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OBSERVATIONS DIVERSES SUR LA SYNTAXE DES PRÉPOSITIONS

Rapprochement de la préposition et du nom. — Vaugelas âvait posé en règle que toute préposition devait être suivie inunédiatement deson complément (1). Il ne supportait pas la phrase : l'avis de tous les Jurisconsultes et de presque tous les Casuistes, quel que fut l'embarras pour la remplacer (II. L., III, 663). Cette doctrine a prévalu. La préposition est en général inséparable du terme qu'elle sert à construire.

Malgré cela, même en langue usuelle, on dit fort bien : le désir de toujours réussir ; la joie de mieux comprendre, etc. On remarquera cependant que l'on ne saurait donner à un adverbe ou à une locution adveri)iale c[uelconque la place donnée ici à toujours et à niieux : la joie de sans peine comprendre est du petit nègre.

Avec, sans, s'accommodent assez bien des intercalations : sans, pour cela, prétendre que... : — avec, sur ses genoux, son éternelle guitare. Les écrivains tout modernes recherchent les constructions de ce genre: avec, pour parure, la splendeur de leurs dix-huit ans : — les rencontres de sa vie avec hélas ! la vie ; — si nous nous arrêtons, c'est pour, sans rien dire, nous serrer jortcment les mains.

Répétition des prépositions. — Depuis l'époque classique, la répétition des prépositions est devenue régulière. Toutes les portions de phrase tendaient à avoir chacune leur forme complète, avec les mots-outils servant à les construire. Les compléments ont naturellement obéi à cette tendance.

Vaugelas a posé en règle que seuls deux noms « synonimes ou équipollens » se suffisaient avec une seule préposition : par les ruses et les artifices de nos ennemis; au contraire : par les ruses et par les armes de nos ennemis (h. l., III, 708). Il semble que ce soit encore la règle moderne, au moins avec les prépositions qui se répètent facilement, comme ci, en, de, par, sans, dans (2). Une seule préposition suffit, quand les compléments, parleur nature

(1) Comme un personnel de conjugaison de son verbe. Il était guidé sans doute moins par r l'usage que par des idées théoriques fondées sur la définition des prépositions.

(2) Naturellement. si les noms groupés forment un tout, nom, titre, etc., il n'y a lieu qu'à une seule préposition : Le Roman de Paul et Virginie; La Fable du Meunier, son fils et l'âne. Au contraire impossible de dire : lu jnble du loup et le chien. Il y a là un caprice de langue.

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