‹ La pensée et la langueChapitre 468 sur 587 · CHAPITRE V SUBSTITUTION DES TEMPS ABSOLUS AUX TEMPS RELATIFS · texte numérisé non relu

CHAPITRE V SUBSTITUTION DES TEMPS ABSOLUS AUX TEMPS RELATIFS

Passé simple substitué à ^xa second passé. — La langue classique se contentait souvent d'un passé simple au lieu du plus-que-parfait. Ce passé, marquant un temps lointain, suffisait pour reculer l'action. On peut citer en exemple le vers célèbre de Boileau : ces lapins Sentoient encor le clwii dont ils furent nourris (1).

Passé composé substitué à un futur antérieur. — Il arrive aussi fort souvent qu'on renonce à uiar(|uer spécialement qu'une action antérieure à une action future est elle-même placée dans l'avenir.

Molière écrivait : J'ai des raisons à faire approuver nja conduite. Et Je connoîtrai bien si vous l'aurez instruite (F. Sav.,639). Comparez : l'on dira que votre femme aura été cause de cet accident (t.a font., Psyché, 1. ii).

Cette syntaxe est impérativement réclamée par Andry de Boisregard (Suite des Remarques, 374-378). Il blâme la phrase : Il est certain qu'au jour du Jugement, on ne nous demandera pas ce que nous avons lu, mais ce que nous avons fait. Il faut : aurons lu, aurons fait.

On trouve fréquemment de nos jours des exemples où ou a abandonné l'usage d'une chronologie relative. On dira fort bien encore : j'ai marqué ce que vous avez dépensé hier, et je verrai demain ce que vous aurez dépensé auj'ourd'hui.Tou[i'\(n^. quand il n'y a j^as d'opjjosition de ce genre, on ne se ])ique plus de la même exactitude, on dit simplemenl : vous me jerez votre compte, et je verrai ce que VOUS avez dépensé [2) ; — Demain... il paraîtrait (i la table d'hôte, et il prendrait son repas s(ms s apercevoir qu'il n'est pas seul à table (noisi,., Iles Horr., 10). Ici un présent est associé dans la phrase-objet cà des futurs dans le jjassé.

(1) (;f. On se rappelait que, du riutins, les conaiiiidieiirs qui les ont précédés avaient SU mourir (Journal de Perlel, 12 Thermidor an ii, Aii..\nn, o. c, i, 1).

(2) l-;xcmpl('s conlraircs : Si le malheur vvul i/ue l'nus mouriez le premier, Monsieur, ce sera à vous (/'avoir pris les disposilions que nous aurez cru devoir prendre (a. humas, Quest. d'unj., iv. 7) ; — /(( auras beau dire qu'il n'y aura rien de changé (i-aved., Nouu. .Jeu, 102).

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