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CHAPITRE XII FORMES DES PASSÉS

I. Les passés simples de l'a. f. — Ils se divisent en deux catégories A — Passés à balancement d'accent, avec 3 formes fortes et 3 faibles.

/• ,u\s lu lusis il (usi

je vi tu vedis il vil

mis

mesis

niist

tu

dui deus dut

nous (irsimcs vous lusislcs il iirslrcnt

nous vedimes vous vedistes il vidrent

mes i mes mesisles mistrent

nous deumes vous deustes il durent

— Passés faibles.

je chunliii je pcrdi^ tu chantas tu perdis il ehanta il perdiet nous chantâmes nous perdîmes vous chantastes vous perdistes il chantèrent il perdiercnt

je puni lu punis il punit nous punimes vous punisles il j)unirent

je V(dui lu valus il valut nous valûmes vous valustes il valurent

Transformations et réductions analogiques. — ^ 1» Dans les passés forts, le type dui était le moins consistant. Des verbes ^qui auraient dû lui appartenir étaient du type faible correspondant : valui. L'assimilation se continua. Avoir, savoir, pouvoir hésitèrent entre les formes en et et les formes en oui. puis passèrent à oiit. Eûmes existe dès le XV "^ s.

2° Le type vi, veis assimila le type mis, mesis qui passa à nieis. Vi (passé fort) s'assimila à son tour à puni (faible).

30 Le type ars demeura, au moins partiellement, pendant tout le XIV'' et le XVe s. Puis il passa à son tour au type faible ardi, escrivi. Et il n'y eut plus de passés forts.

Dans la classe des passés faibles, le passé en iet : perdiet disparut de bonne heure, assimilé à punit. Il resta trois types, qui existent encore : je chantai, je puni{s), je valu{s).

Dans toutes les conjugaisons, des analogies de détail modifièrent les types qui se conservaient. Les f^es personnes du pluriel imes et âmes firent place à ismes et asmes, Vs s'y introduisant sous l'inlluence des deuxièmes personnes correspondantes.

Dans le type en i et en ui :

1) A la première personne, sous 1' nfluence des passés étymologiquement terminés en .s. .s se généralisa : j<- cheus, fus, sentis, vesiis, sens, vins (h. i.., I, 436).

'l"^ Le / de la '.V' personne avait réapparu au XIIP s.; il se développa au XIV^ : cheït, servit, perdit, sofrit. Cependant les anciennes formes ; chei demeurent encore les plus usuelles jusqu'au XV"^ s.

A la l'e conjugaison, on vit les formes en it s'introduire. Arestit, troiwii. encore rares au XIV^ s., deviennent communs au XV^ (jj. l., ii, 336).

En même temps, à la 3^ personne du pluriel, arent restait en concurrence avecfre/7/(ra devant r était extrêmement ouvert). L'analogie de la voyelle thématique eût dû faire maintenir a. Malgré cela aimarent disparut peu à peu, et aussi Iroiivit. Du temps de Heuri IV, c'était des fautes « gasconnes», objet de la moquerie des Parisiens. On disait dès lors comme aujourd'hui aima, aimèrent.

II. Un autre passé simple. — L'action passée s'exprimait en tout a. f. par un temps qui continuait le plus-que-parfait latin avec le sens d'un passé. On le trouve dans Eulalie : Bel avret cors (habuerat) = elle eut un beau corps. Cette forme se rencontre ailleurs encore. Mais elle disparut de bonne heure, et ne laissa aucune trace.

III. Formes composées. — Les formes du passé composé sont faites à l'aide des auxiliaires être et avoir au présent, accompagnés du participe passé : // est venuz, j'ai cunquis.

Celte forme composée se rencontre de très bonne heure, mais on ne peut pas dire qu'elle soit, dès les premiers textes, identique à ce qu'elle est devenue depuis. Il arrive encore a) que le sujet qui a fait l'action n'est pas le même que celui de l'auxiliaire. (3) que le temps est dans l'auxiliaire seul (1). Toutefois la fusion se fit de bonne heure, et, à la fin du Moyen-Age, la composition est faite. Elle tend à s'affirmer extérieurement de deux façons : 10 les éléments composants se rapprochent l'un de l'autre ; 2^ le participe, comme partie intégrante d'une forme verbale, s'accorde de moins en moins avec l'objet, de plus en plus nxec le sujet de l'auxiliaire qui fait corjis avec lui (cf. ]). 324).

Les auxiliaires (2). — Une certaine hésitation se manifeste dans la formation des passés composés de divers subjectifs, tels que tomber, partir. La langue populaire a une tendance à les former à l'aide de l'auxiliaire avoir, en réservant la forme en être pour un présent accompli, nous l'avons vu plus haut : la petite dame n'a pas descendu de fiacre (e. sue, Myst., i, 171): — j'ai parti de chez elle (j. lévv. Correct., 67) (3). Avec aller, on éprouve de grandes difficultés à maintenir la règle: j'ai été chez lui. je suis allé le voir. L'analogie tend à introduire partout j'ai été : J'ai été voir cette pièce-là (4).

(1) Au fond, un vers comme celui-ci : si out li enjes sa tendre charn mudede (AL, 116, l'enfant avait sa tendre chair changée) a encore son équivalent en fr. mod : il avait une jambe coupée, il eut sa fortune faite.

(2) Cf. p. 458 : Le présent parfait.

(3) Inversement : De rage je suis sauté sur mon fusil de citasse (scrib., L'tiéril.. se. 3).

(4) Je suis été est du français de caserne.

Les passés des pronominaux, réfléchis ou non, ont tendance à se former avec avoir dans la langue du peuple : tout cela a été brisé, puisque je nfen ai fait des castagnettes (scribe, V. garç., 9): Il faut bien, pour appliquer la règle courante de l'accord que nous avons critiquée plus haut, analyser : la jambe que je me suis cassée par: que je m'ai cassée. Mais cette invention, créée pour l'orthograi^he. ne doit pas rejaillir sur la langue (1).

RÉPÉTITION DE l'auxiliaire. — Jusqu'au XVI« siècle, on considérait qu'un seul auxiliaire sufTisait pour plusieurs formes composées, même si le second verbe ne se construisait pas avec le même auxiliaire que le premier.

La langue est devenue plus exigeante. On peut se contenter d'un seul auxiliaire, mais à condition que les divers verbes forment corps : Il a examiné, fouillé, retourné, disséqué cette proposition.

Ne pas tenir com]:)te des phrases imitées de l'ancienne syntaxe : des rrcherclies souvent compliquées qui. suivies en grand, l'auraient tenu /)ors de sa maison, éloigné d'elle et rompu ce permanent accord d'esprit (Michel.. A m.. Intr.).

Emploi du temps simple et du composé en a. f. — 11 ne peut être question d'examiner en détail l'emploi que la. f. faisait du temps simple et du temps composé. La distinction ne paraît pas avoir été très rigoureuse, ainsi que le prouve le mélange constant des formes : Vinc en Jérusalem por Vamistet de Deu. La croix et le sépulcre sui venuz acrer (pel., 154) ; — Blanccmdins ad tut premerains parled E dist al rei : Scdvez seiez de Deu (Roi., 122). Cependant, au fur et à mesure qu'on avançait, l'usage se délimitait un peu mieux, au moins en prose, et les grammairiens du XYI^ s. purent chercher à donner des règles (2).

L'âge classique. — Après eux. Oudin et ]\Iaupas ont à peu près déterminé l'emploi des deux temps (h. l., m, 582). Leurs successeurs (Port- Royal etChifïlet) ne feront guère qu'ajouter quelques observations de détail à la théorie générale du début du XVII'' s. La doctrine était la suivante:

1° On emploie le liasse simple ou le passé accompli, selon que l'action se place dans un temps du passé plus ou moins éloigné du présent. Le passé simple exprime un passé lointain : le passé composé exprime un passé plus proche du présent (3).

2° On emploie le passé composé, si l'action se place dans un temps qui dure encore : cette semaine, cette année, depuis l'ère chrétienne. Au contraire

(1 ) Cf. p. :}34.

(2) Ils n'étaient pas bien sûrs de les avoir trouvées. H. Estienne convenait « qu'il y avoit un secret caclié sous cest aoriste, quant à son nayf usage », dont lui-même « n'estoit point jusqu'à présent bien résolu » (Conf., 108).

(3) Henri Estienne distinguait déjà : fay parlé à liiy et luy ay fait responsede: je parlayàluiet luy fei response : la première forme marquant que l'action a été faite le jour même dont on parle, et la seconde que l'action a été faite auparavant, sans qu'on puisse juger combien de temps est passé depuis {Conf., 107 ; Hyp., 190 et suiv.).

le passé simple « infère lousjours un temps piéça passé, et si bien accompli ') qu'il n'en reste rien à passer. Aussi Maupas demande-t-il toujours une notation de temps pour que le passé simple soit possible : L'an mil cinq cens quatre-vingts et dix le Roy obtint victoire de ses ennemis; ■ — Nous partimes hier de Paris à neuf heures du matin. Le passé composé vient en usage, lorsque nous signifions bien une chose passée, mais non si éloignée que nous ne nommons point le temps quand elle est passée, ou bien, si nous le nommons, ce temps reste encore '< en flux » , il en reste cjuelque chose à passer; Ainsi : Le Roy a obtenu victoire de ses ennemis, pais leur a pardonné (293 et s.). En résumé, a)ciuand la période où se passe l'action n'est pas écoulée tout-à-fait, on emploie le passé composé. (B) Lorsqu'elle est écoulée, si ele se trouve déterminée, on emploie le passé simple ; si elle n'est pas déterminée, on peut employer indifféremment l'un ou l'autre passé : on peut écrire : au commencement que je m'appliquai ou que je me suis appliqué. Ces règles sont à peu près celles des grammairiens classiques. (1).

L'usage des écrivains les confirme, au moins sur le point essentiel. Le passé simple s'emploie pour une chose tout à fait passée, sans lien avec le présent et avec indication de tcni])s: Je m'en retourne demain à St-Germain prendre congé, ce queîe ne pus faire dernièrement (M\hyi.,Let.,4 août 1611).

On se conforme aussi à la théorie d'après laquelle le passé indéfini s'emploie pour exprimer une action qui n'est pas dans un passé totalement écoulé : j'y ai travaillé toute cette année.

Sur un autre point, les ilérogations sont très iu)ml)rcuses. Le passé simi)le éiait réputé être le temps du passé lointain. 11 Test en effet dans certains cas : N'est-ce pas cette même Agrippine Que mon père épousa jadis pour sa ruine ? (RAC, Rrif., .307) ; — Par les traits de Jéhu je vis percer le père ; Vous avez vu les fils massacrés par la mère (Id., Ath., 151). Mais les exemples contraires foisonnent : Comme il sonna la charge, il sonne la victoire (la font.. Fab., II. ix). Il y a des passés simples dans le récit de Théramène : Le flot qui l'apporta recule épouvanté (rac. Phèd.. 152 I), conmie il y en avait dans le récit de bataille de Rodrigue: Le flux 1rs apporta; le reflux les remporte (corn.. Cid. 131S). ()i- il s"agit là d'è\ èncnients (pii n'ont pas un jour de date.

En somme, même dans la langue classique, le i)assé c()mi)osé tend déjà visiblement à empiéter sur le simple. Chifflel formule même cpi'il « se peut dire de toute sorte de temps passé» {Gr., p. 101). Au XVlIL's.. le passé composé continua à gagner du terrain, malgré les efforts des théoriciens qui n'hésitaient pas à en reprendre 1' ' abus » jusque chez Bossuel.

(1) ALC. DE s'maur., Hrni., !).S, 102 ; begn. desmau., Ci-iini., :!.'>!; grimarest. Disc, sur la /. /., 255. Il est :\ remarquer que la Icrniinologie des théoriciens au X\"l'' et au X\'ll« s. nCst pas uniforme. Pour certains, le passé indéfini est noire passé simple, pour d'autres, notre passé composé. Pour H. l-:stienne. le passé simple est un passé indéfini et non limité. Do même pour les grammairiens de Port-Royal : « L'action indelerniinémenl faite, est exprimée par le passé simple, que pour cela on nomme indéfiny ou aoriste : comme j'écrivis, f allai/, je disnan (Gr. geii., p. 103). Quant au prétérit défini, il marque la chose précisément faite comme j'ay escrit, i'mj dit.

EIn langue moderne. — En langue moderne, les progrès du passé composé au détriment du passé simple ont été très grands. Le passé composé s"est introduit dans beaucoup des emplois où le passé simple était usité autrefois. Le passé simple est en train de devenir un temps exclusivement littéraire ; on ne l'emploie plus guère dans la conversation, sauf dans le Midi de la France (1).

Il faut distinguer ce])endant entre l'action isolée et le récit.

A) Actions isolées. — Pour l'expression d'un fait isolé, quel que soit le point où il se place dans le passé, on emploie exclusivement le passé composé, surtout cjuand on parle. La phrase de Montaigne : je vis hier une chose assez singulière se traduit aujourd'hui par : j'ai VU hier une chose assez singulière. Cf. le mal dont j'ai souffert s'est enfui comme un rêve (musset. Nuit d'Oct.) ; — dimanche soir en me couchant, j'ai eu un frisson de fièvre ; — la commission executive du parti a désigné M. X conww candidat. C'est pour obtenir des effets de cocasserie que les auteurs comiques emploient pour l'expression des faits isolés le passé simple, surtout à la l^e et à la 2e personne du pluriel : Pas une fois vous ne franchîtes le seuil de mon modeste logement.

Au contraire, le passé composé entre dans une phrase isolée. Il exprime:

10 une action -point : le trai?i est parti.

2° une action limitée : nous /'avons attendu deux ans.

30 une action illimitée : Les hommes ont toujours vécu en société.

B) Récits suivis. ■ — Les grammaires disent que là il faut considérer si la période du temps dont on parle dure encore ou non, et f{ue le passé simple n'est possible que si cette période est écoulée : le lundi de la Pentecôte de l'année 1861, à quatre heures du matin, le compagnon Limouset sortit de chez lui (l. FRAPiÉ, J/arc. Gay. ,Anth. des pros. f. duXIX<^ s., 485) (fig. 1); — Quoi qu'il en soit, lecteur, voilà ce qu'il advint à mon ami Mardoche, en l'an mil huit cent vingt (muss.. Mardochc) ; — l'orateur regrette l'équivoque qui sépara pour un temps les diplomaties en négociations, jusqa'cm jour où. la question fut nettement posée sur le terrain des compensations (Action. 12 déc. 1911) (fig. 2).

Sortie de Limous^

(1) La région du passé simple commence dans l'Ailier, la Creuse, la Vienne. Il se retrouve en Normandie. On ne peut pas faire la géographie de cet élément en se fondant sur les patois, car tel individu emploie le passé simple dans son patois, qui ne s'en sert jamais en français.

En gros, cette règle est exacte ; le passé simple ne peut être employé que pour les actions-points ou les actions limitées qui se placent dans un passé sans relation avec le présent.

Le passé simple est une forme de langue savante. Elle rend la succession d'actions tombées dans le passé, une fois qu'elles sont accomplies : La bar' rière de bois S 'ouvrit ; un homme rentra, âgé de quarante ans peut-être, mais qui semblait vieux de soixante, ridé, tortu. marchant à grcmds pas lents, alourdis par le poids de lourds sabots pleins de paille. Ses bras trop longs pendaient des deux côtés du corps. Quand il approcha de la ferme, un roquet jaune, attaché au pied d'un énorme poirier, à côté d'un baril qui lui servait de niche, remua la queue, puisse mita japper en signe de joie. L'homme cria : A bas ! Final ! Le chien se tut. Une paysanne sortit de la maison. Son corps osseux, large et plat, se dessinait sous un caraco de laine qui serrait la taille. Une jupe grise, trop courte, tombait jusqu'à la moitié des jambes, cachées en des bas bleus, et elle portait aussi des sabots pleins de paille. Un bonnet blanc, devenu jaune, couvrait quelques cheveux collés au crâne, et sa figure brune, maigre, laide, édentée, montrait cette physionomie sauvage et brute qu'ont souvent les faces de paysans. L'homme demanda : Comment qu'y va ? La femme répondit : M'sieu le Curé dit que c'est la fin. qu'il n'passera pas la nuit. Ils entrèrent tous deux d(uis la maison (M.\rp.\ss.. Cont. Chois., 230, dans RiDLER et berthonneau, Lect. et récit., 1 ■■"• an.. 168).

D'une façon plus générale, le passé simple Iraduil loule une série d'événements passés. Voilà pourquoi c'est le temps usité en histoire : La Révolution gâta lout. Elle écarta durement le voile gracieux qui couvrait la ruine publiijuc. Le voile arraché laissa voir le tonneau des Danaïdes. La monstrueuse affaire du Puy Paulin et de Fenestrange, ces millions jetés... par une femme insensée dans le giron d'une femme, cela dépassa de beaucoup tout ce qu'avait dit la satire (michel., Rév.. Introd., p. 112).

Mais il ne faut pas aller jusqu'à dire : en pareil cas l'action passée s'ex- Ijrime toujours par le passé simple ; cela serait faux. Même dans un récit, même quand il s'agit d'actions passées dans un temps écoulé, le passé composé tend nettement à prendre la ])lace du passé simple en langue usuelle, et il arrive fort bien qu'une série de passés composés soit substituée à la série des passés simples, pour peu qu'on imite la langue parlée. Voici un récit de paysans : Dans le pays des hommes allaient, frappant de porte en portr.'oLes uhlans! les uhlans! sauvez-vous !»'Vite, vite. on s'est levé, on a attelé la charrette, habillé les enfants à moitié endormis et l'on s'est sauvé par la traverse avec quelques voisins. Comme ils achevaient de monter la côte, le clocher a sonné trois heures. Ils se sont retournés une dernière fois (.\. daud., Cont.. Les pays, à Paris.

Il ne faudrait pas toutefois commetlre l'erreur de croire que seule la langue littéraire soignée use encore du passé simple. Il figure dans le ])lus i)anal des échos ou des faits-divers : Une pierre de taille tomba. L'énorme massr vint s'abattre sur le sot : on organisa immédi(denient des secours ; on

transporta les blessés dans une pharmacie voisine, d'où on les conduisit à l'Hôpital Broussais. Au reste le récit peut continuer au temps composé : r interne de service a donné les premiers soins, il a heureusement constaté peu de blessures graves.

Pourquoi cette décadence ? Laideur phonétique ? nullement. Comparez les âmes à lésâmes, prîtes à frites, assîmes à cimes, etc. Le passé fait même joli effet dans certains vers : l'église où nous entrâmes. Est-ce qu'on ne sait plus conjuguer ce temps des verbes ? Assurément beaucoup de Français seraient fort embarrassés de mettre au passé simple, luire, coudre ou extraire. Mais les passés de la l^e conjugaison sont bien connus, et ce sont eux qui forment la masse. 11 y a là un fait d'ordre général, qui est commun à plusieurs langues, et qui est dû au développement de l'esprit d'analyse (1).

(1) Cf. MEri.LET, Sur lu (lifipiiridoii des (ormes simples du préléril (Exlr. de Germ. Roman, Monatschr.).

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