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XEST PAS LE MÊME QUE CELUI DE L'ACTION PRINCIPALE

LA PROPOSITLON CONJONCTIONNELLE

Les constructions. — r>eux cas peuvent se présenter. A. Louleur de raction-ohjeî peut n'être pns détcnniné : je vois venir. B. L'auteur peut être délermÏTié : je vois une voiture venir, je vois qu'une voilure vient.

La construction essentielle et fondamentale est la dernière, la construction par proposition conjonctionuelle. Elle est une des caractéristiques des langues romanes, et particulièrement du français, par rapport au latin : Je sais qu'il chante bien; — je veux que vous veniez ; — j'admets qu'il se soit trompé ; — il est à regretter quevotre yoyar/e'soit annoncé; — on .s'aperçoit que tu maigris. Il est à remarquer que la proposition conjonctionnelle se rencontre aussi bien après des verbes qui construisent indirectement le complément d'otj.jet. nom ou pronom, qu'après des verbes où la construction est directe. On dit : je me souviens de lui (construction indirecte) ; on n'en dit pas moins : je me souviens que je l'ai VU ehe: M. X.

Le sens du complément d'objet introduit par que dé|)end du verbe principal, qui peut être :

a) un verbe servant simplement à eonstater un fait : .le vois qu'il vient, je sais que vous êtes bon.

b) un verbe de sentiment : .Je regrette que vous soyez venu par ee froid.

c) un verbe de volonté : J'ordonne qu'il vienne, je veu.v que vous réfléchissiez. Nous aurons à en reparler à propos des Modalités.

Objet des locutions verbales. — Après les locutions verbales, il peut être ajouté aussi une proposition complément d'objet : faites-/i/z signe qu'il vienne; — ayez l'œil que personne n'en sorte (mol.. Éc.d. M., 932); — Albert et moi sommes tombés d'accord Que tu satisferois Ascagne sur ce tort (ïd., Dép. am.. 1667); — l'idée de prier... me vint au cœur comme elle vient à toute âme... qui a besoin qu'une force mystérieuse et surhumaine se . surajoute à l'impuissante tension de ses désirs (lam.. Raph., 59).

Il est assez difficile parfois, étant donné que les noms ont aussi des compléments d'objet, de sfïvoir si la proposition dépend du nom seul ou de la locution formée avec lui. On se reportera aux observations faites à propos des Locations (p. 220). Ex. : // eut une vague conscience que des maisons, des murs... passaient indéfiniment à ses côtés (a. frange. Hist. com.. 89) ; —

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Rendez-moi cette justice. que, depuis trois mois,... c'est la première {question) que /e vous adresse (g. sand, Elle et /., ch. ii, 22) ; — // est d'avis que l'aventure arrivée est toujours plus puissante que l'aventure inventée (zo[ a. Romane.., 312).

Les ligatures. — Que. — En a. f., le que manquait souvent : Ço ad juret H Sarrazins Espans : S'en rere-guardctroevet le cors Rollant. Cumbatrat sei (Roi., 612). Il est devenu d'obligation stricte.

Quand les objets multiples sont des propositions conjonclionnelles. dès lanciennelangue,la conjonclionçué' est répétée devant chaque subordonnée, toutes les fois que le sens de ces propositions exige qu'on insiste sur leur rapport à la principale : Si li pria por deu le grant Qu'e/i son osicl le herberlast Et que fors nel laissast (s. grég., B, 83, 19) ; — Quant nos bien savum que la mort vendrai e que fuit morrunt (Reimp.. 83 J) ; Ritchie, o. c.. 159 et s.). En langue moderne, cette répétition est nécessaire. D'où une lourdeur inévitable.

Nous avons déjà eu l'occasion de dire dans les Généralités que cette lourdeur, due à l'abondance des qui et des que n'a pas empêché les meilleurs écrivains français d'en faire un usage qui va jusqu'à l'ainis : Que ne me dites-vous que des affaires de la dernière conséquence vous ont obligé à partir sans m'en donner (UJis, qu'il faut que, malgré vous, vous demeuriez ici quelque temps, et que /(' n'ai qu'ù m'en retourner d'où je viens... qu'il est certain que vous brûlez de me rejoindre, et qu'éloigné de moi, vous souffrez ce que souffre un corps qui est séparé de son âme? (moi... J). Juan, i, '^) ; — // (Perrault) commence la censure qu'il fait d'Homère par la chose du monde la plus fausse, qui est que beaucoup d'excellens critiques soutiennent qu'il n'y a jamais eu (ui monde un homme nommé Homère, qui (^7 composé i Hiade et l'Odyssée : et que ces deux poèmes ne sont qu'une collection de plusieurs petits poèmes de différens auteurs qu'on a joints ensemble (boil.. Rép., m).

Cependant Bouhoiirs critiquait ces périodes trop chargées de complétives, et, à partir de ce grammairien, on commença à les éviter, sans pour cela renoncer à la phrase périodique. Le XVIle s. n'a pas connu le < .s/y/e coupéi^ , c'est au siècle suivant cpi'il fut surtout cultivé.

A CE QUE. — .i est la préposition la i)lus commune devant l'oltjet indirect. On dit : je consens à son mariage, d'où : Je consensàce qu'une femme... au lieu de : .ïe consens qu'une femme ait des clartés de tout, comme .Molière a dit {Fem. .sa/'., 218). Parla s'explique la substilution. aujourd'hui commune, d'à ce que au simple que. Je m'attendais (pic. (ju'on trouve encore dans Musset : Je m'attendais qu'il allait m'évifcr {Confess.. [^' partie, ch. i), est souvent remplacé par : je m'attendais à ce que.

A ce que s'étend de jour en jour par analogie. Aujourd'hui, je demande à ce que, est courant : Cette femme... aurait volontiers demandé à ce que yiUc Avril ne fût pas si assidue dans ses visites journalières (R. M., 15 oct. i

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1884, 7M1) ; — - la féroce convoitise avec laquelle ses yeux sauvages se fixaient sur le collier de perles d' Isabelle denumde à ce qu'o/i surveille ses démarches ((-.Air.. Frac., i, 104).

Aktkes locutions conjonctives. — Comme le complément d'objel. ainsi que nous l'avons vu, a été souvent d'abord un complément de cause, de hul. etc.. il arrive aussi que la proposition-objet vienne d'une autre proposition modifiée, et par conséquent soit introduite ]:)ar toutes sortes de locutions conjonctives.

Ainsi la conjonction est souvent de ce que. Il est correct d'écrire : Je suis fâché que vous ne rn'aije: pas prévenu. Mais comme on dit : être fâché d'une chose, la construction s'étend au verbe, d'où: Je suis fâché de ce que vous ne m'ayez (ou avez) pas prévenu. (Cf. Il se plaint qu'on l'a ccdomnié : et : // se plaint de ce qu'on l'a calomnié).

Si. — Cette conjonction, avec certains objets que nous verrons, est aussi régulière qu'ailleurs r/ac .• je leur ferai voir si, pour donner la loi, Il est dans la maison d'cuitre maître que moi (moi.., F. scw., 1443) ; — Il ne faut pas s'étonner s'/7 frappa sur ces obstacles (michel., Rév.. iil, 1(')-17).

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