LES FLEXIONS DE NOMBRE ET DE PERSONNE AUX AUTRES TEMPS ET MODES
Présent du subjonctif. — A ce temps, les flexions sont les mêmes pour les verbes des deux types, qui ont e ou s au présent de l'indicatif :
!'• personne :
que j* aime,
sorte
SlNOlTLIER
es
— tu aimes.
sor:es
— il aimcj
sorte
V personne :
ions
— nous aimiois.
sortions
Pluriel
iez
— vous aimiez.
sortiez
ent
— ' ils aimeiiy
sortent
Si plusieurs de ces flexions présentent une grande ressemblance avec celles des verbes en e au présent de l'indicatif, c'est que l'analogie s'est exercée d'une forme à l'autre. '
l'® CONJUGAISON. — Aux trois premières personnes, on pense que c'est l'action des verbes qui avaient un e (semble) qui a introduit l'e sourd dans les autres (que j'aime). A la l'« et 2® du pluriel, les désinences régulières einSf ains, et eiz sont devenues d'abord, par analogie avec le présent de l'indicatif : ons, ez. Ces formes, encore usuelles au XV® s., ont été à leur tour en conflit avec les .formes ions, iez, qui finirent par s'imposer au XV I^ (h. l., I, 202 ; II, 341).
Impératif. — Les flexions de l'impératif ont suivi également celles du présent de l'indicatif :
tu vois vois donc,
tu prends- prends- le,
nous chantons chantons ensemble,
nous finissons finissons tout de suite,
vous venez venez avec nous,
vous partez partez à l'instant.
Toutefois la 2« personne du singulier des verbes en e n'a pas pris Vs qui termine la personne correspondante du présent de l'indicatif.
Imparfait de l'indicatif. — A ce temps, tous les verbes ont pris finalement les mêmes flexions :
I l'e personne : ais (ois) SiNouuER ! 2« — ais
( 3« — ait
i !'• personne : ions Pluriel | 2« — iez
( 3« — aient
L'origine de ces désinences est assez obscure. Au début, les flexions ne «ont pas les mêmes dans tous les dialectes : je chantoe est de l'Ouest, je parteie est de l'Est. C'est ce dernier qui devait l'emporter. Depuis le XII® s., on peut dire qu'il existe seul :
je parleie tu parteies il parteii ,
nous partiiens, parlions vous partiiez, partiez ils parte te ni.
Plus tard, la diphtongue ei étant passée à ai, on eut : je partoie, il partait, ils partoicnt. Enfin, après utie nouvelle altération de la prononciation : oi étant passé à ai (1), l'orthographe a fini, au XVIII® s., par se conformer à la prononciation. Quant à la généralisation de s à la première personne, elle^ s'est faite du XVI® au XVII® s., en même temps qu'au présent des verbes en s et pour les mêmes raisons. Je rendoy était encore plus commun que je rendais au XVI® s.; la forme rendoie allait visiblement à la décadence. Seuls les poètes y tenaient pour la commodité du vers.
Passé simple de l'indicatif. — Dans ce temps, les flexions varient avec les verbes : il y a trois types généraux :
aim ai
part /s
reç us
— as
— is
— us
— it
— ut
— âmes
— tmes
— ûmes
— (Ues
— ttes
— ûtes
~ èrent
— ient
— urent
Les flexions du premier type ont été formées de bonne heure. La 2® personne du singulier, qui eût dû être en ast, a perdu le / sous l'influence des autres deuxièmes personnes du singulier. Le / disparut aussi de bonne heure de : // aimât, La 1'® personne du pluriel : aimâmes, prit une s sous l'influence de la seconde : aimasmes d'après aimastes, puis s s'assourdit, d'où : aimâmes, aimâtes, (L'accent circonflexe représente orthographia quement l'allongement de la voyelle). La 3^ personne du pluriel a hésité aux XV® et XVI® s. entre la forme régulière aimèrent, et la forme analogique aimarent, où l'a était vraisemblablement très ouvert (2). Celle-ci fut définitivement condamnée à la fln du XVI® s.
Les désinences en is proviennent de divers types qui se sont fondus :
perdi
mis
perdis
mesis
reis
perdiet
mist
rit
perdîmes
mesimes
leimes
perdistes
mesis tes
veistes
perdierenl
misirent
virent
(1 ) Oi, originairement diphtongue accentuée sur o, est devenu successivement wé et è. (2^ (^f. asperge et asparge (h. l.. ii, 338).
FLEXIONS DE N. ET DE PERS. AUX AUTRES TEMPS ET MODES 257 Le premier qui disparut fut perdi, perdiet.
Imparfait du subjonctif. — Les flexions de ce temps dérivent de telles du passé simple de l'indicatif :
aim-asse
part-isse
reç'iisse
— asses
— isses
— usses
— îl
— ûl
— assions
— issions
— assions
. — assiez
— issiez
— ussiez
— assent — issent — ussenl
Dès le début, c'est vraisemblablement l'action analogique du subjonctif présent qui, à la l'« personne du singulier, a fait triompher la forme chaniasaef finisse^ sur les formes phonétiques chantas, finis (h. l., i, 206). L'histoire de ces flexions les montre constamment influencées par celles du passé simple de l'indicatif. Cependant, jusqu'au XVI® s., malgré aimas, aimasmeSyXe^ formes des V^ et 2® personnes du pluriel en assions, assiez, étaient loin d'être fixées, et les formes concurrentes en issions, issiez semblent avoir joui d'une faveur réelle : laississions, allissions, mangissions, etc. se rencontrent encore chez les auteurs les plus français (h. l., II, 340).
Futur de l'indicatif. — 11 y a trois types de futur en français : les futurs contractes (mourrai), les futurs tirés de l'infinitif (obéirai), les futurs tirés du présent de l'indicatif : jouerai, jetterai. Les flexions sont partout celles du présent de l'auxiliaire avoir : ai, as, a, ons, ez, ont. (Voir ci-dessous).
Conditionnel et Imparfait du futur. — Les formes du conditionnel ont été obtenues de la même façon que celles du futur de l'indicatif , mais en employant les terminaisons du verbe avoir, à l'imparfait de l'indicatif : ais, ais, ait, ions, iez, aient. Il est à noter que si l'imparfait de l'indicatif a hésité entre les finales oe et cie, le conditionnel n'a jamais eu que la finale en eie : chantereie, puis chanteroie, chanterais, chanterais.