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LES PENSEES ET LES CROYANCES

On sait. — Toute une série d'expressions Iratluisent l'idée de savoir : je sais, j'ai appris, reconnu, découvert, j'ai vu. entendu, senti. Les subordonnées qui suivent contiennent soit une certitude, soit une possiiiilité, une incertitude, un doute, une improbabilité : je sais, j'ai appris (/ue la maladie était grave, qu'elle serait sans doute devenue mortelle ; — j'ai compris que j 'aurais peut-être des chances de succès.

Remarque. — On a tout à fait la même syntaxe si la proposition coniplétive,au lieu de dépendre d'un verbe, dépend d'un substantif ou d'un adjectif de même signification, assurance, avis, conviction, persuasion, preuve; — instruit, persuadé, sûr : la preuve qu'il est complice, c'est que...

Bien entendu, aussitôt que de façon quelconque à l'idée de scwoir se joint l'expression d'un sentiment, la syntaxe peut changer : .J'ai; impatience de sçavoir qu'il soit arrivé ci bon port (bai.z.. i. ;)(52 ; cf. ii. i... m. 'A)')). T. "idée d'impatience domine la phrase (1).

On ne sait pas. — Quand l'idée est ([uon ne sait pas. le verbe devrait se mettre au subjonctif ; on trouve en efïel ce mode: Aca.ste ne peut pas sçavoir que sa Mistresse Soit ailleurs qu'à Lyon (d'ouv., Coif. (i la m.. 23) ; — je ne puis jamais comprendre conune vous estimant... je puisse... vous laisser sept ou huit niais sans vous dire un mot (skv.. Lett., mi).

Il suffit d'une négation implicite : Bien peu de personnes savaient qu'il existât encore un rejeton de cette race amoindrie (gaut.. Frac. i. 29. I/idée est qu'il n'y a pas beaucoup de monde au courant).

Toutefois Malherbe blâme l'emploi du subjonctif dans deux phrases de Desportes : Ne sait qu'il doive faire (Comm. s. Desp., Imit. de l'Arioste, IV, 408) ; Et ne sauroit penser Comme il puisse des yeux tant de larmes verser (Id., Ibid).

C'était un latinisme que la langue moderne a abandonné (h. l., ii, 445), Aujourd'hui on choisit suivant le sens. Nous distinguons : !« j£__ne^savais pas qu'il m'écoutait (il semble qu'il s'agisse là d'un fait dont on n'avait

(1) De même dans les vers suivants : Gardez-vous de prétendre Que de tant d'ennemis vous puissiez nous défendre (rac, Mithr., 1679). C'est le commandement contenu dans Gardez-vous qui influe.

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