CHAPITRE VIII RESTES DE LA DÉCLINAISON
Dans les noms. — Il reste des sujets sans cas complément : fils, prêtre, traître, ancêtre. Il reste des sujets et des compléments : pâtre, pasteur (celui-ci refait) ; sire, seigneur ; maire, majeur ; nonne, nonnain. Mais ce sont désormais des mots distincts, qui ont pris chacun une valeur propre. De la valeur syntaxique de la flexion casuelle, rien n'a demeuré dans les noms.
Le système casuel de l'a. f. est au contraire tout à fait vivant dans des nominaux ou des représentants, que leurs fonctions près du verbe a fixés dans leurs formes casuelles, au point que certains d'entre eux, je et tu, sont passés à un vrai rôle de flexions d'avant.
Personnels et représentants personnels. — Première et deuxième personnes. — Sujets. — Au singulier sont encore exclusivement sujets :
l^f personne : je 2^ personne : //;.
Ils se placent devant le verbe affirmatif et après le verbe interrogatif : je viens, tu écoutes ; gagnerai-je ? viendras-tu ?
Formes élidées du sujet. — Je est réduit à /' devant voyelle. Devant consonne, dans la prononciation populaire, il se réduit à /', si la consonne est une sonore : j'viens ; j'dors ; à ch', si la consonne est une sourde : ch'fe dis, (je te dis), ch'cou (je couds).
A la seconde personne, on trouvait autrefois assez fréquemment une forme élidée i'. Il est possible qu'on ait ici une élision de tu, car on la trouve très anciennement : Se Vies français, t'aras le poing copé (Huon de Bord., 5423). Mais il est vrai que, très anciennement aussi, on rencontre la forme analogique te pour tu : Ha ! vielle, dist li rois, di. pourquoi traisis te Bertain ? {Berte aux gr. pies, 2222).
.Jusqu'au XVP s., t' se rencontre même dans la langue littéraire : ne combats point, afin que, n'estant le plus fort. T'achètes une honte aux despens de la mort (ronsard, iv, 130, Bl.). Toutefois, dès le commencement de l'âge classique, /' n'apparaît plus que dans la langue populaire, où il est encore, comme te.
P^OH.MF.s CONJOINTES. — Je et tu ne sauraient aujourd'hui être séparés