‹ La pensée et la langueChapitre 270 sur 587 · EXPRESSION DES ASPECTS · texte numérisé non relu

EXPRESSION DES ASPECTS

Pseaiimes, xviii) ; — le poulet s'en alloit CUit. Le tour disparut au cours du XVIIe s. On dil aujourd'hui : va. allait être cuit. La même époque vil mourir aussi le tour fait du verbe devenir el du participe passé, qui avait un sens analogue: A quel point ma vertu devient-elle réduite? Il s'agissait ici proprement d'une progression de l'action allant vers l'alioutissement.

Quant aux formes verbales qui marquent l'aspecL accompli, nous en parlerons à propos de chacun des temps.

Mise en relief de la date ou de l'aspect. — On se sert des moyens ordinaires :

A) On commence la phrase par l'indication du temi^s : A deux heures revue.

B) On se sert de c'est : C'est le 11 Novembre 1918 que la grande guerre a pris fin : — c'est il y a huit jours qu'il fallait venir : — c'est en quelques heures que la nudadie a })ris ce caractère de gravité (1).

De voilà: Voilà huit ou dix jours pourtant que cette mauvaise émotion me revient en rêve (g. saxd. Elle et t.. ch. ii, 26).

G) On fait de l'indication de temps la phrase principale .• Il y a dix ans ({u'il est parti (2).

Il y a trente ans que j'habite Paris ; — Et cependcmt voilà des siècles innombrables Que vous vous combatte: sans pitié ni remords (baudel.. Fleurs, L'homme et la mer) ; — Voilà i.ix semaines que j'explore cette forêt clans tous les sens (maur. bouchoi!. Th. pour les j. filles, La Belle au Bois Dormant. 155). \. p. 457).

Durée illimitée. — On se sert de : sans fin, sans cesse, sans trêve, toujours : O pâtes elkovcms. troupe agile et sonore, Qui descendez sans trêve et montez le courcmt ! (éd. grexier. Prélude de V Elkovan, i, 77) ; — \os mânes irrités volent à Vcwenture Et. sans se consoler, volent, volent sans fin (Id.. Ib., 78).

La langue populaire dit : s(ms fin ni bout, sans fin ni cesse.

On exprime l'idée contraire par divers compléments : temporairement, momentanément, pour un temps, un moment, un instant, une minute.

(Il C'était la première fois de sa vie qu'il se faisait le serviteur de quelqu'un (g. sand. Elle et l.. ch. IV, 43).

(2) J'ai mis trois semaines à me remettre est, à tout prendre, une phra.se du même ordre, où la durée de la convalescence forme la phrase principale. — Cf. Stephen fut deux jours sans pouvoir sortir de sa chambre... il se passa quelque temps sans que ni l'un ni Vautre voulût commencer (a. Karr, Tilleuls, 19); — Ces arbre.s-là sont très longtemps ananl de jiroduire (DoNN., La Pair., ti, 5).

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