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SUJETS IXCOXXUS, SUJETS INDÉTERMINÉS

A'offrenl à mes autels que des vœux épurés (mol., F. sav., 313); — On est faite d'un air, je pense, à pouvoir dire Qu'on n'a pas pour un cœur soumis à son empire ; Et Dorante, Damis, Cléonte et Lycidas, Peuvent bien faire voir qu'on a quelques appas (Id., Ib., 375). Rien n'est plus commun chez les Précieuses, et les grammairiens du temps l'ont remarqué : « On s'emploie à touie heure dans un sens nouveau. Au lieu de dire : je vous en seray obligé ; nous disons : on vous en sera obligé » (bouh., Enlret., 84). Richelet donne le sens de on et confirme ainsi l'opinion de Bouhours. On trouvera dans le Lexique de Molière par Livet de nombreux exemples : Là je vous ferai voir une preuve fidèle De l'infidélité du cœur de votre belle, Et si pour d'autres yeux le vôtre peut brûler, On pourra vous offrir de quoi vous consoler (mol., Mis.. 1129). Il ne faudrait pas croire à une mode passagère : Ce ne fut pas sans trouble qu'elle s'y décida, et qu'elle en vint à tout expliquer. La fierté féminine... avait une rude atteinte à subir. Il fallait avouer qu'on était sensible, et cependant ne pas le laisser voir : il fallait dire qu'on avait tout compris et cependant paraître ne rien comprendre. Il fallait dire enfin qu'on avait peur (musset, Les deux Maîtresses, ch. iv).

La substitution de on à je dans les préfaces s'explique par les mêmes raisons : « Il y a des occasions où il est plus poli et plus modeste de se servir de on, en parlant de soi-même, que de se servir de je (a. d. b., Suite, 212) (1).

On de vanité. — li faut dire qu'en même temps, on peul marquer la vanité : Jehan... dit. en fermant a demi les yeux, dédaigneux : On a un frère archidiacre et imbécile (v. h.. A'. D.. liv. vu, ch. vi) ; — Et puis, on est bourgeois de Gand (Id., Hem., i, 3).

On pour je, nous. Ce qui précède explique que parfois on n'exprime pas très nettement ces nuances, et soit purement et simplement l'équivalent des personnels : Monpère... est mort sur l'échafaud, condamné par le sien. Or quoiqu'on ait vieilli depuis ce fait ancien, Pour l'ombre du feu roi, pour son fils, pour sa veuve, Pour tous les siens, ma haine est encor toute neuve ! (v. h., Hem.. I, 2). Rien n'est plus fréquent que cette substitution dans la langue populaire : On y va = j'y vais. Cf. On a été du côté des fortifications : — sans Mademoiselle, il y a longtemps qu'on aurait quitté.

On entend même à Paris des phrases comme celles-ci : Nous, on est là qu'on mange : — ■ on a du pain pour nos vieux fours. Une fois cet on devenu personnel, on lui adjoint des personnels, afin de le détailler en le précisant : on y a été nous deux ; — on est parti nous deux Emile (= Emile et moi).

On = vous. — Le pronom on s'emploie aussi pour désigner la personne à qui l'on s'adresse : Ce Monsieur Trissotin dont on nous fait un crime

(1) Le P. Bouhours dit de même : « L'ouvrage qu'on donne au public. Cela est mieux que : L'ouvrage que je donne. » A ce propos, une dispute s'éleva même avec les jansénistes. S' Real, dans La Critique (224) répondit à Bouhours que on des jansénistes se justifiait parce qu'ils étaient plusieurs à faire leurs ouvrages, mais que lui, parlant de lui-même en on, était insupportable, que cela était une espèce de pluriel équivalant au nous dont se servent les rois et lesautres puissances.

1,7.S Lt-: SVJET. LA PERSOSXE

(iiOL., ]''. sav.. 631). C'est Philaniintc qui, par ce mol méf;risaiit, relève les critiques que son mari, Chrysale, vient de formuler. Dans Le Malade imaginaire, Toinette devenue médecin, gourmande le pouls de son maître : Allons donc, que l'on batte comme il faut (m, 10). Parfois on, ainsi employé, implique supériorité : Vous, Narcisse, approchez, Et VOUS, qu'on se retire : Gardes, Qu'on obéisse aux ordres de ma mère (rac, Brit., 372 et 1304). Ailleurs on est aflectueux : Eh, Eh ! Il me semble qu'on a bien grandi depuis deux ans. G"est ainsi sans doute qu'il faut interpréter le on du vieillard dans Hernani : Enfin ! C'est aujourd'hui ! Dans une heure on sera Ma Duchesse ! Plus d'oncle ! et l'on m'embrassera ! (m. 1). Mais là aussi les nuances s'effacent ; on prend la place de tu ou de vous : Eh bien ! c'est ainsi qu'on fait attendre un vieux camarade ? De tels exemples cependant ne sont guère probants, ces sortes de phrases pouvant toujours être considérées comme des remarques d'ordre général, des aphorismes qui s'appliquent accidentellement à la personne qu'on interpelle.

On = II, elle. — On remplace ;».ussi le [uonom sujet de la 3"^^ personne, soil au masculin, soit au féminin : El cette Doua Sol !... Comte, si je suis fait empereur, par hasard. Cours la chercher. Peut-être on voudra d'un César (v. h., llern., iv. 1) ; — - L'audace de Sténio excita donc plus de joie que de colère, et l'on refusa le rendez-vous, certaine que Sténio ne s'y rendrait pas moins... et quand l'heure fut venue, on résolut d'y aller pour l'accabler de mépris (g. sand, Lélia, lu). On parlera ainsi chaque fois qu'il s'agira de personnes auxquelles tout le monde pense, mais qu'on ne veut ])as nommer, ou lorsqu'on désire donner à la conversation un Ion confidentiel, faire des allusions, etc. Les parents n'étaient au courant de rien, personne ne se dou- Idil : on s'éerivait en cachette, et l'on parlait d'avenir.

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