CHAPITRE X LA COLÈRE, LE DÉGOÛT, LA HONTE il
Les moyens d'expression sont les mêmes que dans le regret. On rage, on se fait de la bile, on est en colère, en fureur, irrité, révolté ; cela vous indispose, vous exaspère... que.
•> Le mode de l'objet-action est le subjonctif : Je suis furieux ^a'il ait signé sans me consulter.
Pour marquer le dégoût, la honte (2), on se sert de : J'ai honte, il est honi&iix. c'est dégoûtant, ignoble, répugnant : C'est dégoûtant qu'une femme dans ces conditions ait une pension de veuve. Nous verrons à la Caractérisation qu'on force souvent l'expi'ession.
- L'aclion-ohjet est au subjonctif ; on trouvait autrefois l'indicatif : — ce m'est une honte sensible qu'à mes yeux.... il a recherché une autre que moi (mol., Princ. d'Él., v, 2).
En somme, comijie partout, le sul)jonctif s'est imposé au verbe qui exprime l'objet-action après les verbes de sentiment. Et il ne faut pas voir là un fait de l'autorité ou une extension mécanique. Il semble que de plus en plus, par une sorte d'unification, quand la phrase se construit en subordination. l'oi)jet qui exprime en fait la cause et l'origine du sentiment s'ineori)ore de façon plus intime à l'ensemble. La construction devient de plus en plus synthétique, pendant que, grâce aux phrases décomposées, on peut isoler d'une pari le tait, de l'aulre le sentiment qu'il produit et qu'on en éprouve.
(1) Les exclamations diverses abondenL classiques et modernes: Coquin! Carogne ! Canaille ! Salaud ! Il faut se garder de donner aux mots qui les expriment un sens précis. De même pour les imprécations. Anciennement : mar ! à la mulbeure ! lu peste Vélouffe ! mal le puisse advenir ! — Le diable SOit de toi de m'uooir éucillé trop tôt ! (Muss., Une nuit, de D. Juan) ; — La peste soitrfe rcndnrniie ! (Id.. Cliand., i. 1).
Aujourd"luii : Le diable t'emporte ! C'est trop fort ! Va te faire fiche !
(2) Exclamations : Fi ! pouah ! Oh !
SEC nON V : LES \'OLONTÉS