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CHAPITRE IV FORMATION DE NOMS NOUVEAUX. LA COMPOSITION

Onomatopées. — On procède quelquefois par uu essai pour imiter

leji^ait de rol3Jct~à-aoLmmiuv: un teuf-teuf ; le tic-lac de la mitrailleuse, de

l'horloge ; le glouglou de la bouteille ; le frou-frou de la soie ; faire un pouf (1).

Composés. — Malgré une erreur courante, les composés sont très nom-

!)reux en français. IiiJimit-tm4oiu-^fûrJiiés..daai-iats- (-2), 4ê^s^-4vns4

-^:a4tJ-Jes régies svntaxlc;ucs urdiiiaires : aide de camp, Conseil d'État, ce sont des juxtaposés; les autres joints avec ellipse: timbrc-qiiittance (timbre à mettre sur les quittances).

La condition nécessaire et suffisante pour qu'il y ait composition, c'est que le groupe représente une idée unique. Elle ne se réalise la plupart du temps que progressivement.jPQ/n/7»e de terre, qui, avant de désigner le tubercule ainsi nommé, existait déjà, appliqué au topinambour, est un composé pour tout Français. État-civil l'est-il au même point? On ne saurait l'affirmer.

JÎ04rH»-4'a4HH«4s-ti"a4ton, sans aucun doute. Elle vient d'établir dans les régions où on s'est battu des ])ureaux de l' État-civil militaire, ce qui serait ])urement absurde si étcU civil ne signifiait pas l'ensemble des actes concernant les militaires décédés ou disparus. La femme du peuple ([ui achète un hois-de ul-de^/Mr ne décompose plus : le bois de lit pour elle, c'est la carcasse du lit, le châlit

Mais précisément comment déterminer quels sont les composés uniformément indécomposables pour tous ? Avec certains, point de doute, ils sont

--a-ftcieûs-i fer à cheval, pierre de touche, chevaLde frise, maréchal des logis, pot de vin. CheminjleJer^hisA'é.cGrit , peut hafdirhcht être compté dans le nombre. Quand on a cjiangé kijaatière des rails, il n'est venu à personne l'idée de défaire le mot et de dire : chemin d'acier ; aussi dit-on : voyager en chemin de fer. prendre le chemin de fer. De même femme de ménage, homme de peine, bateau à vapeur, juge de paix, hôtel de ville, corps de garde. Mais une foule d'autres ne présentent une idée unique qu'à un groupe de Français plus ou moins restreint, tel gardien de la paix, composé pour les Parisiens, non pour les Lyonnais, qui disent garde urbain : blanc de zinc familier aux enduiseurs,

(1) On peut rapprocher les fonnatioiis enfantines : oua oiia (chien), lonlon, nounou. Ces derniers sont en réahté des imitations imparfaites des mots ^ éritaLIes, oncle, nourrice.

(2) .Jamais le français ne compose de thèmes, comme le faisait le latin, où on n'ajoutait pas sUva (la forêt) à colère (habiter), mais où on joignait deux éléments n'ayant point de vie indépendante. A l'élément silr suivi d'une voyelle thématique ;', se joignait l'autre élément col (de colère), et un suffixe a donnait à l'ensemble : silvicol-a, à la fois son existence et son carfctére : hubilnnt des forêts (cf. agricola).

architectes, entrepreneurs de peinture, mais que les parlementaires ont probablement décomposé, quand il s'est agi de discuter la substitution obligatoire du blanc de zinc au blanc de cériise. Dans le monde aisé, robe de chambre, robe d'intérieur, coin de feu, sont des noms de vêtements ; à un autre degré de l'échelle sociale où il n'en est pas fait usage, on les interprète encore par leurs éléments (1). Et ainsi l'existence d'un assez grand nombre de composés, très réelle, est limitée ethnographiquement et socialement.

Les signes extérieurs et internes de la composition. — Pour reconnaître la composition, un seul signe extérieur a une valeur réelle, c'est la fusion des éléments : plafond, piédestal, gendarme, verjus, licou, vinaigre. On voit afficher du vinaigre de bois, d'alcool, opposé au vinaigre de vin.

Les autres signes orthographiques ne sont pas distinctifs.Le trait d'union n'a pas été bien utilisé, il ne pouvait guère l'être, sous peine d'une revision perpétuelle de l'orthographe ; arc-en-ciel, char-à-bancs, rez-dc-chaussce l'ont, corps de garde, machine à battre ne l'ont pas. Il ne faut rien déduire de son absence.

Les vrais signes doivent être cherchés ailleurs. C'est dabord i^4?sCTîcédc i^actietedevant le mot en dépendance. Quand il manque, c'est déjà qu'on est en présence d'une expression où le second terme fait corps avec le premier : cheval de trait, chemin de ronde (2). Néanmoins il y a des juxtaposés avec article, tel que celui dont nous parlions plus haut : gardien de la paix. Le mieux est d'essayer de qualifier, par exemple d'ajouter à chien de chasse un adjectif : un chien de chasse excellent. Si l'épithète s'applique à l'ensemble et ne peut s'appliquer qu'à lui, la composition est faite : un tas de bois peut recevoir une épithète appliquée à bois, un tas de bois pourri, un tas de vieux bois (3). Si au contraire je considère la phrase : monter sur les chevaux de bois, il est visible (juc toute épithète va s'appliquer à l'ensemble : des chevaux de bois très modernes, mus à l'électricité. Il en est de même avec des juxtaposés d'un autre type, tel que : libre penseur, bonne année, grand monde.

On trouve cependant des adjectifs rapportés à un des termes : V. Hugo a dit : Qui sait si l'homme n'est pas un repris de juslice divine (mis., L'idylle, vu. I).

(1) Comparez ce qui nous arrixe en présence des noms composés étrangers : hnr.dschiih. le gant ; nous commençons par décomposer : soulier de la main.

(2) BufTier donnait déjA une théorie générale très intéressante : Tarlicle indéfini, dit-il, (c.-àd. de) se niit devant les noms régis par un aulre nom substantif, duquel ils marquent l'espèce, le caractère, la cause, la matière, la qualité, la nature, le pays : comme gcn.<i de mérite... proci's (le conséquence... maladie de langueur... chenaux de Barbarie... l'esprit de parti est de cabaler... parti est pris ici pour caractériser une sorte d'e.s;)/j7 .-mais si le second nom n'est pas mis pour caractériser le premier, et qu'au contraire le premier soit pour marquer une partie, une production, une propriété, une dépendance, un éfet du second ; alors on mettra l'article défini avant le second : ainsi on dira le toit de la maison, une faute de V Imprimeur... au lieu que si le deuxième nom était mis pour caractériser le premier, on dirait : un toit de maison, une faute d' Imprimeur (Grcun., 3.35).

(3) Renouveler l'expérience avec esprit de vin, raz de marée, ver de terre, terre de fer, cour d'appel.

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