CHAPITRE V LES APPARENCES
Les l'éputations. — La langue a une forme ])our contester un fait et le rapporter à la fois ; Les inslructions que Jésus est censé avoir données à ses disciples respirent la même exaltation (ren., Jés., xix) ; — Ça sera censé tes petites économies (a. daud., Jack, 357) (1).
On comparera : // a la réputation de. il passe pour.
Les apparences. — Il y a lieu de remarquer d'abord que le verbe apparaître, bien que formé de paraître, na pas le sens de : avoir l'apparence, mais de : se présenter à l'esprit comme vrai : — Il m'apparaît que vous êtes là (mol., Mar. forcé, 2) (2).
Les nuances peuvent être assez diverses. Ou bien l'apiiarcnce correspond vraiment à une réalité : H me semble que votre amie a raison. Ou bien, ce n'est qu'une fausse apparence : Je soufjr^ tellement qu'W me semble que j'ai reçu un coup de massue sur la tête. Ces différences ne se traduisent pas toujours dans le choix des modes, comme on le voit par , 'exemple. .î
Il semble. — Bouhours a déclaré que la locution il semble gouvernait e sul).ionctif (Suit.. 413) ; de même Andry de Boisregard veut qu'on dise : Il semble que tout soit fait pour me nuire {Réft., 651).
Mais le père Bouliours lui-même n'observe pas strictement celle règle ; ■et les écrivains classiques usent tantôt de l'indicatif, tantôt du subjonctif, selon que l'idée qu'ils veulent exprimer est plus ou moins douteuse (h. l., III, 569). Dans notre langue moderne, on trouve les deux modes, sans cjue les nuances de sens semblent toujours correspondre à ces différences : Il semble qu'au prix de quelques inconvénients on obtient au moins cet avcmtage (s^^ beuve, Port, cont., i. 143-144) ; — Et. du fond de la chambre, il semble, f/i /e.s entendant, qu'on voit passer les belles ondes sonores qui coulent dans l'air léger (R. rolland, J. Christ., l'Aube) (3).
Voici au contraire le subjonctif : Il semble qu'il y ait dans le Languedoc une furie infernale amenée autrefois par les inquisiteurs à la suite de Simon
(1) Cf. à la Caractérisalion : son prétendit cousin, un soi-di.tanl professeur.
(2) Par suite, le verbe appa/rtftre entraîne' apris lui l'indicatif. Il en était dp même autrefois du verbe apparoir, qui a cessé d'être employé à la fin du XVII" s., et dont le larigag<^ des Iribunaux n'a garde:' que l'infinitif et la forme il apport : De ce qui précMe, Il appert Qxe r accusé a commis le crime.
(3) Se défier des cxomples où entre c'est, formule toute faite : Elle (votre pensée) se mêle aux personnages ; 11 sembl* que c'est vous qui palpitez sous leurs costumes (plaub,, B»v., 91).