REPRÉSENTATION SIMPLE DES NOMS ET DES NOMINAUX
il faut le restituer ; il faut le lui restituer ; une restitution à lui-même vaudrait mieux.
Le genre, le nombre, la personne du représentant sont au contraire choisis suivant le genre, le nombre, la personne du représenté, nommé antécédent, n y a accord. Je suis obligée de faire feindre ma robe. EUe est usée.
Les nominaux ceci et cela pouvaient être représentés en a. f . par une forme neutre comme eux, et qui avait le même sens : c'est i7, qui n'est pas du reste un neutre originel, mais le i7 du masculin. // se trouve encore très fréquemment au XVI« s. : i7 ne faut point plorer de tout cecy que je vous compte, car peult estre qu'û n'est pas vray (des pér., Nouv. Récr., n, 10). La Bruyère écrit : goûtez bien eela, il est de Léandre (Car,, Des femmes). Cf. : Tout est à S^-Germain, comme il étoit (sÉv., Lett. dxcviii). Cet i7 est resté dans l'expression moderne, toute faite, il est vrai : Je suis jeune, il est vrai (corn., Cid, 405).
Est-ce le même i7 qui sert dans les propositions impersonnelles : il est Jugiet que nus les ocirum (RoL, 884) ? C'est plus que douteux. En tous cas, de très bonne heure, ce ne fut plus là qu'une formule de langage, où i7 n'avait pas de sens propre, mais servait exclusivement de sujet analogique au verbe : quant li jorz passet et 11 fut anoitiet (AL, 51) (V. liv. vin, sect. ii, ch. 2).
Par analogie, on a quelquefois employé le pluriel ils. Ex. : Il y a quelquefois plus de peine à prendre qu'à donner ; car pour ne rien donner à l'un au préjudice de Vautre, puisqu'ils sont pareils» étant faits avec la vertu (malh., Bienf, Sénèq., 1. vi, ch. xliii, ii, 212). Mais des exemples analogues sont extrêmement rares.
Le représente également un neutre, à l'objet : tout cela, je le reconnais ; — mon cœur me Vavait dit : toute âme est sœur d'une âme (lam., Joc., 16 sept. 1793). Ici le annonce ce qui suit. Le a un concurrent populaire dans le pronom y, surtout dans certaines provinces. A vrai dire, il n'est pas facile de démêler, dans diverses phrases, s'il y a lieu de se servir de y ou bien de le, malgré la distance apparente. D'où les confusions.
Le neutre a été aussi en concurrence avec lui, elle. On le trouve encore cheÊ les classiques pour un pronom de la 3® personne : ce ne V étoit -pas (= ce n'était pas elle). La règle moderne est dans Andry de Bois-Regard (Refl,, 285). L'est-ce ne se dit que des choses, s'il se dit.
Exnploi irrévérencieux des représentants de la III® personne. — Au XVII« s. déjà, on considère comme une incivilité de désigner par il une personne présente (h. l., iv, 379). Aujourd'hui l'emploi de il devient courant. Trop souvent un enfant mal élevé dira en parlant de sa mère : c'est eUe qui ne veut pas I
(Pour la Représentation réfléchie, voir à l'Objet),