CHAPITRE VII CONCLUSION, EXTENSION DE LOBJET-ACTION AUX PASSIFS
Objet des passifs. — Le fait dont nous avons parlé plus haut, que des adjectifs ont une proposition-objet comme complément, est important. Adjectif ou participe passé ont en commun cette construction. Ainsi sûr et assuré : Sûr que vous viendrez, assuré que vous viendrez; — je n'ai qu'à m'en retourner (Toù je viens, assurée que vous suivrez mes pas le plus tôt qu'il »ous sera possible (mol., D, Juan, i, 3).
Or le participe passé est d'origine passive. Il en résulte que des phrases» d'apparence passive ont un objet : Soyez eonvaincu que Je prends bien part à votre peine ; — Jésus était convaineu que les prophètes n'avaient écrit qu*en vue de lui (rek., Jés., xvi) ; — Ils sont persuadés qu'un sentiment vaut mieux qu'une définition (volt., Enf. prod., Préf.) ; — J'étais impatienté qu'un œil ami observât mes démarches (b. const.. Ad., X, 96).
Cela est particulièrement fréquent avec le tour impersonnel, et là des passifs véritables ont un objet : il est prouvé qu'il est venu ; — il lui a été accordé qu'il pourrait la voir jeudi; — Il était reçu que le Messie en ferait beaucoup (de miracles) (ren., Jés,, xvi). En présence d'une phrase comme : on vote, il est décidé par la majorité que le bureau sera maintenu» il n'y a point d'hésitation possible, i7 est décidé, équivalent de on décide, a le même objet, savoir la proportion-complément. Or il est décidé est bien une phrase passive. Cf. Il m 'était démontré quel'onse racontait mon histoire (B. CONST., Ad., IX, 82) ; — - 11 me fut révélé que Je devais comme Jui, m'adresser à une jcmme (ab. herm., Conj. d'un enf., lett. i). Au reste on retrouve des objets de passifs sous une autre forme : il ne nous est pas donné de prévoir notre destinée. Cf. fl a été expliqué pourquoi nous devons nous tenir sur nos gardes.