‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 145 sur 586 · LES FLEXIONS DES AUXILIAIRES · texte numérisé non relu

LES FLEXIONS DES AUXILIAIRES

Présent de l'indicatif.

Etre Avoir

sui{s) ai

es as

esi a

sons, sommes avons

estes, êtes avez

sont ont

Imparfait de l'indicatif.

cstoie, étaii avoie, avais

estâtes, étuis uvoies, avais

estoit, était avoit, avait

estiens, étions aoions

estiez, étiez aviez

estaient, étaient avaient, avaient

La forme esioie a remplacé une forme héréditaire : ière, ières, ièret, qui n'a vécu que très peu de temps.

Passé simple de l'indicatif.

fui (assimilé en fus)

fus

/", fut

fusmes, fûmes

fastes, fûtes

furent

01 eus, par analogie avec 2"'« pers.

oQs, eus, eus ot out, eut

oûmes, eûsmes, eûmes oûstes, eûstes, eûtes oureni, orent, eurent

Futur de T indicatif et conditioiuiel.

serai, serois serais...

oral, aurai, avrois aurais,,.

Les formes du verbe être à ces temps, formes irrégulières, sont issues d'un radical ser, obscur. Les formes remontant au radical estre (ou ester) : estrai, n'ont pas survécu.

Présent du subjonctif.

seie,

soie, sois

aie

seies,

soies, SOIS

etc

seiet.

soiety soit

seiens

soiens, soyons etc. . .

Imparfait du subjonctif.

fusse etc. . . ousse, eusse, etc. . .

Vue d'ensemble sur les flexions. — Cet exposé, si sommaire qu'il soit, montre le résultat du travail d'assimilation. A certains temps, il est achevé. Toutes les différences primitives — et elles étaient nombreuses — qui séparaient les conjugaisons, se sont effacées, l'uniformité est complète. Ailleurs, elle n'est que partielle ; mais telle qu'elle est, elle suffît à ruiner d'artificielles distinctions fondées sur l'infinitif.

Il n'est pas douteux qu'il survit quelque chose des flexions, et que ce peu de chose, que la conjugaison des auxiliaires, si usités dans les temps composés, a, sans doute, contribué à faire durer, doit être enseigné. Ce n'est pas seulement de l'orthographe (1).

( 1 ) Mais pourquoi se croit-on obligé d'étudier tous les lemps à la fois ? Il n*y a aucun avantage ù fatiguer T enfance d'une kyrielle de formes dont la suite n*éveUle dfuis les esprits que confusion. Ne vaut-il pas mieux étudier chaque temps et chaque mode en son lieu ? Ce cfue nous avons voulu ici, c'est seulement rappeler qu'il y a des flexions réelles qui marquent les personnes, et des flexions orthographiques, suscepUbles de reparaître, au moin^ partiellement. Les conclusions s'imposent. Il faut commencer cette étude par les verbes et par les temps d'où cette double démonstration va jaillir; par exemple : a vofr (au présent) les autres verbes au futur. Aucun ordre n'est de rigueur. Pojrquoi le présent d'abord ? On continuera par aime^ finis, au présent et à l'imparfait (mélange de flexions réelles et de flexions orthographiques). C? qui facilitera l'étude de ces temps-là, ce sera de prendre des exemples dans les vers, où les flexions compt( nt et Jouent un rôle, tels que : Ayez soin que tous deux fassent en gens de cœur (CORN., Cid, 1455) ; — Untssez-vous ensemble et faites une armée (Idi, Ib,, 1561) ; — Tu me eontois alors V histoire de mon père (rac, Phèd., 74) ; — Je remis en vos mains tout le soin de son sort (Id., Alh,y 190); — D'une tige coupable 11 craint un rejeton (Id., Ib:, 107).

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