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CHAPITRE II ADDITIONS

L'accompagnement. — L'idée d'accompagnement, de réunion, peut être enclose dans les mots eux-mêmes : cohabitation, cohabiter, confrérie, CO'lisiier.

Complément. — Cette idée peut être aussi exprimée par des compléments : 7/ montrait avec une délicatesse native, un tact exquis, que lui avait donné l'éducation maternelle.

Ligatures. — En a. f. on employait: a. o. atout, avuec, ensemble : passa la mer k son seigneur ; — joll'sivrai od mil de mes fedeilz (RoL, 84) ; — le Roy... chevauchoit h tout /es deux cens chevaulx grisons et gens tel: comme ouy compter (jeh. de par.. 35) : — Ensemble eulx, commença rire maistre Jcmotus (rab.. Garg.. xx) (1).

Avec. — C'est avec qui est aujourd'hui la préposition la plus commune. Il est avec des amis ; — Il veut avec leur sœur ensevelir leur nom (rac, Phèd., 108).

A et avec ont été longtemps en concurrence derrière certains verbes ; ils le sont encore : assembler à, joindre à, attacher à, ou bien avec ?

Marier à et marier avec, unir à et unir avec se rencontrent également en langue moderne (h. l.. m. 638).

Deux choses énoncées s'ajoutent. — La copule essentielle est celle de l'addition : et. Nous eu avons parlé à l'Addition (2). Mais, depuis les origines de la langue, et partage son emploi de copule avec ni.

Dans les systèmes et les phrases comme dans les propositions, ni a été longtemps employé chaque fois que l'idée, pour une cause quelconque, paraissait être négative (Cf. p. 126). Il y a dans son développement quelque chose d'analogue au développement du ne modal. Par exemple Montaigne disait : Ce serait une grande simplesse a qui se laisseroit amuser ni aux visages ni cnix paroles. L'idée est qu'il ne faut pas avoir cette simplesse. d'où ni. De même après une question : Dites moij où nV/î quel pais Est Flora, la belle Romaine. Étant morte, Flora n'est nulle part.

(1) Atout et ensemblemenl ont duré conimo «(herbes jusqu'au XVIP

(2) Voir p. 125 et s.

714 RELATIONS XON LOGIQUES

D'autre part ni liait une proposition négative à une positive. C'est impossible aujourd'hui.

Il ne sert plus guère de lien non plus entre propositions négatives : Jamais il n'est venu ni n'a demandé à me voir. Cependant cet usage était très classique : Je me prête aux clwses, mais je ne m'y attache pas, ni ne cherche point les occasions de perdre le temps (malh., ii, 493) ; — Jamais son visage ne s'est paré de plus vives couleurs, ni ses yeux ne se sont armés de traits plus vifs (mol.. Pr. d'ÉL, m, 2 : h. l., m, 654). On dit de préférence aujourd'hui : // ne le sait pas et ne le saura jamais.

Autres copules : Encore, en plus, en oi'tre, par surcroît. — Pour ajouter, on se sert d'autres expressions, d'adverbes tels que encore : Je dois encore vous avouer : — celle-ci s'était mariée sur le tard avec Pierron, un veuf encore, qui avait une gcmiine de huit ans (zola, Germ., 110). Cl'. par surcroît, en plus, // était borgne ; — en outre /7 a réussi à passer son examen.

Compléments d'addition. — Outre, en plus de, en dehors de. — Ces prépositions et hxutions prépositives servent à construire les compléments : Outre les provisions plus que suffiscmtes, et les cinq cents écus par jour qu'il recevait de la munificence Ottomane, il tirait encore de l'argent de la France (volt.. Charl. XII, i, 5).

Proposition d'addition. — Outre que. — Il est encore très en usage: Outre qu'/7 (/ compromis son avenir, il m'a ôté toute confiance en lui: -— Outre que ./> n'aime pas à être ridicule, ne fût-ce que devant moi-même, je sens que je suis mcd ci l'aise dcms les voies obliques (feuill.. Morte, 63).

.Ioint que. — On s'en servait autrelois. Il est encore chez Rossiiel : Joint qu'r.s7o/î/ une fois enfoncée, elle ne sçait plus se ndtier (Ilist. Univ.. 509) ; — Xous disons aujourd'hui : ajoutez que.

Avec cela que. — Le i)euple s'en sert beaucoup. V. Hugo l'a déjà observé : Avec cela que monseigneur a l'habitude de toujours dire d'entrer (Mis., Faut., Il) ; ■ — Ah ! mon Dieu ! dit une vieille dans l'auditoire, avec cela qu'z/ y a eu une considérable pestilence l'an passé, et qu'on dit que les Anglais vont débarquer en compagnie (i Ilarfieur (N. D., i. 185).

Sans compter, sans compter que sont très corrects : Avec sa pâleur et ses grands yeux noirs, je ne puis dire combien cela frappait ; sans compter que de temps en temps... il était clair qu'elle avait souffert (mvss., Conf., lii» p.. ch. v) ; — sans compter que ma femme est malade (lab.. Pet. ois., i. 3).

Le peuple dit : sans parler que.

Il arrive qu'on peut se servir d'expressions telles que à la fois, en même

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