L'IDÉE DE RÉCIPROCITÉ. LES VERBES RÉCIPROQUES
ensemble. Dans le cas contraire.il convient d'ajouter aussi un complément, par exemple : chacun de son côté.
Le verbe réciproque ayant pris la forme clu réfléchi, en a aussi l'auxiliaire être : Les enfants s'étaient jeté des boules de neige. Toutefois l'assimilation du verbe réciproque avec le réfléchi cjuant à la forme n'est pas allée jusqu'au bout. Le pronom soi n'a point d'emploi dans la réciprocité, sauf peut-être dans la locution entre soi : Il ne faut pas s'attaquer ainsi entre soi.
En a. f., on marquait la réciprocité dans le verbe, en le construisant avec l'un l'autre, sans se : lour fîz pardonner lour maltalent et besier l'un l'autre (joiNv., 102, D) (1).
De là est venu, notre tour moderne où Vun l'autre renforce la notion de réciprocité : En ce monde, il se faut l'un l'autre secourir (la font.. Fab.. vi. 16) ; — on ne se doit point marier pour se faire enrager l'unjrautre (:mol., Mar. fore, 2).
Entre ces mots l'un, l'autre, l'usage moderne introduit les prépositions qui sont demandées par le verbe. L'expression est analysée : mon sort et le aôtre N'ont rien à se pouvoir reprocher l'un à l'autre (mol.. Dép. am., 1917). — Grâce à mes bons offices, ils ont fini peu- se rapprocher l'un de l'autre.
La même expression l'un l'autre, avec une préposition, sert lorsque l'idée de réciprocité est contenue dans un adjectif ou un nom : Ces frères étaient dévoués l'un à l'autre; — Ils étaient aimables l'un pour l'autre ; — cette habitude charmcmte où l'on avait hâte de déférer à chaque prière l'un (le l'autre (herv., Peints p. e. m., dans rob., Idiom., 122).
Les compléments réciproques d'adjectifs s'étendent à des verbes : étrangers l'un à l'autre fait dire : s'aliéner l'un à l'autre : ces épreuves qui achevaient de nous aliéner l'un à l'autre (bourg.. Corn.. 73).
(1) Voir TOB!.i-,it, Venu. Heilr., i\. >St',.