‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 295 sur 586 · CHAPITRE III LES DIRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE III LES DIRES

MocUilitô des subordonnées dépendant d'une expression renfermant l'idée de dire. — Quand la chose énoncée, réelle ou éventuelle, est rapportée comme l'objet d'un dire, soit du sujet parlant, soit d'une personne quelconque, sauf dans les cas de réserve expresse dont il sera question plus loin, la chose énoncée garde sa modalité propre, quelle qu'elle soit : Je dis, je prétends, soutiens, jure.,, on m'a représenté, affirmé,., il a été rapporté, avoué, raconté, exposé, répété,,, on a convenu, que nos dépenses actuelles sont supérieures à nos ressources, seraient supérieures à nos ressources, seraient peut-être devenues alors supérieures à nos ressources. Le fait qu'on la dit, rapporte, etc., n'j' change rien ; On me dit qu'il est, qu'il est peut-être, qu'il serrât disposé, qu'il aurait été disposé à cuccepter cette convention ; — les journaux racontent qu'il y a eu, qu'il y aurait eu une grande bataille au Maroc. On retrouve là les modalités qu'on trouverait dans une principale : il y a eu, il y aurait eu une grande bataille au Maroc.

Vouloir, dans le sens de soutenir, prétendre, a eu la même syntaxe. On le trouve suivi de l'indicatif, en langue classique : Mais le don qu'on veut qu'hier j'en vins faire en personne Est ce qui fait ici mon cruel embarras (mol., Amph., 1468). Cependant aujourd'hui nous employons le subjonctif ; l'analogie de la construction ordinaire où vouloir a d'autres sens l'a emporté. On dirait: que j'en sois venu.

Ce qui est à considérer ici, ce sont les modifications qu'apporte au propos la véracité de celui à qui il appartient. Les dires de certains constituent des certitudes, d'autres ne méritent aucune créance, provenant de personnes ou inconsidérées ou peu sincères. Les on dit sont des rumeurs souvent sans consistance. La syntaxe ici laisse tout à faire à l'esprit. L'erreur ou le mensonge ne se décèlent pas par leur forme grammaticale.

Il faut noter pourtant ces sortes d'avertissements qui donnent aux propos leur caractère, tels que : sérieusement parlant. Mais, sérieusement parlant, je vois que vous écoutez trop votre premier mouvement {b\i.z., Let. à l'Étr,, I, 369). Cf. A VOUS dire la vérité, // y a peu de choses qui me soient impossibles, quand je veux m'en mêler (mol., Scap,, i, 2) ; — A parler frane, nous croyions tout cela un peu sur parole (muss., Dup. et Cot., lett. i).

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