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CHAPITRE VIII L'INDIFFÉRENCE, LE DÉDAIN, LE REFUS

On dédaigne, on méprise, on est au-dessus de çà, on ne se soucie pas (2), on se moque de. Il est rare qu'on se serve derrière ces expressions de subordonnées introduites par que, on dit dédaigner de faire. Cf. cependant : je me moque qu'il soit ou non content.

La langue avait autrefois des impersonnels : il ne me chaut pas. Aujourd'hui, elle use surtout de peu importe, n'importe. On dit aussi : il m'est indifférent, égal : Il m'est indifférent qu'elle vienne ou ne vienne pas se fixer ici ; — j)eu m'importe que son opinion soit favorable ou non. INIais nous ne dirions plus avec Montesquieu : // ne lui importait quelles mœurs eussent ces peuples (Espr., x, 11. L.). Les phrases (léconijjosées jouent ici un très grand rôle, de je m'en moque, je n'en ai cure, ou à : qu'est-ce que ça me fait ?

Le refus plus ou moins indigné (3) se traduit par: je refuse, je me refuse, je ne veux pas, je n'accepte pas, etc. On fait suivre ces verbes du subjonctif : Je me refuse à ce qu'on se serve de mon nom pour une telle campagne. L'idée étant négative, l'emploi de ce mode est justifié déjà, même s'il s'agit d'une décision où n'entre aucun sentiment.

L'indignation qui se mêle à un refus a pour effet de rendre les phrases elliptiques tout particulièrement abondantes. Ce sont :

1» Des infinitifs avec noms ou nominaux sujets: .I/o;' .' partir .s(//î.s l'avoir vue ! — Mon père... augmenter ses locataires ! (laiî.. 1\ Ois., i, 1 ).

2° Des conjonctionnelles précédées d'un que : Moi, que je me soumette à de pareilles conditions !

3° Des éventuelles : Et je me chargerois de le défendre ? (r.\c., Pbéd., 1213). Cf. Les formules : Je voudrais bien voir çà ! — Je voudrois bien le voir vraiment que vous fussiez amoureux de moi (moi.., G. Dand., i. (i) ; — Ah ! ah ! écouter monsieur ! il ne manquerait plus que cela! (ai(... a. de M. Poir., I, A).

(I ) l£.\clamations : Bon ! X'imporle ! ça ne fait rien I ça ne vaut pas la peine, le coup I Le peuple dit : ou pire encore. .Je m'en fiche ; Je m'en bats l'œil. Cela m'indiffère e.st un néologisme usuel, mais barbare.

(2) On remarquera le sens de : Je ne me soucie pas de ravoir à ma chonje. qui, dans la langue courante équivaut à : je n'ai pus envie. C'est un vrai contresens.

(3) Exclamations : .Jamais ! Pliilôl mourir ! Il y a d'autres mois — certains sont très orduriers — dont on a fait à l'occasion un usage épique. Ils doivent être réservés aux héros ou aux {Cens mal élevés. Zut ! paraissait aussi fort libre, il y a seulement trente ans.

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