.. En quel lieu que ce soit, je veux suivre tes pas (mol., Fâch., 1762).

(1) Pour le tour : So/t;je chasse, dil-il, qui Taurait à son croc, voir à l'Hypothèse, liv. XXIT, ch. VIII.

(2) Certain a fiai par faire corps avec des noms auxquels il est souvent arcolé ; ainsi : certaine raideur britannique, d'où la locution : certaine raideur, à laquelle va se joindre l'article défini : Ses manières ont une grande aisance, on y voit tout de suite F homme du monde ; la certaine raideur britannique qui les accompagne doit être, aux yeux de bien des gens, une qualité de plus (d'h m - TERivE, Ouvrier, lCOJ-1901, 706).

(3) Il ne s'emploie jamais plus avec la valeur d'un norrunal : Quelconque de mes frères.

Vaugelas lui-même écrit encore ainsi. La règle moderne est dans Richelet (1680) : Quelque mérite qu'on ait.

On a été longtemps indécis sur le choix entre qui et qu'il, qu'elle, derrière quelque : Quelque disgrâce qui lui arrive ou qu'il lui arrive. Quelque... qui est classique, et il reste nécessaire dans d'autres phrases, où le verbe n'est pas impersonnel : Ah ! sache, quelque ardeur qui m'impose des lois, Que mon front a rougi pour la dernière fois (mol., T). Gare, 782). (Voir liv. xxiv, ch. viii).

lil'importe, ancien verbe, est devenu une formule qui s'ajoute^jfi7e/ suivi d'un nom, ou -bien k-quiy quoi, noiîiinauxj pour les indétt^rmifter. On se rappelle la fameuse formule donnée à une certaine politique française : Mettre n'importe qui n'importe où, pour n'importe quoi.

Ajoutez d'autres fornuiles : Le premier venu fera l'affaire ; — Là pas d'astre, et pourtant on ne sait quel regard Tombe de ce chaos (v. h., JJg., Le Parric.) ; — Ce je ne sais quel Dieu qui veut qu'on soit vainqueur (Id., Ib.. Mar. de Roi.).

Enfin on peut dire que l'absence d'article indéfini achève d'indéterminer. Ainsi dans les proverI)es ou formes de langage proverbiales : A bon chat bon rat ; Belle hôtesse et qui rie vaut autant que bon vin en une hôtellerie (rotrou. Deux Pue, II, ]) ; — Petite pluie abat grand vent ; - Jamais siècle passé n'a vu monter empire, Où le siècle présent verra monter le tien (ivrALii.. Poés.,

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