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REPRÉSENTANTS PAR DÉMONSTRATIFS

jamais. Une mère dira, en montrant son enfant : Vous voyez comme on est attaché à ça.

Usage de ce, ça. — Pour ne pas compliquer outre mesure, nous considérerons ici d'ensemble ce qui s'applique à ce représentant d'êtres, de choses, et à ce représentant d'idées.

Ça, ce étaient très usités en a. t. : Ço peiset els, mais altre ne puef estre (Alex., cxvi, 5) ; ■ — Ne placet Deu, çoii respunt Eollanz (RoL, 1073). Tantôt il renvoyait à ce qui venait d'être dit, tantôt il annonçait ce qui suivait : ço peiset mei que ma fin tant demoret (Alex., xcii, 5) ; — Ço disl Chernubles, ma bone espee ai ceinte (Roi., 984).

Le développement des formes avec addition d'enclitiques : ceci, cela, a changé le rôle de ce, mais ne l'a pas fait disparaître. On ne l'a plus employé comme objet : dites ce, J'ai ce fait. La seule locution survivante est peutêtre : pour ce faire ; encore a-t-elle été réprouvée par Vaugelas (i, 420). Les incises : ce dit-on, ce dis-je, sont devenues dit-on, dis-je. Ce ne sert plus non plus de complément à des prépositions, comme autrefois : Pur ço le fist (Roi., 1779). Au commencement du XYIP s. on trouvait encore pour ce, à cause de ce. Mais Oudin les déclarait « un peu antiques » (Gr., 113), et Vaugelas condamnait outre ce (i, 418 ; cf. h. l., m, 496). D'autres ont blâmé à cause de ce, non content de ce. Seul, sur ce nous est resté. Comme sujet, ce a également disparu, sauf devant le verbe être et devant devoir être : c'est ma mère ; — ce doit être mon frère qui a sonné. (De l'ancien usage, il n'est resté que la locution ce me semble). Néanmoins, par c'est, ce joue un rôle immense, ainsi que nous l'avons vu.

Le partage d'attributions entre ce et cela a été très délicat. Visiblement, quand il s'agit de représenter expressément une chose dont on a parlé, cela est nécessaire : Nous avons revendiqué l'Alsace-Lorraine, cela n'était en aucune façon demander une conquête. On peut dire assurément : ce n'était pas revendiquer une conquête, mais ce n'est pas là le représentant véritable de ce qui précède ; c'est une simple formule.

Toutefois, aucune des règles générales qu'on a posées n'est assurée d'être vraie dans tous les cas. On dit avec un adjectif aussi bien : c'est bon, que cela est bon ; c'est faux, que cela est faux.

Quand l'attribut est un nom, c'est au contraire ce qui s'impose : c'est une vérité reconnue ; — G*est une erreur de croire... Nous n'écririons plus avec Molière : cela est étrange, que mes propres enfants me trahissent (Av.,i, 4). ha raison en est encore que ce est là dans son rôle général de formule introductive.

On comprend les hésitations delalangue : cela a pourlui l'analogie detous les verbes, ce a pourlui une des formules les pluscommunes de la langue : c'est (1).

Il est à remarquer que l'abréviation populaire de cela : ça, n'entre pas en concurrence avec ce : on ne dit pas : ça est faux ; c'est un belgisme.

(1) Nous retrouverons ce^avec un sens affaibli quand nous parlerons des impersonnels, où il est en concurrence avec i7.

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