CHAPITRE IV L'OBJET DES VERBES
Quelques mots sur une question de nomenclature. Objectifs ou transitifs? — Les verbes qui ont un complément d'oJijet : ouvrir une fenêtre, casser un verre, sont des « objectifs » . 11 vaudrait peut-être mieux, en considération de ce qui va suivre, dire : verbes employés objectivement.
10 Parmi les verbes objectifs, il y a d'abord ceux que la nomenclature olTicielle appelle transitifs directs et que, par respect de la tradition et du sens des mots, il serait préférable d' appeler simplement transitifs.
La « nomenclature grammaticale « prescrite par l'arrêté du 25 juillet 1910 ne s'applique qu'à la forme des verbes, rangés en actifs, passifs et pronominaux. Elle ne s'occupe pas du sens. A la vérité, dans la circulaire interprétative du 28 septembre 1910, il est dit que le maître pourra parler du complément d'objet ; et dans celle du 21 mars 1911, on lit : « Il s'ensuit que pour désigner le sens des verbes... il y a lieu de recourir aux termes transitif et intransitif, qui sont d'un usage courant dans les livres de grammaire, et qu'exige l'adoption du terme complément d'objet. nuMitionné dans la circulaire. »
Que vaut celte appellation de verbe transitif ai)pli((uéc à tout verbe objectif, par une addition indirecte à la nomenclature grammaticale? Peu de chose. En efîet, transitif est pris là dans le sens nouveau de : qui a un complément d'objet. 11 en résulte que, quelle que soit la construction de ce complément, qu'elle soit directe ou qu'elle soit indirecte, le verbe sera toujours transitif. On a été forcément amené à distinguer le transitif direct : je veux un jouet, et le transitif indirect : je songe à vous.
Mais, dans les dictionnaires, ces derniers verbes (les transitifs indirects) sont considérés comme intransitifs, parce que leur complément n'est pas direct. Le nom de transitif y est réservé aux verbes de forme active qui prennent un objet direct. C'est là le sens étymologique et traditionnel des deux appellations. Il est à craindre qu'en prétendant les changer arbitrairement, comme le fait la nouvelle nomenclature, on namène des confusions. En outre, on perd le moyen pratique que l'on conseillait aux élèves pour reconnaître si un verbe est transitif, moyen qui consistait à essayer de le transformer en verbe passif, en faisant de l'objet le sujet.
Ce n'est pas que nous nous fassions illusion sur la valeur du mot transitif. Conmie la plupart des autres, il ne vaut rien. Tous les transitifs ne se prêtent pas à l'expérience, tant s'en faut. Qu'on essaie de mettre au passif :