L'OBJET EST DANS UN NOMINAL OU UN REPRÉSENTANT
outre, une forme de cas-objet indirect s'emploie comme forme lourde du cas direct : Tu rattaques, lui ! je ne connais que lui.
La répartition des emplois entre les diverses formes a été très lente.
Quand la forme du verbe dont dépendait l'objet était un infinitif, un gérondif, un participe, il resta d'usage, jusqu'en m. f., d'employer la forme lourde : pour moi vengier. Chez Commynes, on sent déjà un changement. Néanmoins ce n'est qu'au XVP siècle que la syntaxe moderne se précise et s'affirme définitivement. Désormais les formes atones du pronom tendent à s'employer exclusivement devant le verbe, quand le pronom est immédiatement joint. Les formes lourdes sont réservées pour les autres emplois.
Cette évolution eut lieu avec tous les verbes objectifs, qu'ils fussent transitifs, réfléchis ou même simplement pronominaux : // sera temps de me marier quand fauray attaini Vaage de discrétion (tourn., Cont,, ii, 1) ; — Je me haste de me produire et de me présenter (mont., 1. ii, ch. 8) ; — Je fus contraint,,, me faisant journellement battre, me desrober de luy et m* en fuijr (Id., Jb., ch. 12).
En français moderne, il n'y a plus d'exception. Quand le personnel est préposé au verbe, c'est toujours la forme légère qui entre en usage ; derrière le verbe, c'est toujours la forme lourde.
me, tu me vois, moi, observe-moi»
te, il te voit, retire-toU
!le - lui :
la - elle :
\ les - eux :
lui - elle :
Pour la pe personne :
Pour la 2^ personne : t
( toi.
Pour la 3^ personne A l'objet premier :
Pour la 3« personne, A l'objet secondaire :
Les personnels objets me,
verbe, soit avant, soit après
je le vois, lui.
je la vois, elle. je les vois, euXy elles.
// lui obéit, à lui, & eUe.
leur, eux, elles il leur obéit, à eux, à elles. te, le, la, sont nécessairement conjoints au : viens m* aider, aide-le aussi. Au contraire : tu nous aides, mais aussi : tu ne vois que nous.
De la répartition des fonctions entre personnels lourds et légers résulte parfois un certain embarras syntaxique. Il faut dire : Je veux mettre toi et moi à Vabri de ta générosité (a. karr. Tilleuls, 67), ou bien répéter le verbe : Je veux me mettre et te mettre à Vabri,
En joue des rôles variés. Il a, nous l'avons vu, le sens du partitif : En prendrez-vous encore un peu ? Non, merci, je n'en veux plus. Mais il remplace aussi le nom-objet : Vous avez demandé des renforts, /'en amène ; — J*admire vos choux, nous n'en avons pas de pareils, (Cf. les expressions très nombreuses où entre cet en : en vouloir, s'en croire, s'en faire).
Ailleurs, en est représentant d'un objet indirect . Mon père avait une grande force de caractère, j'espère en avoir hérité.