LA NOTION D'OBJET SECONDAIRE
Le nom et la chose. — On peiil ap])eler objet secondaire le lerinc qu'on trouve après robjct dans celle phrase : Il a légué ses biens à l'Université de Paris, mais il s'en est réservé l'usufruit (1).
Ce complément d'objet secondaire n'est pas indispensable; il n'y a pas de complément qui soit toujours nécessaire, pas plus l'objet qu'un autre. Mais l'objet secondaire peut être essentiel. D'un propriétaire qui a des hypothèques sur sa maison, qui a des dettes, on dira : il doit. Pour achever le sens, on peut ajouter .• // doit cent mille francs, en ajoutant un objet, mais on peut aussi dire : il doit au Crédit Foncier, en ajoutant un objet secondaire.
Dans un certain nombre de phrases, faute de ce complément, la pensée resterait en l'air, ou aurait une signification trop générale, ex. : Les parents confient l'éducation de leurs enfants.... (il faut bien ajouter à qui, par exemple, à (les maîtres). Cf. Nous n'avons imprimé le cachet de notre temps ni à nos maisons, ni à nos jardins, ni à quoi que ce soit (muss.. Conf., 1" Part., ch. IV). — Supprimez ni à nos maisons, etc., la phrase n'a plus de sens.
Il arrive que dans certaines phrases l'objet secondaire seul trouve place : Le Bureau vous a déjà donné ; — Ne me dérangez pas, j'écris à ma mère. En particulier, lorsque l'objet secondaire et l'objet premier sont également des personnels, très souvent, nous l'avons vu, l'objet n'est pas exprimé. Dans d'autres phrases, il y a un oi)jet premier et un objet secondaire. C'est
(l) Le nom qu'on employait autrefois, coniplénient indirect, ne peut plus convenir, puisque cette expression est affectée aujourd'hui à toute espèce de complément construit à l'aide d'u'i mot-outil. Celui de complément d'attribniion ferait confusion avec ntlribut et d'autre part n'irait guère avec les verbes comme ôler. Complément ^intérêt est trop étroit ; destination se rapprocherait trop de but. Objet second ou secondaire me paraît mieux convenir. 11 rappelle les rapports étroits dont nous parlerons, qui unissent l'ohjet secondaire à l'objet, et explique les mutations qui se produisent entre eux.
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extrêineinent fréquent, ils échangent souvent leur rôle. Un léger déplacement de l'idée fait tout à coup d'un des termes l'objet premier. Et rien ne montre mieux combien les deux compléments sont voisins. Qu'on compare : Annoncez-lui la mort de sa mère à : informez-le de la mort de sa mère. (Voir à L'Objet, p. 357). De même : obliger quelqu'un à une chose et : imposer une chose à quelqu'un ; — payer une note à un commerçant et : payer un commerçant (1) ; — fournir de la laine à une usine et : fournir de laine une usine.
Il peut y avoir identité entre l'objet secondaire et le sujet. Il y a alors réflexion : le fondateur s'attribua une grosse part ; il se prépare des déceptions.
On joint particulièrement un objet secondaire à un objet-action : // lui commande de partir. (Cf. avec un objet premier : /'/ V obligea à s'en aller; — ils se promettent de bien jouir de leurs vacances.
De même dans des phrases impersonnelles : il lui a plu de revenir ; — il ne me convient pas de renouer des relations avec lui ; — il me faut partir.
M) Cet exemple est d autant plus ciirioux que payer signifie originairement opai.scr ; on dit de même : donner des apaisements. Cf. pardonner une faute à quelqu'un et pardonner quelqu'un.