‹ La pensée et la langueChapitre 484 sur 587 · ADAPTATION DE LOCUTIONS · texte numérisé non relu

ADAPTATION DE LOCUTIONS

élevée ; — Les étrangers présents à la séance étaient muets d'étonné me ni ; I>our la première fois, ils avaient vu la France, toute sa richesse de cœur (MICHEL., Rév.. I. 330).

Les coordonnées peuvent être naturellement reliées par des conjonctions: sfs souliers étaient blancs de poussière, car il avait fait la route de Villenaux à pied (flaub., Éduc, i, 27); — On avait sans doute festoyé la nuit dernière. De la cendre de cigare était restée sur les consoles (id., Ib.. ii, 24).

En subordination. — Le fait-cause peut se trouver dans un participe composé : Sous les Séleucides, les aristocrates ayant presque tous apostasie et passé à l'hellénisme, ces associations d'idées ne firent que se fortifier (ren., Jés., XI) ; — Mon oncle, qui, ayant longtemps résidé au Brésil, y avait contracté les habitudes du faste portugais (v. h., Bug-Jarg., ii) ; — L.es comédiennes, ayant bu deux doigts de vin, pépiaient comme des perruches sur leurs bâtons (gaut.. Frac, i, 48) ; — ■ Elle ne sortait que le dimanche... Hubertine ayant obtenu de ne pas l'envoyer ci l'école (zola, Rêve, ii, 22).

Il peut se trouver dans une conjonctive ou une conjonctionnelle : L'homme, qui avait peiné toute la nuit, fermait les yeu.r ; — comme il avait peiné... il jermait...

Quand ne s'emploie plus guère dans les conjonctionnelles. Il est vieilli : Comment me paiera-t-il, quand il n'a point d'argent? (Cf. h. l., m, 395) (1).

II. — La cause est dans un fait contemporain. — Le lien de causalité peut exister entre deux faits qui coïncident dans le temps : La brèche était ouverte, la place s 'est rendue ; — Ma femme désirait habiter la campagne, j'ai acheté la propriété. Ce que nous avons dit de la coïncidence d'actionspdints et d'actions-lignes explique sufFisamment ces faits.

Il y a lieu même de remarquer que certaines actions embrassant une durée prolongée, un présent peut parfaitement exprimer la cause d'un passé : Aujourd'hui j'ai demandé un congé... Il faut absolument que je voie Perrichon avcml son départ (lab.. Voy. de 3/. Perrichon. i, 1). Dans le présent il faut, est marquée la cause qui a fait faire l'action passée de demander.

Mais les observations doivent aller beaucoup plus loin. On trouve, et souvent, des exemples comme celui-ci : Nous avons vu naître le petit Perdican. et il n'était pas besoin, du moment qu'il arrive, de nous en dire si long (Muss., On ne bad. p. av. l'am., i. 1). Le fait causal est au futur, du moment qu'il arrive ; c'est sur lui qu'on se fonde pour justifier le passé : il n'était pas besoin.

Les faits contemporains peuvent naturellement se placer dans toutes les portions de la durée : N'y allez pas, il sera absent demain (futur) ; — fe n'y suis pas allé, // était absent (passé).

(1) Pour puis que, après que. v. p. 812. Depuis que est vieilli : Depuis qu'un bienfait est ni-dessus de la récompense, lu haine et V ingratitude prennent la place de la reconnaissance et de 'uinitié (P. n'ABL., Trad. de Tacite. .Annales, liv. iv, ch. xviii).

814 LES RELATIOSS LOGIQUES

La cause peut être générale et hors du temps : Dé fie Z-VOUS t/f s ro/s; Leur faveur est glissante (la font., Fab.. liv. x. 9).

En coordination. — L'imparfait causal. — II y a lieu de considérer ici tout spécialement le rôle de l'imparfait. Il sert à marquer la cause de faits passés : Cinq ans plus tard seulement. M. Bovary connut la vérité elle était vieille, il l'accepta (flalb., Bov.. Kl) ; — Xous avons cru qu'u était mort, il ne paraissait j'ius (champfl., Cont.. 24) ; — Les femmes ne S« résignaient pas, elles avaient des enfants (michel.. Rév.. i, 283) ; — il faisait trop beau depuis quelques fours, cela devait finir (loti. Pêch., 75). Leg coordonnées peuvent être reliées par un adverbe ou une conjonction. ^

En subordination. — Sibohoixation directe. — La cause est dans une participiale. L'nt' place imporUinle est à faire ici au <»ér<)n(lif : En la voyant si changée, il perdit courage.

Le participe présent n'est pas moins employé : ./'(// souvenance Qu'en un pré de moines passant, La faim, l'occasion, l'herbe tendre... Quelque diable aussi me poussant, je tondis de ce pré la largeur de ma langue (la font., liv. VII, 1). La construction est parfois très libre : Le Président, qu'il avait admiré pendant trois mois, commençait à déchoir dans son estime, ne lui trouvant pas « l'énergie nécessaire » (flauh., Éduc, u, 2L5).

SrBOHDiNATioN iNDiRECTic. — A) La causc est dans une conjonctive: Le Pédant, que celte fringale juvénile amusait, empilait sur l'assiette du sieur de Sigognac des (tiles de prrdri.i et des Inuuhes de jambon ((lAfT., Frac, I, 47).

B) La cause est dans une conjoiiclionnelle. La locution de contemporanéité du moment que est devenue une locution causale : L'idée de résister plus ou moins longtemps du moment qu'elle ne pouvait résister toujours, ne lui vint pas à l'esprit... (miss.. lùiuneline. vi) ; du moment que Laurent trouvait du calme et du bien-être auprès d'elle, elle en trouvait elle-même à lui en donner (o. sand, Elle et L., ii. 20) ; Du moment que la toilette féminine est devenue le signe extérieur de la richesse... la vtuiiteuse richesse ira fusqu'au bout de son effort (prév., Lett. à Franc, mariée, 5!)). On comprend comment s'est fait le passafie : une chose se juslilie à partir dun autre événement. Puis : Du moment que .son père quitte l'armée, il n'a plus droit à l'allocation;— du moment où fe vous ai vu. je vous ai aimé (karr, Tilleuls, 110) (1).

Avec dès que, le développement es( anal()f»ue. Le sens temporel est encoïB très sensible en certains cas : dès qu'on constate de la fièvre, c'est qu'il y a infection (2). Le passage de l'idée temporelle à l'idée causale est assez sensible dans l'exemple suivant : Dès que l'homme est l'ombrage de Dieu,

(1) La langue moderne n'a plus voulu consid^'rei i,uf coninic pou\;inl exprimer le tomp^ (cf. du temps que les bêles parlaient) et l'a remplacé par oii.

(2) Au XVI l' s., on di^ait dès là que.

ADAPTATIOX DE I.OCUTIOXS .si:..

l'homme ne peut plus vivre que conformément à la volonté de son auteur ; et dès que Dieu a fait de l'homme son ouvrage... il n'a pu le laisser vivre au hasard sur la terre (mass.. Car., Évid. de la loi, L.)- H ne reste plus rien de temporel dans une phrase comme celle-ci : dès que vous prenez la défense d'un pareil criminel, je n'ai plus rien à dire.

Dans divers cas, on peut se demander si on ne doit pas considérer comme purement causale la valeur de: maintencmt que, aujourd'hui que, à présent que : Maintenant que Paris, ses pavés et ses marbres... sont bien loin de mes yeu.t (v. H., Cont., Pauca mese, xv) ; — Mais à présent que ses sentiments devaient se traduire par des déterminations qui, elles-mêmes, devaient tout- >i avoir des conséquences publiques, il s'était fait une volonté (lem., Rois, 58).

Puisque, ayant perdu son sens temporel, se dit des choses contemporaines.. Le voici marquant un présent cause d'un futur : Puisque tu le cannois, jene t'en dirai rien (corn.. PoL, 183).

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