‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 104 sur 586 · SINO. ET PLURIEL · texte numérisé non relu

SINO. ET PLURIEL

Sujet

Objet

Objet sec. i

et cas préposK \

C€is préposK

ils, elles ; les, eux, elles :

leur, eux eux, elles ;

en,

qui, que, qui, qui,

dont où.

lesquels, lesquelles ; lesquels, lesquelles ; auxquels,auxqueUe5: ; lesquels, lesquelles ;

Désordre dans les formes de qui. — D'abord que servait en place'de cui :.par l'aide de leur lignage, que ils durent faire honneur (joinv., 675b)' D'autre part qui ou cui faisaient fonction d'objet direct: Les autres roys qui ont estes devant vous, euy Diex absolve (joinv., 856c) ; — son fil qui il volaient à signeur (frois., i, 27). — Puis cui a fini par se confondre avec le sujet ki (écrit qui).

En a. f. le féminin sujet était que. Le qui sujet masculin s'étendit aussi peu à peu au féminin. Que, féminin, se trouve encore au XVI® s. : pour la cause que dicte est (C. Nouv. nouv., i, 78). Il a totalement disparu.

L'ancien neutre que. — En a. f. il y avait un neutre sujet que : dites ce que vos plaira. 11 a survécu pendant le moyen français : ee que ne restera impuny. D'où nos expressions modernes : Advienne que pourra; ce que bon me semble ; vaille que vaille.

Longue oonfusion de qui et de qu'il. — Ce n'est pas seulement entre elles que les formes conjonctives se brouillaient. Comme il se prononçait i, il y avait autrefois identité phonétique entre qui et qu'il, comme dans la prononciation vulgaire de nos jours ; l'orthographe était par suite extrêmement variable : s'il y a vivres dedans et gens qu'ils soyent léaulx à leur dame (J. de Far.^ 9) ; — rendre à chacun ce qu'il lui apartient (maill., Serm., 19). Malherbe avait corrigé cette faute dans Desportes, mais il la commettait (Cf. Comm. s. Desp., Élég., 1. i ; et Lett. i). Vaugelas a posé la règle : ce qu'il vous plaira (Rem., i, 56). Des discussions eurent lieu à propos de quoi qu'il arrive et quoi qui arrive (a. d. b., Suit., 299); la meilleure éducation qui soit possible ou qu'il soit possible (bouh., D.. 170. —

Les classiques négligeaient encore nos distinctions : Vous avez la plus fertile imagination qui soit possible de concevoir (la br., ii, n. 2 ; Let.y xxi).

En langue moderne, quand // appartient à un impersonnel, il arrive souvent qu'on confonde encore. On trouve des qui pour des qu'il et inversement. Léonard Astier... émietta... ce qu'il restait du fromage d'Auvergne dans son assiette (a. daud., Imm., 15); — je ne sais pas y ni vous non plus, ce qu*il va sortir de tout ça (laved., Nouv. Jeu, 1" p., ch. m) ; — je n'écris pas la lettre que je peux... Qu'est-ce qui m'appartient, à moi, de faire pour mon mari ? (herv., Cours, fl., ii, 7).

Confusion de dont et de d'où. — Dont est resté longtemps confondu avec d'où. L'identité phonétique entre eux était complète (1). Au commencement du XVII® s., certains grammairiens ne les reconnaissaient pas encore l'un de l'autre (duval, Esc. fr., 272). Vaugelas {Rem., ii, 31), a posé la règle : on ne dit jamais : le lieu dont je viens, quoique ce fût sa première et vraie signification, mais : la maison dont il est sorti. La phonétique aida à la syntaxe. Dans on, o devint plus ouvert et la résonance nasale fut plus sensible. Dès lors on put facilement distinguer, comme nous le faisons, dont et d'où.

Les disparates du matériel conjonctif. — Les formes de représentation conjonctive que nous venons de voir sont tout à fait disparates. Les unes sont diverses, suivant le cas : qui au sujet, que k l'objet. Nous en reparlerons. Elles ne marquent ni genre, ni nombre. Les autres, invariables, où, dont, expriment un rapport casuel ; elles n'ont ni genre ni nombre.

Que n'exprime à peu près rien que la ligature conjonctive ; il n'a ni genre, ni nombre, ni cas.

Au contraire, le type lequel, variable en genre et en nombre, et dont les formes, comme celles de l'article, marquent une sorte de déclinaison casuelle, est en contradiction complète avec les autres séries.

Les conséquences de ces diversités se soiit fait longtemps sentir. Elles s'aperçoivent encore. Commençons par la plus imporiante.

Que. — Le que invariable formait une ligature extrêmement commode; on le trouve très anciennement. E s'i vont les bêles dames cortoises, que eles ont deus amis ou trois avec leur barons {Auc, 6, 36 = qui ont) ; — Quatre capitaines que leurs soldats les tuaient par derrière (montluc, 32) ; — celui qu'elle donne a mengier (frois., m, 213, 12) ; — un flum... que on n'i puet passer se par un pont de pierres non (villeh., 163 = sur lequel). — Ce que était encore souvent employé au XVII® s.

(1) o nasal parait avoir eu en a. f. la valeur d'un o très fermé, avec résonance nasale. D*où la confusion mont pour moût, conoent pour couoeni, etc.

A) Dans les circonstances de lieu, de temps, etc. : Valenciennes, du côté que le Roi la fit attaquer (rac. Camp, de Louis XIV), Andry signale comme bonne construction l'exemple : Quel fut le Jour heureux qu'on la vit sortir comme la Colombe de l'Arche? {Refl,, 518); — ATheure que je parle, on vous cherche (mol., Scap,, m, 2) ; — le jour que, d'un faux bien sottement amoureux,,, (boil., Ép,, m, 52).

H) De même pour les compléments de manière : de la façon qu*t7 parle (mol.. Mal, im,, i, 4) ; — de la manière enfin que la pure nature Exprime de l'amour la première blessure (Id., Éc. d, /., 944). — Vaugelas (Rem,, ii, 467) estimait que le que ne se mettait pas toujours bien pour avec. Mais il y a peu d'observations sur ce point au XVII» s. On retrouve que aujourd'hui encore dans une foule d'expressions : du moment que ; du côté que ; de ta manière que ; depuis si longtemps que,

lï est populaire de dire : i7 avait un bâton qu'il le tapait , il a venu par le train qu'il avait parti. Cependant on écrit fort bien avec Flaubert : Les Jours qu'// faisait trop chaud ( Un cœur simple, ch. 2).

Que servait aussi, en langue classique, dans beaucoup d'autres constructions : ils parleront de ce qu'on parlait quand ils sont entrés (pasc, Pens,, vi, 15) ; — Vous avez de quoi rendre de bons offices aux gens qu'zf vous plaira (MOL., Am, Magn.y i, 3).

Recul dans la langue écrite, développement dans la langue POPULAIRE. — Ce développement de que a continué en langue populaire. Il sert d'une sorte de copule derrijère laquelle se construit une phrase ordinaire, avec son sujet, son objet, etc. C'est le type du mot-outil dépouillé de toute notion accessoire, de cas, de nombre, de genre, comme le français les aime. On peut dire qu'il est la particule conjonctive par excellence. Néanmoins il est exclu d'une foule d'usages auxquels la langue populaire Ta accommodé : Elle a entré dans un taudis qu'on n'en a jamais vu un pareil; la femme que j*y ai dit ça; il y aies gens que le travail les effraie; c'est une femme qu'i a pas moyen (f'iui parler ; sa flUe qu*elle en était si fière. Tous les écrivains qui reproduisent le parler commun en offrent des exemples : Car, enfin, à quoi cela sert-il, toutes vos gazettes, qu'on n'y comprend rien ? (MURGER, V. de Boh,, ch. i) ; — c'est moi que je suis Théodore (scribe, Le D, garç, 9) ; — Le corps aurait dans ses cadres un sergent qu'zV aurait sauvé un général (j. noriac, Le 101® rég,, 112) ; — c'est moi que je viens vous prendre (a. daud., Num, Roum,, 252).

Que sert aussi de ligature entre des phrases : Ily a tout de même là-dedans des choses que, si on les suivait, le monde serait meilleur qu'il est (vidocq, Mém,, ch. xLv). Là encore, on le condamne, mais nous le retrouverons.

Longue hésitation sur l'enxploi des cas. — Étant donné qu'avec certains conjonctifs, il fallait une préposition pour marquer le cas, il était fatal qu'avec d'autres qui l'exprimaient par eux-mêmes, on le marquât une

seconde fois. Or, il pouvait être aussi dans l'antécédent; d*où des syntaxes diverses : c'est à vous que ; c'est vous à qui ; c'est à vous à qui.

Le pléonasme était très courant à l'époque classique : C'est à VOUS, mon Esprit, à qui je veux parler (boil., SaL, ix, 1) ; — et que c'est à sa table à qui l'on rend visite (mol., Mis., 626) ; — c'est d'elle (de ta protection) dont j'espère avoir la délivrance (racan, Psaum. lxx) ; C'est d'eux d'où le soleil emprunte sa splendeur (Id., Berg., m, 1) ; — ce fut surtout à Rome OÙ ces Pères se signalèrent (rac, P.-R., l'« part.). — On hésite aussi sur : c'est OÙ /e vous attends et c'est là que je vous attends.

OÙ et lequel. — Où, qui a une signification locale, s'étendit au commencement de rage moderne, bien en dehors de son emploi propre (1). Il en était arrivé à être l'équivalent de lequel. On disait vers où. Chapelain y voyait une élégance, qui fut condamnée par l'Académie : // se rendit à un tel lieu, vers où l'armée s'avançoit (cf. vaug., Rem., ii, 50) (2).

donjonctif adjectif. — Il existait en a. i. un conjonctif adjectif, c'était lequel, li quex. Il est très commun en a. et moy. f. : de la quele mort il desplaisoit grandement a son linage (frois., vi, 186, 15) ; — pendant lequel temps sa bonne femme garda très bien son corps (C. Nouv., xix, i, 101).

Il est à remarquer que lequel adjectif équivalait souvent à de qui : li prevos des marchans qui moult l'amoit et par quel pourcas (par Tintervention de qui) délivrés estait (frois., v, 97, 22).

Les exemples de lequel adjectif sont extrêmement rares au XVII» s. dans le « beau style » . Molière le met dans la bouche de ses médecins, comme un pédantisme. I/expression la plus commune alors, c'est : toutes lesquelles choses. Lequel adjectif a laissé une dernière trace, l'expression auquel cas.

Essais de spécialisation des conjonctif s. — A l'époque du m. f., la langue, d'une extrême pauvreté, était arrivée à une assez grande richesse ; mais en syntaxe, comme peut-être aussi quand il s'agit de vocabulaire» la richesse consiste moins à avoir des synonymes parfaits, que des formes ayant chacune leur destination propre et leur utilité spéciale. Or ce n'était pas du tout ici le cas :

1° On pouvait concevoir deux systèmes de conjonctifs, un ordinaire, un autre de rechange pour ainsi dire, comme eût été lequel, dont les formes, distinctes de genre et de nombre, permettaient de renvoyer à un mot plus sûrement, quelque éloigné qu'il fût. Il y a bien quelque chose de cela dans notre système actuel, maisTensemble est imparfait, Ze^uc/ ayant été mutilé.

2=> On pouvait imaginer une fusion des éléments, totale et complète. Ce qui la rendait difficile, c'est que la langue avait deux ordres de conjonctifs, essentiellement distincts : les uns à fonne variable, suivant le genre et le

(1) Sur oà objet secondaire voir à VObjel secondaire^ liv. X, ch. IV.

(2> Cf. pir où : S* il avoil trouvé fe secret Par OÙ tu composes tes charmes (hacan, Odes, i, 217).

REPRÉSENTATION CONJONCTI VE 183

nombre, les autres à forme ftxe. Aussi cela ne s'«f»t-i] pas produit, et n*a-t-il jamais été essayé.

Échec du l^^*" systèmi:. Lequel mutilé. — Au XV 1® s. lequel eût pu offrir les formes qui manquaient. Mais il recula au lieu de progresser. Certains théoriciens, comme Patru, ne le souffrent pas du tout en poésie, où « il n'entre que dans le burlesque ». Les plus libéraux le restreignent ; ainsi Vaugelas (approuvé par l'Académie) admet qu'on dise :

10 Au « GÉNITIF ». — Tay envoyé un courrier exprès, au retour duquel je verray (il faut duquel et non de qui) ; f honore infiniment sa vertu, en considération de laquelle (et non de qui) ;

2® Au «t DATIF » masc. — C'est un heureux succès, auquel je n'ay contribué que de mes vœux (et non à qui, ni à quoi).

30 Au CAS PRÉPOsiTiONNEi... — C*est uu sujct SUF lequel on peut dire beaucoup de choses (jamais sur qui ; quelques-uns disent sur quoy ; il est moins bon que sur lequel). De môme au féminin et au pluriel.

40 A « l'ablatif ». — Jamais duquel, il faut dont, sauf en cas d'équivoque : c'est la cause de cet effet, dont je vous entretiendray,

50 Au « nominatif 3. — n faut s'abstenir de lequel, qui est rude, sauf à répéter qui. Quelquefois, on peut admettre un lequel, mais pour la clarté, (VAUG., Rem,, i, 206-209). Ex. : c'est vn effet de la divine Providence, lequel est conforme à ce qui nous a esté prédit (bouh., D., 189) (1). Tel est aussi l'avis d'Andry de Rcis-Regard (Refl., 526). Il y eut une décision conforme de r Académie. Lequel était désormais incomplet.

60 Au cas-objet. — Au complément d'objet, lequel fut également exclu. Voiture, Descartes, en avaient pourtant fait fréquemment usage. On le trouve même chez d'Ablancourt, un puriste : // vouloit dire à mon avis (qu'ils font du bien) à leurs héritiers, lesquels ils enrichissent par ce moyen (Apopht., I). Mais Vaugelas l'avait considéré comme peu élégant, tout le inonde a fait chorus ; on ne l'accepta plus, comme au sujet, que pour éviter l'équivoque.

La conséquence était qu'au sujet et à l'objet, qui et que devaient servir à la fois pour les personnes et les choses : les personnes qui ont survécu ; les objets qui sont restés entre ses mains.

Essais de spécialisation des conjonctifs aux cas obliques — Dont et duquel. — Vaugelas (Rem., i, 125-6) était peu favorable à l'emploi de à qui en pariant des choses. Ce pronom était réservé pour représenter les personnes ou les choses personnifiées. L'analogie du sujet s'y opposait. Cependant la régie a fini par passer (2). On lit encore dans Corneille : Je

<l; ijtquet était encore très usuel au nomlnatil au XVi« s. : .1 mon ias rueur, \9qil9\ s'en ua mourir (m\r., 11, 17.î) ; — et m^me au temps de Descarlcs : le cwiir, lequel incontinent apré» »e désenfle (Méth., :>" p.. Ordre de» questions de phys.).

(2) I.es exemples, fort nombreux, de la langue moderne où qui rcprésenle des chojies, sont d 'S imitations, des archaïsmes.

triomphe aujourd'hui du pltts juste courroux De qoi le souvenir puisse aller jusqu'à Dous (Cin., 1609).

Par une conséquence naturelle, de qui devait seul représenter les personnes, à l'exclusion de duquel : « Un homme duquel la vertu est hors de soupçon. L'usage préfère dont ou de qui » , dit Régnier Desmarais (Gr,. in- 120, 286). L'usage de duquel a néanmoins persisté.

Un essai fut tenté aussi pour restreindre l'usage de dont, mais il n'a eu aucune suite.

Au XIX« s., on a du moins essayé d'établir des règles pour l'usage des formes de qui et dont, représentants de personnes (1).

Dont et duquel ne servent pas indifféremment à la ligature conjonctive (2). On dit : Vhomme dont (ou duquel) nous avons rencontré la fille ; dont... (ou duquel) la fille a épousé un lieutenant du 3® dragons. Mais on ne peut pas dire : l'homme dont vous avez* assisté à l'enterrement hier, il faut: à l'enterrement duquel vous avez assisté.

Autrement dit , quand le conjonctif dépend, du sujet ou de l'objet, dont est possible. Il ne l'est plus, sitôt qu'il dépend d'un autre terme de la phrase. Ce n'est pas que les exemples fassent défaut, n y en a en a. f. et en français classique : // est des nœuds secrets, il est des sympathies. Dont par le doux rapport les âmes assorties S'attachent l'une à l'autre et se laissent piquer Par ce je ne sais quoi qu'on ne peut expliquer (corn., Rod., 359); — lui, dont à la maison Votre imposture enlève un puissant héritage (mol., Dép. am., 410). On retrouve de nos jours de semblables phrases : contre ce William, dont eUe n'est pas m6me certaine de l'existence, que veux-tu qu'on fasse ? (GONG.,I.a Faustin, 63). Mais ces phrases donnent une impression de maladresse et d'obscurité (3).

(1) Bonilace me paraît être celui qui, malgré des erreurs, est arrivé le mieux à préciser les emplois de chacune des formes dont, duquel, de qui (Manuel des canal, de la I. /r., 348) :

1 » Lorsque, dit-il, par un pronom relatif à une personne ou à une rhose, on veut exprimer entre cette personne ou cette chose un rapport de possession, on se sert de dont, si le pronom précède le substantif qui exprime la chose possédée : le mensonge est an viee dont on ne saurait avoir trop d'horreur. Mais on emploie duquel lorsque le nom de la chose possédée est après une préposition : on en fit des colonies, par le moyen desqnelles on s'assura de la fidélité des provinces.

2* On en ploie doni et non de qui ou duquel pour éditer une équivoque : Henri JV, dont la bonté est assez connue: De qui pourrait signifier par qui (a).

3» On emploie dont comme régime d'un verbe : f approuve la manière dont vous distribuer votre temps ; la personne dont il s'agissait. 11 est en général, ou seul possible, ou meilleur que duquel.

Toutefois, on emploie mieux lequel pour éviter une éciuivoque : La bonié deDieu, di laquelle on ne peut douter, me rassure ; dont serait équivoque.

De mftne : cet homme de qui le pays est assex bien connu, nous aidera dans nos recherches ; dont serait équivoque (?).

4^ De qui est absolument nécessaire dans ces phrases : on ne peut rien exiger de qui n'a rien. (C'est évident, la ressemblance n*est qu'apparente. Il ne s'agit pas ici du conjonctif ordinaire).

5» De qui est mieux que dont dans les phrases suivantes : L'homme de qui fai appris cette nouvelle est véridique. Celui de qui je tiens mon bonheur est celui que Je croyais le moins mon ami.

Boniface hasarde l'opinion que de qui exprime mieux l'origine précise, que dont exprime plus vaguement le point de départ ; il n'a pas tort.

(2) Cf. TOBI.ER, Verm. B., ni, 42.

(3) Cf. : un cercle dont fose vous promettre qu'il vous sera agréable de faire partie (n. const. Ad., IX, 80).

(a) En risBté imU % en ansal ce lem, et la réde n'a im naître oa'à nne époque où 11 rayait peMn.

Qui, quoi» représentant des choses. — Vaugelas (Rem., i, 125) a condamné à qui rapporté aux choses : objets à qui notre esprit se colle et s'attache avec passion (malh., Bienf, Sénèq,^ 1. i, ch. xi). Après maintes contestations, l'Académie finit par admettre la règle, sauf qu'elle réservait les animaux domestiques et les choses morales, acceptant qu'on pût dire : ane vertu sincère à qui... On recommandait à quoi : des artifices à quoi il faut prendre garde (a. d. b., Refl., 522 et Suit., 3).

Au cas prépositionnel, mêmes distinctions : on ne disait plus : Soutiendrez'Vous un faIx sons qui Rome succombe? (corn., Pomp., 170). L'usage changea, en effet.

(HL — U avait longtemps représenté des personnes : e'est un homme où j'ai remarqué beaucoup de vertu. Ce tour fut blâmé dans Malherbe par Chevreau (i, 274). C'était rompre avec l'usage de tout le XVII« siècle. Cf. Mon âme... nevoitque Masearille OÙ yWer sa pc/isée (mol., D(^p. A/n., 930).

En somme, à la fin du XVII« s., l'affectation de qui aux personnes avait à peu près réussi. Mais les représentants de choses restaient multiples, et même duquel, auquel continuaient à garder leur emploi général.

Nouvelle spécialisation. Quoi conjonctif de l'indéterminé. — Anciennement quoi a représenté des personnes : 11 Sarrazins... de qnoy i7 avaient fait lour chievetain (joinv., 176) (1). Puis il a représenté longtemps des choses nommées : tous les Uens de quoy Von pourrait jamais loer homme (C Nouv., XLVii, i, 287). L'époque classique voulut même faire de quoi le représentant particulier des noms de choses aux cas obliques : Ce blasphème, Seigneur, de quoi i^ous m'accusez (corn., Androm., 266) ; — d'un peu de vos faveurs, après quoi je soupire (mol.. Tort., 1449) ; — ces libres vérités sur quoi s'ouvre mon âme (Id., D. Gare,, 441). A la fin du XYII® s., on l'acceptait encore dans ce rôle : l'unique objet à quoi nous devons nous appliquer.

Mais dès ce moment, quoi tendait à devenir ce qu'il est aujourd'hui. Quand l'Académie discuta la remarque de Vaugelas (Rem., i, 124), quelques-uns prétendirent que « le principal emploi du pronom quoy devait être pour quelque chose d'indéterminé, sans rapport à un substantif qui précède, comme en ces exemples : c'est de quoy i7 est coupable plus qu'un autre ; c'est à quoi il s'applique tous les jours » . C'était l'âge moderne qui s'annonçait. Marmontel désapprouvait formellement quoi, lorsqu'il s'agissait de représenter « un nom variable » . Il représente aujourd'hui : ce, rien, etc., c'està-dire des nominaux neutres ou des indéterminés, ou bien se met derrière voilà : ce à quoi j'aspire, c'est... voilà à quoi vous m'avez sacrifié !

Quoi est possible aussi avec les mots chose, point, raison, qui ont quelque chose d'indéterminé, ou bien quand on peut assimiler l'antécédent à quelque chose d'indéterminé : ce sont choses à quoi vous ne prenez pas garde (2).

(1) n ne faut pas tenir compte des exemples où le verbe est porler : cette bonne femme d« qaoy vous me parUex (N. de Tr., 236).

(2) Quoi peut encore à la rigueur représenter neutralement l'idée qui précède : oingi-cinq mille mauvais soldats, «n qaol consistait alors la garde du pays.

186 LA REPRÉSENTATIOS

Coup d'œil général sur les résultats. — En somme la classification n'a pas abouti. La cause de cet échec, qui contraste si fort avec la réduction harmonieuse et l'adaptation parfaite des démonstratifs, c'est d'abord sans doute l'hétérogénéité des conjonctifs à fondre; mais il faut l'attribuer aussi à l'époque tardive où elle fut tentée, où le pur instinct populaire ne .pouvait plus agir librement, contrarié qu'il était par l'action des théoriciens. Au fond, une raison plus profonde encore, c'est que le développement complet des formes conjonctives n'apparatt pas aux langues populaires comme une nécessité. Quand le peuple use de conjonctifs, il s'y embrouille, les multiplie, les confond ; il ne parle pas par périodes et préfère par conséquent les relatifs aux conjonctifs. Pour faire la ligature, quand elle est nécessaire, il a son que, qui lui permet de ne rien déranger à la construction des phrases : Une femme qu'on loi aurait donné le Bon Dieu sans confession représente le type véritable de la syntaxe populaire. (Cf. p. 702.)

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