CHAPITRE VIII L'OBJET EST DANS UN NOMINAL OU UN REPRÉSENTANT
L'objet peut être un nominal ou un représentant, aussi bien qu'un nom : Je ne sais rien ; — Je vous voyais; votre œil, irrité sans furie, Les foudroyait d'éclairs (v. h., Ruy-Blas^ m, 3).
Le représentant peut être un relatif, un conjonctif, un démonstratif, un possessif, un distributif quelconque : vous m'aviez suggéré deux idées, j'ai pris malheureusement la mauvaise.
Les compléments d'objet nominaux ou représentants peuvent être compléments directs ou compléments indirects. Directs : ton voisin te regarde ; donne-moi le livre que tu as acheté. — Indirects : tu penses donc à moi ? — r homme à qui fe songe.
Remarques sur les formes. — Nous avons vu que certains nominaux ou représentants n'avaient point de déclinaison a), que d'autres en avaient une à trois formes indistinctes b), que d'autres en avaient une à trois formes bien distinctes c).
a) il vous connaît, il vous à répondu,
b) il me connaît, il m'a répondu,
c) il le connaît, il lui a répondu.
Au cas où le verbe a une construction indirecte, la forme du pronom à valeur d'objet indirect est naturellement celle qui doit être employée. Lui, leur sont les équivalents de à lui, à eux, à elles : \leur bagout intarissable leur nuit beaucoup.
Crases. — En a. f., dès que la phonétique syntaxique eut commencé à réunir les mots en groupes, les formes en e sourd, furent réduites par des crases : je le vei > jel vei ; ne le veit > nel veit.
Certaines de ces crases ont toujours lieu aujourd'hui : vous Vvoyez, je l'sais bien, ou — plus rarement — /'/e sais bien. L'orthographe et la vefrsification contribuent à faire considérer comme négligées ces formes, produits normaux des lois phonétiques (1).
Formes lourdes et formes légères. — Ce qui a achevé de compliquer l'usage des objets, c'est qu'il existe des formes légères et des formes lourdes, pour un même cas ; par exemple, 'dans les personnels : me, moi (2). En
(1) Un défaut assez marqué, à Paris notamment, consiste à prononcer longue ou double la
• onsonne du pronom le, /a, les : fe rr achète, je r remporte. ïl date do plusieurs siècles.
(2) Me provenait d*unc forme atone, met, d*une tonique : mais jamais la forme tonique n'a ^ té exclue d'emplois où on eût attendu l'atone: se est ki met en creit (Roi, 576); — Vaslet corurent pîvs de nint Por lai desarmer a esploit (chestif.n, Er., 1298-99) ; — Et els aooit aais a André.nople (Villeh., 282). Aussi vaut-il mieux se servir du terme • forme légère » pour me, te, et
• forme lourde >-, pour moi, toi.