‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 144 sur 586 · LES FLEXIONS DE NOMBRE ET DE PERSONNE AUX AUTRES TEMPS ET MODES · texte numérisé non relu

LES FLEXIONS DE NOMBRE ET DE PERSONNE AUX AUTRES TEMPS ET MODES

Présent du subjonctif. — A ce temps, les flexions sont les mêmes pour les verbes des deux types, qui ont e ou s au présent de l'indicatif :

!'• personne :

que j* aime,

sorte

SlNOlTLIER

es

— tu aimes.

sor:es

— il aimcj

sorte

V personne :

ions

— nous aimiois.

sortions

Pluriel

iez

— vous aimiez.

sortiez

ent

— ' ils aimeiiy

sortent

Si plusieurs de ces flexions présentent une grande ressemblance avec celles des verbes en e au présent de l'indicatif, c'est que l'analogie s'est exercée d'une forme à l'autre. '

l'® CONJUGAISON. — Aux trois premières personnes, on pense que c'est l'action des verbes qui avaient un e (semble) qui a introduit l'e sourd dans les autres (que j'aime). A la l'« et 2® du pluriel, les désinences régulières einSf ains, et eiz sont devenues d'abord, par analogie avec le présent de l'indicatif : ons, ez. Ces formes, encore usuelles au XV® s., ont été à leur tour en conflit avec les .formes ions, iez, qui finirent par s'imposer au XV I^ (h. l., I, 202 ; II, 341).

Impératif. — Les flexions de l'impératif ont suivi également celles du présent de l'indicatif :

tu vois vois donc,

tu prends- prends- le,

nous chantons chantons ensemble,

nous finissons finissons tout de suite,

vous venez venez avec nous,

vous partez partez à l'instant.

Toutefois la 2« personne du singulier des verbes en e n'a pas pris Vs qui termine la personne correspondante du présent de l'indicatif.

Imparfait de l'indicatif. — A ce temps, tous les verbes ont pris finalement les mêmes flexions :

I l'e personne : ais (ois) SiNouuER ! 2« — ais

( 3« — ait

i !'• personne : ions Pluriel | 2« — iez

( 3« — aient

L'origine de ces désinences est assez obscure. Au début, les flexions ne «ont pas les mêmes dans tous les dialectes : je chantoe est de l'Ouest, je parteie est de l'Est. C'est ce dernier qui devait l'emporter. Depuis le XII® s., on peut dire qu'il existe seul :

je parleie tu parteies il parteii ,

nous partiiens, parlions vous partiiez, partiez ils parte te ni.

Plus tard, la diphtongue ei étant passée à ai, on eut : je partoie, il partait, ils partoicnt. Enfin, après utie nouvelle altération de la prononciation : oi étant passé à ai (1), l'orthographe a fini, au XVIII® s., par se conformer à la prononciation. Quant à la généralisation de s à la première personne, elle^ s'est faite du XVI® au XVII® s., en même temps qu'au présent des verbes en s et pour les mêmes raisons. Je rendoy était encore plus commun que je rendais au XVI® s.; la forme rendoie allait visiblement à la décadence. Seuls les poètes y tenaient pour la commodité du vers.

Passé simple de l'indicatif. — Dans ce temps, les flexions varient avec les verbes : il y a trois types généraux :

aim ai

part /s

reç us

— as

— is

— us

— it

— ut

— âmes

— tmes

— ûmes

— (Ues

— ttes

— ûtes

~ èrent

— ient

— urent

Les flexions du premier type ont été formées de bonne heure. La 2® personne du singulier, qui eût dû être en ast, a perdu le / sous l'influence des autres deuxièmes personnes du singulier. Le / disparut aussi de bonne heure de : // aimât, La 1'® personne du pluriel : aimâmes, prit une s sous l'influence de la seconde : aimasmes d'après aimastes, puis s s'assourdit, d'où : aimâmes, aimâtes, (L'accent circonflexe représente orthographia quement l'allongement de la voyelle). La 3^ personne du pluriel a hésité aux XV® et XVI® s. entre la forme régulière aimèrent, et la forme analogique aimarent, où l'a était vraisemblablement très ouvert (2). Celle-ci fut définitivement condamnée à la fln du XVI® s.

Les désinences en is proviennent de divers types qui se sont fondus :

perdi

mis

perdis

mesis

reis

perdiet

mist

rit

perdîmes

mesimes

leimes

perdistes

mesis tes

veistes

perdierenl

misirent

virent

(1 ) Oi, originairement diphtongue accentuée sur o, est devenu successivement wé et è. (2^ (^f. asperge et asparge (h. l.. ii, 338).

FLEXIONS DE N. ET DE PERS. AUX AUTRES TEMPS ET MODES 257 Le premier qui disparut fut perdi, perdiet.

Imparfait du subjonctif. — Les flexions de ce temps dérivent de telles du passé simple de l'indicatif :

aim-asse

part-isse

reç'iisse

— asses

— isses

— usses

— îl

— ûl

— assions

— issions

— assions

. — assiez

— issiez

— ussiez

— assent — issent — ussenl

Dès le début, c'est vraisemblablement l'action analogique du subjonctif présent qui, à la l'« personne du singulier, a fait triompher la forme chaniasaef finisse^ sur les formes phonétiques chantas, finis (h. l., i, 206). L'histoire de ces flexions les montre constamment influencées par celles du passé simple de l'indicatif. Cependant, jusqu'au XVI® s., malgré aimas, aimasmeSyXe^ formes des V^ et 2® personnes du pluriel en assions, assiez, étaient loin d'être fixées, et les formes concurrentes en issions, issiez semblent avoir joui d'une faveur réelle : laississions, allissions, mangissions, etc. se rencontrent encore chez les auteurs les plus français (h. l., II, 340).

Futur de l'indicatif. — 11 y a trois types de futur en français : les futurs contractes (mourrai), les futurs tirés de l'infinitif (obéirai), les futurs tirés du présent de l'indicatif : jouerai, jetterai. Les flexions sont partout celles du présent de l'auxiliaire avoir : ai, as, a, ons, ez, ont. (Voir ci-dessous).

Conditionnel et Imparfait du futur. — Les formes du conditionnel ont été obtenues de la même façon que celles du futur de l'indicatif , mais en employant les terminaisons du verbe avoir, à l'imparfait de l'indicatif : ais, ais, ait, ions, iez, aient. Il est à noter que si l'imparfait de l'indicatif a hésité entre les finales oe et cie, le conditionnel n'a jamais eu que la finale en eie : chantereie, puis chanteroie, chanterais, chanterais.

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