CHAPITRE XIV
L'AUTEUR DE L'ACTION -OBJ ET EST LE MÊME QUE CELUI DE L'ACTION PRINCIPALE
En ce, cas, on peut se servir à Tobjet :
A) d'un nom : // a demandé la vie. Le nom est général, il a une compréhension plus vaste, il en est fait une application particulière au sujet.
B) d'un infinitif sans sujet : // demande à vivre, je désire le convaincre, lui rendre service.
Tous les verbes ne peuvent se faire suivre d'un infinitif ainsi lié au sujet principal. 11 faut que le verbe principal signifie pouvoir, savoir, penser, vouloir, croire, dire, nier, aimer, désirer, devoir : Je crois être juste : — je peux me tromper; — je sais agir; — je désire y assister ; — /'ai oublié de lui écrire; — je déclare y renoncer ; — Ils doivent pratiquer la pauvreté absolue (ren.,
Jés., XIX).
Par analogie, certains verbes prennent parfois cette construction : Enfin, tu n'admets pas te tromper... avoir remis toi-même cette maudite jeu i lie à sa place (don., La Patr., iv, 1). Il y a là parfois imitation du grec (non du latin).
On emploie naturellement l'infinitif composé, comme le simple ; en ce cas, on accorde, s'il y a lieu, le participe : tu me surprends en parlant de ces jormalités, je croyais les avoir faites.
Construction des infinitifs. — La construction des infinitifs est tantôt directe, tantôt indirecte. Au cours des siècles, cette construction a souvent changé. Tel verbe qui, en a. f., était suivi immédiatement d'un infinitif, prend aujourd'hui une préposition, ou inversement.
Un verbe comme aimer offre un exemple frappant de la facilité avec laquelle s'échangent les constructions. J'aime jaire du jardinage est absolument l'équivalent de : J'aime â jaire du jardinage. On entend même dire: // aime de parler.
Il arrive aussi que tel verbe était suivi de à, qui aujourd'hui prend de, ou bien c'est le contraire. Voici quelques exemples historiques, qui sufilront à le prouver : // n'y a ici personne qui veuille avouer d'y avoir de l'intérêt (MALH., Le/., IV, 113) ; — // cherche d'être allégé (Id., i, 41) ; — Je consens de périr à force de V aimer (corn., ii, 526) ; — Ou qu'on tâche à semer de méchants bruits de vous (mol.. Mis., 171).
Faillir, manquer, se sont longtemps construits avec à devant l'infinitif
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PORTÉE DE V ACTION
comme ailleurs : faillir Claire, comme faillir à ses engagements : un obstacle dont je ne me défiais point, et qui faillit à rompre entièrement mon dessein (pRÉv., Man. Lesc., 31). Puis la construction directe a prévalu ; d'après les autres auxiliaires, quand le verbe est auxiliaire, on dit : il a failli casser une vitre (h. i.., m, 550).
Aujourd'hui encore, un verbe comme commencer hésite entre à et de : Je commence à avoir envie d* écrire (flaub., Lct, à G, Sand, cxvi).
On ne peut cependant pas dire que le choix entre les différentes constructions soit toujours indifférent. D'une façon générale, il semble que la préposition à accompagne les verbes qui expriment une tendance de l'activité, soit physique, soit mentale, vers un objet : consentir à parler, chercher à plaire, contribuer à vaincre. Le XYII^ s. paraît avoir eu un vague sentiment de cette valeur de à, mais à un moindre degré cependant qu'à l'époque actuelle, où les théoriciens se sont efforcés de l'établir.
Substitution à l'infinitif d'iuie proposition-objet. — Après certains verbes comme affirmer, avouer, croire, espérer, s'imaginer, nier, penser, prétendre, etc., on peut remplacer l'infinitif par une complétive : j'affirmerai V avoir vu > j'affirmerai que je l'ai vu ; — // pensait me rencontrer vendredi > il pensait qu'il me rencontrerait vendredi.