LES LIGATURES
On a lait d'autres loculions conjonctives : dans l'intention que : avec l'idée que (Cf. avec l'espoir que, comptant bien que).
Dans la pensée que a souvent un sens proche de dans l'intention : Je n'ai point gracié Audotia, iâns la pensée qu'e//<' m'en serait reconnaissante (lem.. Rois, 56).
Fins négatives. — Quand le but qu'on se propose est négatif, on introduit une négation dans la finale : j'y veillerai, afin qu'il... n'y ait pas d'erreur.
Pour pas que. — - Aujourd'hui, surtout dans la langue populaire, il y a 'ine tendance à réunir pour à pas. Une locution négative de finalité est en train de se forger : pour pas que : Il m'écrit pour pas que je vienne ; — mon époux s'est vu forcé d'aller porter plainte, pour pas que tout le quartier .'i'paije sa poire (j. lévy, Gaiet. -Correct., 260 ; cf. stapfer, o. c, 152). Cette locution traduit excellemment l'intention négative, elle serait logique et commode.
De peur di' , de peur que. — Ces locutions expriment originairement la crainte. Puis la nuance sentimentale s'efface, et il ne reste qu'un rapport logique : // fcait pourtant paroître ferme au premier choc, de peur que, sur votre faiblesse, il ne prenne le pied de vous mener comme un enfant (mol., Scap., 1,3); — Ne parlez pas si hcnit, de peur d'éôron/e/- le cerveau de Monsieur (ID., Mal. Im., II. 2).
Adaptation à la finalité de locutions marquant d'autres rapports.
— Le but à atteindre est considéré comme devant être atteint, si l'action ou l'état prend un certain caractère. Les locutions marquant la manière interviennent donc dans l'expression des intentions : il... arrangera son rideau de façon à pouvoir guetter (muss., Fréd. et Bern., i) ; — • Elles étaient disposées de façon à reproduire... la période saturnicniw (flaub., P. chois.. 1H4, Sal.).
De manière a ce que. — La conjonctionnelle se construit avec des locutions de manière, suivies de que : de mcmière que. Les personnes qui parlent bien ne disent pas : de manière à ce que. remarquaient les puristes autour de 1830. « Cette vieille expression n'est même plus consignée dans les dictionnaires modernes » (Omnibus du lang., 12). En réalité cette fo me de langage est née tout naturellement, par analogie. On disait : de manière à faire: on a dit: de manière à ce qu'on fasse. Au reste, à ce que était trop d'accord avec les tendances générales pour ne pas réussir à s'imposer ici. \n]ourd'hm, de manière à ce que est dans la bouche de tout le monde. Zola, comme tous ceux qui suivent l'usage populaire, l'écrit souvent. Cf. outrer légèrement l'expression, de manière à ce que le lecteur ne se méprenne point (PAGUET. Th. Contemp., 88-9).
On dit aussi de façon à ce que : Il l'ouvrait brusquement... de façon à ce qu*elle allât battre en dehors (a. daud., Tart. Tar.. v) ; — // faut savoir
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trier 1rs éléments... et les aecommoder ensuite, de façon à ce qu'zVs ne hurlent pas de se trouver ensemble (zola. Romane. 309.
En sorte que. — On dit aussi quelquefois en sorte que : Les ouvriers amioneèrent... une grande manifestation dont le but était de réclamer le suffnig.' universel, en sorte que les éleetions... se fissent... sur cette question (lem., Rois. r)5).
Les locutions composées dont nous venons de parler ont permis aux écrivains plus de liberté, pour ce qui est de l'ordre des mots et des idées. En effet, il est possible, grâce à elles, de commencer la phrase par une proposition finale annoncée par une conjonction composée, tandis que les propositions finales de l'a. f. ne précèdent jamais la principale, quand elles sont amenées par la conjonction simple que. Or, il est souvent nécessaire de donner la raison avant de présenter le fait : Pour qu'ils obtiennent la réconnaissance de leurs droits, je ferai n'importe quelle démarche. Il y a là une considération qui a son prix (1).
(1) Cf., RiTCHiF., Recherclics sur la stjnlaxe de la conjonction que (hins Vd. /., GO.