ACCORD DES PARTICIPES DES VERBES SUIVIS D'UX ATTRIBUT D'OBJET
Lorsque dans ces constructions, le verbe principal est à un tem])s composé, son participe doit-il s'accorder avec le complément d'objet suivi d"un attribut ? Ni Malherbe, ni Yaugelas ne l'admettaient. Le commerce l'a rendu puissante était comme il fallait dire. On se rappelle la célèbre phrase de Bossuol : Combien de fois a-t-elle remercié Dieu humblement de deux grandes grâces : l'une de l'avoir fait chrétienne, l'autre de r(woir fait reine malheureuse {Henr. d'Anglet.; H. L.. III. G04). A l'Académie, en 1G98. on n'avait pas encore tranché si fait devait s'accorder avec la représentant la Reine. Enfin, au XVIIIe s., on se décida pour l'accord du participe, sauf dans : // Fa échappé belle.
On n'a cependant pas été juscfu'à imposer l'accord dans : elle n'est pas aussi malheureuse que je l'avais cru. On a décidé que le représente ici cela : que j'avais cru cela (?).
Influence de l'ordre des mots sur l'accord de l'attribut. — De|)uis l'époque moderne, il y a une tendance toute naturelle à rapprocher l'attribut du verbe pour en faire une sorte de locution. Mais cette tendance n'a prévalu qu'exceptionnellement et l'usage est d'intercaler l'objet : je trouve ces raisins bons.
En vertu de la tendance signalée ci-dessus, on a accej)té au XVII<^ s., de considérer comme une locution faite : trouver mauvais (mén., O., ii, 372, et BouiiouR.s. Rem., 220). Puis, à cause de la difficulté des régies de l'accord, cm a abouti à déconseiller l'expression, qui « avait quelque chose de dur > .
Il eût été en effet difficile, malgré Bouliours, de corriger la phrase de Balzac : // ne doit point trouver mauvaise une si juste et si honneste curiosité que la leur. Quant à l'exemple : je trouve bon la charité que vous avez de me reprendre, on s'explique qu'il n'ait pas été beaucoup imité.