LES PENSEES ET LES CROYANCES
pas connaissance ; les deux parties de la phrase gardent une certaine indépendance ; 2° Je ne savais pas qu'il m 'écoutât.
Après une interrogative. — Quand le veriîe de la principale est interrogatif. le verbe de la dépendante peut être au subjonctif ou à l'indicatif: Vous apercevez-vous que cela vous fait maigrir ? ou que cela vous fasse maigrir ? Le,jeilS-LcLiuo.a.4ilus n'est pas le même : Vous fait maigrir indique un fait réel. On demande à la personne interrogée si elle s'aperçoit de ce fait. Avec vous fasse maigrir, on ne se prononce point en faveur de l'existence du fait, au contraire on questionne sur la constatation qui a pu être faite de son existence. L'intonation diffère du reste d'une phrase à l'autre.
On croit. — L'a. f. et le m. f. exprimaient très délicatement une différence dans les croyances. La croyance en un fait faux se marquait par le subjonctif: Quidei li reis qu'ele se seit pasmee (Roi., 3724. L'idée est fausse, la jeune fille était non point évanouie, mais morte) ; — Nos quidcunes que ce fust une fee (Auc, 6, 30. Ce n'était pas une fée, mais une dame) ; — vous croirez que je sois couchée el endormie, et ie serai) a escouter (lar.. Le Fid.. ii. 7, A. th. fr., VI, 354-5 ; h. l., i. 250; ii, 445).
Au XVIIe s.,Oudin donne encore comme règle que les verbes croire, penser... etc.. " lorsqu'ils tendent entièrement à la certitude, ils doivent attirer après soy les temps indicatifs, par exemple, si je croy unechose avec asseurance, je suis obligé de dire : je croy que cela est ; autrement si ma croyance est douteuse, il faut que je dise : je croy que cela soit » (Gr., 195 ; cf. ib., 1632, 192 ; h. l.. m, 566).
Les exemples se rencontrent très communément en langue classique : Vous croyez qu'un cunant vienne vous insulter? (kac, Andr., 403); — Vous pensez qu'approuvant vos desseins odieux.. Je vous laisse immoler votre plie à mes yeux? Que ma foi. nwn (unour. mon honneur y consente ? (Id., Iph., 1343) (1).
I>c f. m. a perdu cette facilité. Ajjrès croire, l'indicatif est constant, même s'il s'agit d'une croyance fausse : Je croyais que vous étiez obligé à cela par votre contrat (2).
(1 ) Il y a des cas où l'application de la règle d'Oudin devient dilTicile : Quoique mon sentiment doive respect au vôtre, La plus belle des deux, je crois que ce soit l'autre (corn.. Ment.. 205).
(2) Il n'est naturellement pas question des phrases négatives ou interrogatives : Je ne croyais pas qu'il fût là ; — Croyez-vous qu'on puisse réussir ?