LES ADVERBES. ORIGINE ET FORMATIOX
Adverbes en émen^t. — Il n'y a aucune raison morphologique pour qu' aveugle donne aveuglément. On peut admettre que cela vient du grand nombre des adverbes en ément, tirés d'adjectifs en é, qui auraient exercé une action analogique dès avant le XVI^ s. Il est bien difficile toutefois de rien affirmer. L'accent aigu n'était pas encore usité dans l'écriture. Dès lorï, nous ne pouvons pas chercher des témoignages tirés des textes. D'après ceux des théoriciens, c'est au début du XVII« s. que la question s'est définitivement résolue (n. l.. m. 346).
Autres dérogations a la règle générale. — Pourquoi hardiment et non hardiement ? Puisque hardi fait hardie, l'adverbe devrait présenter Ye,
Il faut voir dans ce fait l'application d'une loi phonétique générale. Quand Va du féminin a cessé d'êti-e entendu, la voyelle s'est allongée, ainsi que nous l'avons explicfué. Donc au lieu de dire hardi(e), on a dit hardi, un homme hardi, une femme hardi.
Mais, sitôt qu'on ajoute une syllabe, men^ par exemple, l'accent se déplace, rallongement qui marquait encore le féminin, disparaît : d'où hardimenL Dès lors, rien d'étonnant que. dans certains cas, l'orthographe ait s-uivi prononciation.