RESTES DE LA DÉCLIXAISOX
(le leur verbe, comme Ils l'étaient autrefois (1). Il nous reste toutefois la vieille formule juridique : Je, soussigné, reconnais...
Formes disjointes. — Première et seconde personnes. — - Moi, foi ne sont jamais sujets à eux seuls, dans les formes personnelles ; mais ils peuvent servir à renforcer le sujet : moi, je ne le crois pas ; toi, qui as tant travaillé, tu échouerais ? Cet usage est ancien.
On les trouve seuls, dans des phrases de commandement. Ils n'y sont pas sujets : Et toy di, taille bien ni'espée {Mir. N. D., vi, 24, n» 33, 644).
Ils accompagnent parfois un autre sujet : et irons moi et vous ou règne de Berri {Ors. B., 800) : — mais moy n 'autres ne s'en puet percevoir (e. deschamps, V, 61).
Co;mpléments. — A) Sont exclusivement compléments d'objet premier ou second :
l^e personne : me ; 2^ personne : te.
Ils précèdent immédiatement le verbe ou un autre pronom rattaché au même verbe, et ne peuvent être déplacés : je te crois.
B) Sont compléments d'objet premier ou second, ou compléments prépositionnels :
fe personne : moi ; 2^ personne : toi.
Ils se placent toujours après le verbe ou après un pronom dépendant du même verbe : c/zs-moi, rends-le-moi ; viens à moi.
Au pluriel, nous et vous, n'ayant qu'une seule forme, peuvent avoir les diverses fonctions de sujet, d'objet, de complément préposition- el : nous partons : il vous regarde ; il part avec vous.
Ils peuvent être ajoutés au sujet ou à l'objet pour en renforcer l'idie : OUS, nous partons : on vous a blâmé, VOUS !
Troisième personne. — Est exclusivement sujet au singulier et au pluriel le pronom ;7, qui. au pluriel, sous l'influence du nom, est devenu z7s, dans la période moderne de la langue (2). Le féminin eZZe, (lies peut avoir d'autres rôles. Comme sujets, /7, elle, se placent avant le verbe affirmatif : il vient ; elle plaît ; après le verbe interrogatif : vient-il ? plaît-elle ? Mais il, ils ne peuvent être éloignés du verbe (3), tandis que elle se détache librement : elle, à son avis, ne pouvait accepter cette offre.
(1) Fier de ta lance e jo de Durandal {Roi., 1120) ; — le plus longuement que il el sa dame osèrent (C. Xouv. n.. i, 72 ; h. l., i, 457 ; ii, 414).
(2) La prononciation a longtemps été i; aujourd'hui encore dans la langue familière on entend : i m'a dit. Au pluriel on a longuement disputé pour savoir si on devait prononcer i\ ils ou' is. Le seul point sur lequel on s'est accordé, c'est que, dans le style soutenu, il faut prononcer il'. Féraud (1783) opinait encore que, dans la conversation, on devait prononcer : is ont dit. Aujourd'hui on entend ils et is devant voyelle, il et i devant consonne.
(3) Il n'en était pas de même en a. î. : ne vus ne il iVi porterez les piez (Roi., 260).
Est exclusivement objet le pronom le, la, les. Il se place immédiatement avant ou immédiatement après le verbe et ne peut en être séparé que par un autre personnel : chacun le croil : ;jou.s les fréquentons : chassez-le ; respectez-\2i.
La forme plurielle leur sert d'objet secondaire. Elle se place immédiatemeii-t avant ou après le verbe, sans pouvoir en être séparée, sauf par le pronom le après le verbe : cette nouvelle leur déplaît ; donnez-leuT ce qu'ils demandent ; donnez-le leur (1). Nous avons noté (p. 148) que leur a été déclaré invariable par les grammairiens, contrairement à leur possessif.
La forme correspondante du singulier lui joue le même rôle : cela lui déplaît ; parle-lm ; donne-le lui. Mais à la différence de leur, lui peut aussi servir de complément prépositionnel : pensez à lui. Lui peut aussi être adjoint au sujet ou à l'objet : lui, on le condamnerait ! il succomberait, lui !
Le pluriel masculin eux et le féminin elle, elles, ont les mêmes emplois ccvmme compléments prépositionnels que lui : songez à eux ; songez à elle ; défiez-vous d'eux ; parlez pour elle.
Ils peuvent aussi renforcer le sujet ou l'objet : voire mère dit cela, elle ; v&us les. voyez, eux. Lui. eux peuvent être sujets : lui parle, eux travaillent.
(1) Leur avait élc au XVI<^ s. rMiiil A leii, le us (ci. les noms en eur : chasseu{r)). Leus est resté longtemps vivant dans la lanijuc popnlaire: (7 Iciis tt dit; il leus y n donné. Était-ce l'iulluence de eux ? (h. i.., ii. '.i^"i).