CHAPITRE IV LA QUAXriTÉ
Questions sur la quantité des êtres, des objets, etc. — Pour sinformer de la quantité, la vieille langue avait un^dj£ctif quanj.. Il a totalement disparu. On se sert aujourd'hui surtout de l'adverbe combien : Combien de prunes voulez-vous? combien étes-vous? On dil aussi : quelle quantité vous en fcmt-il ?
L'unité et l'article un.-— Théoriquein^iitXidAe(l!ynlté se marque par le singulier du nom. Mais nous avons montré comment les formes du pluriel et du singulier ont peu à peu cessé d'être différentes l'une de l'autre. Au fur et à mesure que cette confusion s'accroissait, jjiLAjt s'étendre l'emploL-de mots divers servant, entre autres choses, -à-marquer.l'unitc et.la.pluralité.
Au premier rang est le mot un. C'est uiL,adjectif de nomlrre et un nominal héréditaire qui ^ser~t à compter, et que nous retrouverons. ]\Iais il accompagne le nom dans une foule de phrases où il ne s'agit pas de compter, l'n n'a pas toujours eu ce rôle, comme on peut le voir en comparant la vieille langue à la nôtre. La cantilène d'Eulalie commence ainsi : Buona pulcclla fut Eulalia, Bel avret cors, bellezour anima ; il n'y a point de un auprès des noms ; l'auteur dit : Eulalie fut bonne jeune fille, becui corps avait, plus belle âme. Devant chaque nom en f. m., nous mettrions un, une : une bonne fille, un beau corps. Or cet un ne sert évidemment pas à nombrer, puisque chacun de nous n'a qu'un corps et qu'une âme. ^7n ^st un article. Dès une époque, très ancienne, un commence à se rencontrer ainsi, sfms-qu'il soit iiéçessajre ^u sens, alors que l'idée d'unité est suffisamment exprimée par la forme du singulier donnée au nom : un faldestoel i oi:t (Viin olifant (il y avait un fauteuil d'ivoire, Roi.. 609) ; — Rollanz ferit en une pierre bise (Roland frappa sur une pierre bise, Ib., 2338). A mesure qu'on avance, un devient plus commun : cependant il n'est pas encore régulièrement employé ni au XIV^ s., ni au XV^ s. Même au XVfe s., il ne ]ieut pas être considéré comme ayant conquis sa place définitive. L'usage moderne ne fait encore que s'annoncer.
Un est alors abseni :
a) Là où il pourrait l'être encore aujourd'hui, par exemple dans les phrases négatives, et aussi dans des questions où l'on veut donner aux noms une compréhension la plus grande possible : avez-vous jamais entendu raisonnement pareil ? — je n'ai de ma vie rencontré semblable niais.
b) En outre, soit au complément d'objet, soit après, préposition, un