CHAPITRE III MOYENS DE VARIER LES DEGRÉS
Moyens intrinsèques. — Nous avons noté plus haut, en parlant de la mesure, que des actions sont exprimées par des mots qui indiquent que leur développement est ou n'est pas complet : entr'onvrir. Nous n'y reviendrons pas (1).
Choix des mots. — On peut encore considérer comme intrinsèque l'expression du degré, quand elle se trouve réalisée par le choix même du mot qui caractérise : une œuvre passable, une œuvre excellente.
Caractéristiques absolues. — Un assez grand nombre d'adjectifs et d'expressions adjectives expriment par elles-mêmes un haut degré. La perfection est marquée par des mots tels que parfait, accompli, consommé, fieffé, mailre passé : Un employé est parfait ; — une femme est une maîtresse de maison accomplie.
Cilous encore suprême, extrême : le pouvoir suprême ; — La garde, espoir suprême d suprême pensée ! (v. h., Chût., Exp.) ; — Des extrêmes périls l'ordinaire sigiud (n.\c.. Bajazet. 240); — on ij maintenait avec une extrême rigueur les mœurs de l'aneien régime (a. khanc. Mann., 9).
Variations ailleurs que dans les adjectifs et les adverbes. — Naturelicnu'iil. les diverses caractéristiques se prêtent inégalement à être modiliées en degré. Les adjectifs, les participes, les adverbes, tous les éléments de langage dont la fonction ]:)ropre est d'être des caractéristiques, s'accr)inui()deiil sans peine des variations quanlilalives : un enfant très
sage, très remuant, très éveillé ; une étude très en surface.
Les noms s"y préleut uioins |)ien. mais il serait faux de dire qu'ils ne s'y l)rêleul ])as. Ou Irouxe de nombreux exemi)]es d'expressions telles que : elle est très artiste, cette statue est un peu pompier; — On l'y .sentait pourtant d'une coquetterie naturelle et fine, très femme (zola, D^ Pascal, 28) ; — il n'existe ]uts pour moi d'autres noms qui conviennent mieux, qui soient plus chat que ces adorables : Mimi et Moumoutte (loti, Pitié, 53).
Les formes com])osées comme bon enfant sont elles-mêmes capables de degrés : très bon enfant ; assez bon garçon, un peu collet- monté (2).
Les locutions verbales souL à cause de leur forme même, dans un cas
(1) On poiinail en lappiochor ce fait qui-, dans la langue savanlo, il existe des mots qui indiquent qu'un élénienl ne se Irouvedansle corps qu'en proportion réduite : de l'acide bypochhreiir. La nonienclalure use aussi de certains sudixes. Ainsi ilc. contrairement h nie. marque faible quantité d'oxygène dans .siil/ilf (Cf. riiiijinsiil flte et le M;//ate).
(2i On a dit : être très homme de bien, très gentilhomme.