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REPRÉSENTATION PAR REPRÉSENTANTS SUIVIS DE DÉTERMINATIONS

Démonstratif usé. Celui, celle. - - La représentation peut se faire par un ancien représentant démonstratif diminué de valeur, le simple celui, suivi d'une détermination. Cette détermination est aussi variée que possible : Connaissez-vous des cathédrales gothiques ? Oui. J'ai vu celles de Paris, de Reims, de Rouen. Celle de Reims m'a toujours paru d'une richesse incomparable : les halles d' Ypres étaient les plus belles de toutes celles que j'aie jamais visitées.

La répartition de fonctions entre les démonstratifs et celui ne put naturellement commencer qu'à la fin du Moyen- Age. Elle fut lente. Cependant, dès le XVP s., divers observateurs constataient le nouvel usage : « Celui qui est beaucoup mieux que celui là qui -> (h. estienne, Hupom., 183). — « Nous abusons de sesi et spla por.r se ; comme lou sesi ou tou sela ce vous dites ne ser de rien >> , dit de même Ramus {Gr., 15G2, 86). Les observations des grammairiens ont été des règles à partir de Malherbe (iv, 399), Oudin (Gr., lll)et Vaugelas(i, 44G). Une foisle simpleen possession de son emploi, il tendit à se rapprocher de la détermination qui suivait. C'est par archaïsme poétique que Rotrou écrit : Et ceux posséderont des mérites étranges, Qui se pourront vanter d'avoir de mes louanges (Heur. Constance, n, 2).

Ce n'est pas à dire que celui-ci, celui-là soient totalement impossibles devant conjonctifs ; quand il y a euiphase, opposition, etc., ils reparaissent : Puisque ceux-là Sont morts qui brisaient les bastilles (v. h., Chat.. Obéiss. passive. Ici Hugo se conforme du reste à la règle de Vaugelas : ceux-là est séparé de qui par un verbe). Toutefois on ne dit plus : Un profond somme occupait tous les yeux même ceux-là qui brillent dans les deux {Lt\ Font., iv. 37).

Usage de celui. - Il arrivait souvent autrefois qu'on se passait d'employer le représentant celui là où nous le considérons comme nécessaire : Pur le sanc... l'yaue devenait... aussi froide comme de fonteinne (joinv., 1266; ; — - En icelle ville de Bourges séjournèrent huit jours le Roy de France et d'Espaigne (J. de Par.). — On voit l'équivoque, il semblerait que le roi de France fût en même temps celui d'Espagne.

Des exemples analogues sont encore communs au commencement du XVII^ s. : C'est mon quartier et de M^^ la Comtesse : — L'imitation des biens

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vient de l'émulation ; et des maux, de l'excès de la malignité naturelle (la roch., I. 122, Var. 3). Yaugelas a discuté longuement la phrase : En vostre absence, et de Madame vostre mère (i, 341). Racine écrit encore : Vous, la place d' Hélène, et moi, d' Agamemnon {Andr., 1160). Puis l'usage, comme le prévoyait Furetièrc, a fini par imposer le démonstratif, mais seulement au XVIIIe s. Cependant on retrouverait, en prêtant bien attention, beaucoup de phrases où Ton a fait l'économie d'un celui : La porte de l'église s'est ouverte toute grande. Le son saccadé de la petite cloche s'est mêlé à une autre (= à celui d'une autre) qui lui répondait, et toutes deux, s'approchant en grandissant... (flaub., Par les Champs, 87) (1).

Nous reparlerons, dans les comparaisons, des phrases comme celle-ci, fort communes au XVIP s. : La doctrine est la même que ces cinq propositions (enter.dez : que celle de ces cinq propositions).

Ce neutre. — 1° Devant cgnjoxctif. — On trouvait parfois cf neutre devant un conjonctif dans l'a. f., mais il était très fréquent de l'omettre, suivant la tradition latine : Li reis Marsilies i fist mult que traître (Roi., 201). Encore au XV I*^ s. que suffisait : Voilci, ce nous semble, que nous devons respondre à ces gens (langue, 84). Ce était aussi fréquemment omis devant un interrogatif : on ne seul qu'//5 devindrent (amyot, i, 107). Le ce s'introduisit lentement dès le Xllfe s. : Dieu lor otroit ce qu'// porchacent (rut., I, 241). Puis il devint ordinaire, et enfin, depuis le XYII^ s., obligatoire. La question n'avait pas préoccupé Malherbe ; Maupas avait cité sans observation une phrase sans ce : Dites moy que vous voulez (1607, p. 161). Mais pour Oudin, la nécessité de la règle moderne se faisait sentir très nettement : « Vous saurez assez que je cherche seroit défectueux, dit-il. Il faut : ce que je cherche « (Gr., 1645, p. 128). Vaugelas enregistra le changement de l'usage : ; On ne dit plus guère maintenant que c'est, comme l'on disoit autrefois. On dit : ce que c'est. Par exemple, M. de Malherbe dit : // n'y a point de loy qui nous apprenne que c'est que l'ingratitude. Aujourd'hui l'on dit : qui nous apprenne ce que c'est que « (i, 287 ; cf. n. l., m, 499). Les écrivains se conformèrent d'une façon générale à cette règle (2).

Ce a fini par former avec que une locution : ce que, dont la destinée a été grande dans la langue moderne. Non seulement elle sert à faire des locutions nominales : Faites ce que vous voudrez. Mais elle entre dans la composition d'une foule de locutions invariables : parce que, jusqu'à ce que, etc. Ce que, de ce que constituent une formule qui, dans certains cas, comme nous le verrons, rend grand service, non seulement à la langue parlée, mais à la langue écrite : on trouvait étrcmge de ce qu'z'Z supportait la vie (pasc, Pens., I, 4) ; — J'aime mieux encore que tu me menaces, que ce que tu me

(1 ) Cf. T'o/re conduite est d'un honnête homme ; celle modéralion n'est que des grands hommes. Mais il n'est pas du tout certain qu'on ait ici affaire au mémo tour. Il est vraisemblable qu'il s'agit d'un complément d'appartenance.

(2) De l'ancien usage il nous reste quelques loculions : qui plus est.

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traites (d'abl., dans a. d. b. Refl., 107). Il n'est pas besoin de marquer combien il serait vain de chercher à les anah'ser dans leur état actuel , Ce n'est là ni nominal ni représentant.

Ce NEUTRE POUR celui, celle. — On trouve, par une espèce d'indétermination, le ce neutre là où on attendrait un nom d'homme ou de femme. Les grammairiens du XVIP s. trouvaient cette façon de parler, ancienne du reste, assez élégante (bouh., Rem., 32) : C'est peu de voir un père épouser ce que j'aime (rac, Mithr., 660) ; — Vous me défendez d'être à ce que j'ose aimer (mol., Tart., 1288). Il ne faudrait pas croire seulement à un euphémisme, à un fait de politesse ; il y a là un phénomène grammatical : ce apparaît pour désigner des collectivités d'hommes et même d'animaux qu'il embrasse dans leur généralité : Tout ce qui est au-dessous... ne peuvent espérer que de voir... Leur plus bel âge (racan, Letf., i, 322). Cf. 1.. 91.

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