‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 147 sur 586 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

ACCORD DU VERBE AVEC LE SUJET

Réalité de l'accord. — L'usage général. — « Le sujet donne ta loi au verbe » , disait Vaugelas. La formule est assez heureuse ; elle correspond bien à la réalité. Le verbe, élément variable, en rapport étroit avec le sujet, se met au même nombre, dans certaines formes où il a un genre, au même genre, et, dans les formes où il a des personnes, à la même personne que son sujet. Il y a accord, et accord : écessaire : Des chevaux boit, ou : vous boivent n'est pas du français. D'instinct toute personne qui sait la langue dit : boivent, buvez (1). Cependant, si simple que semble pareille régie, elle présente, et en grand nombre, des difficultés d'application.

Il faut distinguer en effet, aux temps composés, entre les verbes construits avec être et les verbes construits avec avoir. Les premiers accordent normalement leur participe avec le sujet : Elles sont arrivées par la pluie.

Les seconds gardent leur participe invariable, s'ils sont subjectifs : Elles avaient cependant bien couru pour éviter l'averse.

Ils l'accordent ou ne l'accordent pas avec l'objet, suivant des cas que nous verrons, s'ils sont objectifs: L'averse qu^elles ont reçue ne les a heureusement pas transpercées ; elles avaient gardé des manteaux.

Il y a plus. Les verbes construits avec être ont été aussi, — à tort — alors qu'ils étaient pronominaux ou réfléchis, assimilés aux verbes construits avec avoir. Quand ils ne sont pas réfléchis, ils s'accordent avec leur sujet. Nous redresserons en temps et lieu la fausse règle que l'on donne à ce propos.

Page 1